Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 37
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PLANCHE 25.

Torse d'Apollon.

Provient de Rome. Marbre bleuâtre, pailleté de mica à grains assez gros,
gauche paraît indiquer le point d'attache de l'attribut que tenait le dieu.

L'éraflure du côté

..>--,,-. .;■,

Ce torse, comme le dit avec raison le Catalogue de M. Jacobsen,
est une réplique de ce type archaïque d'Apollon, reproduit notamment
par la statue de bronze de Naples, trouvée à Pompéi (1), par l'Apollon
dit de Mantoue {2), et par l'Apollon Mazarin du Louvre (3). M. Wolters
a dans ces temps (4) ramené l'attention sur ces figures, en essayant de
les rapporter à un original qui aurait représenté Apollon participant
aux Gymnopédies de Sparte. On peut résumer comme suit l'argu-
mentation de ce savant:

L'opinion émise par M. Furtwângler à propos de l'exemplaire de
Mantoue, et suivant laquelle, dans le prototype, le dieu aurait eu pour
attributs l'arc et le carquois, est dénuée de vraisemblance. L'attribut que
nous montrent les copies de Naples, de Paris et de Copenhague, c'est

a dire la lyre, appartenait réellement au monument original. On ne

connaît, il est vrai, aucune statue archaïque représentant Apollon jouant

de la lyre et nu; à l'époque archaïque, l'Apollon citharêde est toujours

vêtu. Mais n'existe-t-il pas, continue M. Wolters, un cas où une dérogation

à cette règle est fort admissible? Reconnaissant la tête de nos statues

sur des monnaies de bronze de Sparte antérieures à Auguste, il en

déduit que c'est à Sparte que se trouvait la figure originale, celle qui

a servi de modèle. Or, à Sparte on célébrait, en l'honneur d'Apollon,

la fête des Gymnopédies : des jeunes gens nus, la tête ornée de grandes

couronnes en feuilles de palmier, y formaient des chœurs de danse,

au son des flûtes et des lyres. M. Wolters en arrive ainsi à supposer

que la statue représente Apollon présidant aux jeux en question.

Cette thèse, au premier abord séduisante, prête cependant le

flanc à la critique. La ressemblance du type monétaire Spartiate avec

celui de nos statues me paraît bien lointaine; et il n'est vraiment pas

permis, à mon sens, de parler ici de «répliques». Si l'on compare la reproduction d'une des

monnaies (5) avec celle de la tête de la statue de Mantoue (6), on ne découvrira que peu de

Fig. 16

. note 61 ;

(i) Brunn-Bruckmann, pi. 302. Cf. fig. 16.

(2) Brunn-Bruckmann, pi. 303; Friederichs-Wolters, n° 2 2 2.

(3) Phot. Giraudon, 1296; Monum. Grecs, 1891-92, pi. 13. Cf. Furtwângler, dans le Jo Winckelmannsprogramm, p. 139,
et Intermezzi, p. 7? note 3<

(4) Jahrbuch d. archaeol. Instituts, 1896, p. I et suiv.

(5) Wolters, loc. cit., p. 7. Grâce à l'amicale bienveillance de MM. Dressel, Imhoof-Blumer, Pick, Riggauer, Robert, j'ai pu
examiner (en original ou en reproduction) un grand nombre de monnaies du type en question. Sur l'exemplaire de Munich, la disposit.on de
la chevelure est particulièrement facile à reconnaître; elle diffère notablement de celle que nous offre le type statuaire.

(6) Brunn-Bruckmann, pi. 303.

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