Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 46
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PLANCHES 29 et 30.

Tête féminine.

Acquise à Rome. Le marbre m'a semblé italique. Hauteur: 0,45. Le nez, les lèvres, le menton
sont restaurés. A l'oreille droite, un trou qui devait recevoir un anneau. La partie inférieure de l'oreille gauche
est éraflée.

Cette tête était destinée, comme le montre la section triangulaire de la poitrine, à s'encastrer
dans le buste d'une statue drapée. Cette particularité lui est commune avec la tête de Bologne (i),
où M. Furtwàngler croit reconnaître l'Athéné Lemnienne de Phidias; notre tête rappelle encore
cette dernière sculpture par son inclinaison marquée sur le côté (2), qui lui donne un caractère si
saisissant de vie et d'individualité. Mais ce sont là les seules analogies que présentent les deux
monuments. En effet, l'analyse de la tête Jacobsen nous conduit à la rapprocher d'une œuvre
fort différente de la tête bolonaise : à savoir la célèbre Héra Farnèse du Musée de Naples (3).
Comme on en peut juger par les reproductions, la ressemblance est ici presque complète. A vrai
dire, la facture sévère et presque rude qui distingue les yeux et la bouche de l'Héra, s'est
adoucie dans le monument de Copenhague, mais peut-être seulement par la faute du copiste. Le
crâne aussi, moins élevé, présente des formes plus arrondies, et les boucles latérales des cheveux
montrent un travail un peu plus recherché. Mais, ces légères différences mises à part, les
deux têtes portent la marque de la même école, et même — on peut l'affirmer, je crois, sans
témérité — du même maître.

Le style et l'appellation même à donner à la tête, connue sous le nom d'Héra Farnèse,
ont fait l'objet de nombreuses controverses (4), et l'accord ne s'est pas fait sur ce point parmi
les archéologues. Pour le nom, ils hésitent entre Artémis et Héra; d'autre part, les uns (5)
reconnaissent dans ce monument le style de l'école de Polyclète ou du moins d'une école pélo-
ponnésienne, tandis que les autres en veulent faire une œuvre attique. Ces questions, à mon
avis, ne peuvent être encore résolues avec certitude.

M. Furtwàngler soutient la dénomination d'Artémis en s'autorisant d'un rapprochement
avec la métope d'Actéon, de Sélinonte (6) : la tête de l'Artémis rappellerait la tête Farnèse, dont
la coiffure, au surplus, avec le chignon tombant sur la nuque, serait celle qui caractérise les
vierges. Non seulement cette dernière affirmation me paraît aventurée — car, pour ne citer qu'un
exemple, l'arrangement des cheveux de la Niobé semble bien nous offrir l'équivalent exact, dans

(i) Furtwàngler, Meisterwerke, Atlas, pi. I—III.

(2) La photographie n'a pas été bien prise et elle n'accentue pas suffisamment le caractère que je signale ici.

(3) Brunn-Bruckmann, Denkmâlcr, pi. 414; Brunn, Griechische Gotterideale, pi. I et p. 7; Friederichs-Wolters n° 500.

(4) Cf. Furtwàngler, Meisterwerke, p. 76 et suiv.

(5) Brunn, Gôtterideale, p. 10.

(6) Brunn-Bruckmann, pi. 20,0b-

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