Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 56
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Altemps (i) et son pendant à la villa Doria Panfili (2), ainsi que le Citharède nouvellement découvert
du Braccio nuovo (n° 41). Parmi les reliefs, il faut citer avant tout le beau monument grec, trouvé
sur l'Esquilin (3), qui représente une ménade dansante (4).

Ce qui caractérise toutes ces œuvres, c'est que les artistes s'efforcent de rendre le plus
visibles possible les formes du corps sous le vêtement qui les recouvre. Pour atteindre ce but,
ils collent ce vêtement au corps de telle sorte que les plis qu'il présente nous font l'effet d'une
étoffe mouillée. C'est surtout dans la marche rapide ou le vol que, dans la nature, les formes
s'accusent de cette manière : aussi les sujets de ce genre sont-ils traités de préférence par les artistes
de cette école. Mais elle a voulu aussi s'attaquer à des sujets moins appropriés à ses tendances,
représenter, par exemple, des figures immobiles et calmes; là, elle est vite tombée dans la manière
et la convention. Elle a eu une influence considérable sur le développement de l'art attique. Parmi
les Athéniens qui l'ont subie, il y a des maîtres aussi incontestés que le sculpteur de l'Aphrodite
Génétrix, et, un peu plus tard, le créateur de la «Diane de Gabii» (5), à Munich. C'est l'apogée
de ce style, qui s'est affiné sous l'influence de la tradition sévère de l'école attique, que nous
admirons sur les reliefs de la balustrade du temple de la Niké, et dont Timothéos, le sculpteur
des frontons d'Epidaure, fut le dernier représentant.

La statue de Mr. Jacobsen est, comme nous l'avons dit, le plus ancien exemple de ce
nouveau courant de la sculpture grecque du Ve siècle, courant qu'Amelung (6) a appelé avec
raison «révolutionnaire» et qui fait époque dans l'histoire de l'art. Les jambes ressortent sous
le chiton, comme si elles étaient nues; les draperies tantôt épousent les formes comme ferait une
étoffe mouillée, tantôt forment des plis bouffants sous lesquels les membres se détachent. L'alter-
nance, à la partie inférieure de la statue, de deux pleins et de trois creux, les vides et cavités
ménagés à l'aide du ciseau sous les bords du vêtement qui provoquent de puissants effets d'ombre,
rappellent directement certaines œuvres hellénistiques, et celles-ci ont visiblement trouvé leurs
modèles dans des statues de ce caractère. C'est dans la partie moyenne de la statue que se
manifestent le plus clairement les intentions de l'artiste qui, voulant leur donner l'expression la
plus marquée possible, ne recule pas devant l'invraisemblance: le nombril et les organes génitaux
sont visibles sous le chiton et ils sont rendus avec un réalisme exagéré, qui rappelle certains
détails des sculptures des frontons d'Olympie.

Mais sommes-nous vraiment autorisés à considérer cette statue comme le monument le
plus ancien de l'école «ionienne»? Est-elle réellement plus archaïque que la Niké de Paionios?
Malheureusement nous n'en avons pas conservé la tête dont la comparaison avec celle que possède
M"e Herz (7), aurait permis de trancher facilement la question. Evidemment les deux statues ne
datent pas d'époques bien éloignées l'une de l'autre: mais si l'on examine d'une part le rendu des
plis, de l'autre le mouvement des figures, l'Apollon donne l'impression d'une œuvre encore soumise
aux règles de l'art archaïque, tandis que la Niké est caractérisée par son élan si fougueux et
son allure si libre. Si cette dernière date de l'an 450 environ, comme les déductions d'Amelung
me semblent le prouver, l'Apollon a dû naître entre 460 et 450. Les parties du vêtement
avoisinant la ceinture de l'Apollon rappellent les parties correspondantes de la Parthénos de
Phidias, mais elles sont d'une exécution plus gauche et d'un style moins sévère : cette remarque
confirme encore la date que nous proposons.

(1) Matz-Duhn 512.

(2) Ibidem 513.

(3) Au Palais des Conservateurs. La valeur de ce monument à été reconnue pour la première fois par Winter, 30. Berlincr
Winckdmannsprogramm pi. I.

(4.) D'après les r'om. Mitt. d. Inst. 1894, p. 169, M. \V. Amelung consacrera une étude approfondie à cette école jusqu'ici peu connue.

(5) Brunn5 93.

(6) Ràm. Mitt. 1894, p. 168.

(7) C'est celle dont Amelung a si heureusement établi l'importance: r'ôm. Mitt. 1894, pi. VII, p. 162 et suiv.
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