Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 68
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/arndt1912text/0076
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
PLANCHES 41 et 42

Tête colossale d'Athéné.

Trouvée à Rome, lors de la construction de la gare de Trastevere. Hauteur 0,67 m. Le marbre m'a
paru pentélique, et non italique, comme le pense Furtwângler(i). La tête était destinée à être engagée dans
une statue. Elle est intacte. Nombreuses traces d'une coloration brun-rougeâtre sur les joues, les lèvres,
le nez, le cou, le cercle du casque. Comme elle se retrouve sur des parties aussi différentes, cette coloration
était probablement la couche première recouverte ensuite par d'autres. Le casque de marbre et le derrière
de la tête étaient rapportés séparément. La section horizontale de la tête, vue d'en haut, avec ses mortaises,
dans lesquelles s'emboîtaient les tenons de la partie supérieure qui la recouvrait, est représentée par cette
modeste esquisse:

La section verticale postérieure sur laquelle s'appliquait le deuxième morceau
de la tête, est grossièrement pointillée avec le ciseau. Les deux trous carrés de chaque
côté du cercle du casque, au-dessus des oreilles, servaient à maintenir les paragnathides.
Sur la reproduction autotypique du profil droit (fig. 38), on voit plus clairement que sur
la phototypie du profil gauche un reste du couvre-nuque du casque attique(2). Le cercle
du casque n'offrait pas un contour régulier, comme on serait tenté de le croire à première
vue; dans son milieu, il devait porter, comme chez la Parthénos, une petite pointe
recourbée vers le bas et brisée sur notre figure (3). Les oreilles sont percées de trous pour
recevoir des anneaux. Les yeux étaient enchâssés. La rangée supérieure des dents
est indiquée.

.Derrière—

Lorsque, en 1892, je vis pour la première fois cette belle tête (4), dont l'expression d'ardente
énergie présente un charme toujours nouveau, et lorsque, peu après, je pus l'étudier plus en
détail sur des photographies, j'y reconnus les caractères manifestes de l'école de Phidias. Cherchant
à la ramener à l'une des œuvres de ce maître, dont les textes nous ont conservé les noms, je
me souvins des monnaies qui, suivant Konrad Lange (5), reproduisent la «Promachos» de Phidias (6) ;
les dimensions colossales de la tête et sa forte inclinaison vers l'épaule droite me semblaient
convenir à cette statue. Amelung, à qui je venais de communiquer les photographies, m'écrivit
aussitôt que, sans connaître mon opinion à ce sujet, il était arrivé à la même conclusion. Je
soumis notre hypothèse à Furtwàngler, qui précisément s'occupait de Phidias, et qui la rendit
publique (7). Il crut alors que la tête de Jacobsen se rapportait à l'«Athéné Medici» de l'Ecole
des Beaux-arts à Paris, combinaison insoutenable, dont M. Jacobsen lui-même et G. Treu reconnurent
la fausseté et que son auteur lui-même a rétractée dernièrement (8). Plus récemment (9), il rapprocha

(i) Meisterwcrke, p. 740.

(2) Voir sur la forme du couvre-nuque attique à cette époque Lceschcke dans la Festschrift zum Jojdhrigen Jubilàum des Verems
von Altertumsfrcunden ivi Rheinîande 1891, p. 5 et suiv.

(3) Furtwàngler, Meisterwcrke, p. 740.

(4) Récemment il en a été mis en circulation des moulages.

(5) Arch. Zeit. 1881, p. 147.

(6) Ïmhoof-Blumer et Percy Gardner, a numismatic commentary on Pausanias pi. Z, I et II, p. 128.
7 ftfeisterwerke, p. 134.

(8) Intermezzi, p. 31.

(9) Intermezzi, 1. c.
loading ...