Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 78
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PLANCHES 47 et 48.

Tête et hermès d'une Amazone.

La tête provient du palais Sciarra à Rome (Michaelis, Jahrbuch d. J. 1886, p. 18, O et p. 33; Matz-
Duhn 1735). Hauteur: 0,27 m. Sont modernes: le nez, les lèvres, le menton. Les chairs ont été nettoyées
et polies à l'époque moderne. Catalogue 1073 A. — L'hermès provient également de Rome, où il a fait
partie pendant quelque temps de la collection Barracco (Furtwàngler, Meisterwerke p. 291). La pointe du
nez et une pièce au milieu du front, ainsi que l'hermès, sont modernes. On a eu raison de restaurer ce marbre
en hermès puisque les boucles de cheveux qui tombent sur les épaules, prouvent qu'il s'agit réellement d'une
figure de ce genre; cf. le spécimen correspondant au nôtre, de la Villa Albani: Furtwàngler 1. c. (1). Depuis le
sinciput jusqu'à la fossette du cou, la tête mesure environ 0,31 m de haut. La partie postérieure de l'occiput n'a
jamais été sculptée ; par suite, il est manifeste que cet hermès a été dressé contre une muraille. Catalogue 1072 A.

Les deux têtes reproduisent l'Amazone dite de Sosiklès. Bien que leur exécution, et
surtout celle de l'hermès, soit de faible valeur, elle n'est cependant pas sans offrir quelque
intérêt à l'archéologue. La tête peut servir à reconstituer exactement le type de la statue
dont elle dérive, car elle porte encore sur le sinciput, à droite, le reste d'un tenon (2) qui
a été cassé. Ce dernier ne peut avoir été destiné qu'à la main droite ou à l'avant-bras qu"on
devrait par conséquent s'imaginer dans le voisinage immédiat du sinciput. La restauration esquissée
par Furtwàngler (1. c. p. 292) est vraisemblablement exacte dans ses traits essentiels; on pourrait
se demander tout au plus si l'avant-bras ne devrait pas encore être rapproché davantage de la tête.
En effet, les tenons de ce genre, d'après l'usage des sculpteurs antiques, se prolongent, si je ne
me trompe, vers l'extrémité inférieure de l'avant-bras plutôt que vers la main. Cette question
ne pourra être tranchée qu'en présence de l'original et à l'aide du moulage de la statue entière.

L'hermès, en tant qu'œuvre indépendante, sans rapports avec une statue, n'exigeait
naturellement pas un tenon de cette espèce. Nous avons là un exemple caractéristique de la
liberté avec laquelle les copistes de l'empire transformaient les originaux d'après les exigences
de la décoration. Comme nous l'avons mentionné précédemment, un second exemplaire d'hermès,
dans le type de cette tête, se trouve à la Villa Albani. Ils sont ornés tous deux de boucles de
cheveux tombantes sur les épaules, qui dissimulent avantageusement le vide entre la tête et les
épaules; par contre, sur l'exemplaire de Copenhague, il ne se détache point de ces mêmes
boucles une mèche isolée, immédiatement derrière l'oreille, comme sur le marbre de Rome. C'est
probablement dans un but décoratif que la tête de ce dernier se penche dans la direction con-
traire à celle de l'original; la tête du spécimen Jacobsen n'offre pas non plus cette forte inclinaison
de la tête vers l'épaule droite qui distingue la statue originale.

On ne saurait être trop circonspect, lorsqu'il s'agit de juger le style d'une œuvre dont
on ne possède qu'une seule copie; c'est ce qui ressort avec une évidence toute particulière de
la comparaison du rendu de la chevelure sur les deux figures Jacobsen. Il est certain que,
seule, la tête isolée peut nous donner une idée de la beauté remarquable qui jadis caractérisait
précisément cette partie.

A mon avis, malgré toutes les discussions engagées à ce sujet (3), on n'est pas encore
parvenu aujourd'hui à trouver le nom du sculpteur qui a créé ce type d'Amazone.

La Glyptothèque Ny-Carlsberg a acheté dernièrement au Palazzo Sciarra l'exemplaire bien
connu du second type d'Amazone qu'on appelle, selon moi sans raisons convaincantes, type de
Polyclète. Il sera reproduit dans la seconde série de cette publication.

(1) Ce dernier sera publié dans la prochaine série de Y*.Einzelverkatif*.

(2) En examinant l'original, j'ai constaté que la supposition de Helbig (dans Michaelis 1. c. p. 33) qui voit dans cette cassure
un reste des doigts de la main droite, ne se confirmait pas. Par là, les doutes émis par Michaelis (1. c.) sont levés.

(3) En dernier lieu, cf. Graef dans le jfahrlmch d. archaeolog. Instituts 1897, p. 81 ss.
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