Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 81
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PLANCHES 51 et 52.

Statue d'un jeune homme couché.

Marbre d'un grain assez grossier, probablement de provenance grecque. Longueur: 1,65 m; hauteur:
0,62 m. Découvert à Rome dans la Villa Spithoever, sur l'emplacement des anciens jardins de Salluste.
Sont restaurés: le nez, les lèvres et le menton. Les orteils, la main droite et les doigts de la main gauche
avaient été rapportés séparément au moyen de tenons métalliques. La plante du pied droit est munie de deux
petits trous destinés à recevoir des tenons en métal; le premier à la partie postérieure, au talon; le second,
en avant, près de l'attache des orteils. Derrière, à la nuque, au point de contact du dos et du vêtement, on
remarque un trou un peu plus grand, assez profond et destiné également à loger un tenon en métal. Je n'en
saisis pas bien l'utilité, non plus que celle des chevilles fixées à la plante du pied. De plus, à la face postérieure
de la statue, vers les extrémités gauche et droite, immédiatement au-dessus de la plinthe et dans le vêtement,
se trouvent deux trous destinés à recevoir des crampons, très larges mais peu profonds. Les bouts des seins
ont été rapportés séparément et sont formés de petits pitons de marbre.

Cette statue soulève plus d'un problème. Il faut d'abord remarquer — ce dont on
pourrait douter à première vue — qu'elle est posée comme elle doit l'être. La surface inférieure
et horizontale de la plinthe ne permet aucune autre situation. L'inclinaison des testicules est à
cet égard également convaincante. La plinthe, de forme irrégulière, aux bords légèrement dépiqués,
ne s'étend à gauche que jusqu'aux genoux, de sorte que les jambes n'ont pas de support. Il en
est de même du bras gauche qui ne repose pas non plus sur une base solide. Cet aspect produit
un effet étrange sur le spectateur qui se trouve vis-à-vis de la statue; mais cette impression
disparaît, si nous nous imaginons cette figure exposée haut, à l'angle d'un fronton dans la
base duquel la plinthe aurait été encastrée et dont le geison en saillie déroberait en tout cas à
la vue les parties inférieures. C'est en supposant que la sculpture «plafonnait» qu'on s'explique
aussi le plus naturellement pourquoi le bras droit ne repose pas sur la tête, alors que, sans aucun
doute, le sculpteur a voulu donner l'illusion du contact, mais qu'il est suspendu et manque
d'appui. Sur le crâne on ne constate aucune trace d'adhérence. Enfin la supposition que
cette statue aurait fait originairement partie d'un fronton devient très vraisemblable par suite de
la présence des deux mortaises forées dans le dos et dont nous avons parlé précédemment.
Les crampons étaient primitivement enfoncés dans la paroi du tympan et servaient à fixer la
statue. Je ne saurais trouver d'autre explication à ces mortaises. La surface du marbre s'est,
il est vrai, très bien conservée. Ce fait et celui que précisément une partie de cette surface,
celle qui était tournée vers la paroi du fronton, et notamment la face postérieure du bras droit,
a été fortement corrodée, pourraient sembler contraires à ma thèse. Mais cette corrosion, de
même que la détérioration de la partie inférieure de la jambe gauche, a très bien pu se produire
seulement après que la statue eut été ensevelie sous le sol. Les sculptures de temples ont
pu se maintenir dans un excellent état de conservation, eussent-elles même figuré assez longtemps
au faîte de l'édifice, à condition toutefois qu'elles n'aient pas été exposées à la face battue par
la pluie. Nous en avons une preuve entre autres dans les frontons et les métopes du Parthénon.
Les discussions sur la corrosion des sculptures des frontons d'Egine ont montré combien nous
devons être circonspects lorsque nous voulons tirer des conclusions de l'état extérieur des statues


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