Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 93
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servi pour deux figures d'Athéna (i) et d'Hygieia (2), lesquelles reproduisent, à de légères
différences près, la statue de Copenhague. Nous avons ensuite toute une série d'autres figures,
qui n'ont encore été ni étudiées, ni groupées, et dont le vêtement, soit dans l'arrangement
d'ensemble, soit dans les détails, offre de l'analogie tantôt avec le type d'Ephèse et tantôt avec
le type Borghèse (3).

Il serait vivement à souhaiter que nous pussions arriver à connaître le nom de l'artiste
qui a créé le type Borghèse, et c'est la question dont nous allons nous occuper en troisième
lieu. On perdra son temps et sa peine à rechercher le nom du sculpteur du type d'Ephèse
aussi longtemps que nous n'en connaîtrons pas d'exemplaire ayant gardé la tête. Mais quant
au type Borghèse, on peut en pousser plus loin l'étude, en prenant comme base la magnifique
tête de la statue de Copenhague. On a rapproché cette dernière, à plusieurs reprises, de la
tête de la figure dite Génétrix (4), qu'on attribue très vraisemblablement à Alkamène, et, comme
la statue Jacobsen présente aussi certaines ressemblances dans le traitement de la draperie, on
s est cru autorisé à l'appeler «Héra d'Alkamène». Toutefois, je dois avouer que cette déduc-
tion me paraît un peu prématurée. Et d'abord, parmi les têtes de la Génétrix, quelle est celle
que nous mettrons à la base de notre comparaison? Celle de Paris, de Naples ou de Stock-
holm (5)? Toutes trois diffèrent sensiblement l'une de l'autre. La tête de Naples (6) est dure
et fait l'effet d'un bronze; celle de Stockholm (7) est plus molle et offre d'avantage les carac-
tères du marbre; enfin, celle du Louvre, la plus molle des trois, présente, malgré cela, dans
le traitement des yeux et de la bouche certains traits du style archaïque, absents sur les deux
autres. Quelle est celle d'entre elles qui reproduit le plus fidèlement l'original? Celle de Paris,
sans doute; car elle est la plus ancienne et, en même temps, son exécution est la mieux en
rapport avec la matière dans laquelle a été taillé l'original, c'est-à dire le marbre (8). Or, il
est certain que cette tête de Paris est apparentée à celle de F Héra Borghèse; on ne peut pas
le contester. Mais cette parenté est seulement extérieure et tient aux caractères généraux de
1 époque. Le port de l'opisthosphendoné, ainsi que l'arrangement des cheveux, dans son ensemble,
sont identiques. Pour le reste, elles diffèrent plus qu'elles ne se ressemblent. Nous devons
reconnaître avant tout que la tête de Paris est passablement plus ancienne que la tête Borg-
hèse. Il nous faudrait donc admettre que la Génétrix est une œuvre de la jeunesse d'Alkamène,
tandis que l'Héra aurait été créée dans la maturité de son génie. Mais cette hypothèse est trop
peu fondée pour qu'elle puisse prendre corps sans plus. Il en est d'elle comme de l'hypothèse
de Petersen d'après laquelle l'Héra du Salone du Capitole (9) serait également une œuvre
d Alkamène, à cause de la parenté de sa tête avec celle de la Génétrix. C'est des hypothèses
de ce genre que W. Helbig a dit un jour très justement qu'on ne pouvait ni les corroborer ni
les réfuter. Il est possible que les deux ou même les trois types proviennent d'un seul et même
sculpteur, d'Alkamène probablement. Je ne veux pas du tout le contester, mais jusqu'à présent

(0 Se trouve dans la Villa Ludovisi. Schreiber, no 67. Einzelvtrkauf, n° 257.

(2) Se trouve à Cassel. Roscher, Mythol. Lexikon, s. v. Hygieia, col. 2790.

(3) Louvre, Phot. Giraudon 1387 («PIotina>); Museo Chiaramonti 421 ; Dresde, Phot. Krone (46)641. — Munich, Glyptothèque 87 ;
atican, G ail. d. Statue 26S = Helbig2 I, 202 (dont on a récemment trouvé une réplique sur le forum de Rome; reproduite dans la

^■Deutsche Lcsehalle, Sonntagsbeilage zum Berliner Tageblatti no 50, du 10 décembre 1899); ibid. 40S (cDomitia>); Capitole, Atrio, no 10
(rausuna major); ibid. Salone 23 («Urania»). Quelques-unes de ces figures forment la transition entre ce type et le groupe dit de la Sappho
Albani (Helbig = II, 886).

(4) V. les reproductions dans Klein, Praxiteles, pp. 68/69.

(5) On ne possède malheureusement pas encore de photographie' de la tête de l'exemplaire qui se trouve à llolkham Hall
(Michaelis, anc.cnt marbhs, p. 307, no 23).

(6) Antike Denkmàkr d. J. I, pi. 55, p. 45.

(7) Phot. Lagrelius, 8. Sont modernes: le nez et le menton. La surface en a été fortement frottée et, en outre, nettoyée au
"Seau. N'appartient pas à la statue qu'elle surmonte.

(8) Brunn, Kiinstlergeschichte, I, 235.

(9) Helbig, Fiihrer^l, 519.
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