Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 104
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dans le vrai. On pourrait tout au plus imaginer le pied gauche
reculé encore davantage, pour marquer plus clairement l'attitude de
la danse. La statuette de Copenhague doit également être res-
taurée de la sorte. Par contre, Brunn a peut-être raison de
supposer que la tête était tournée de côté. Car il existe en-
core une seconde reproduction, un relief il est vrai, dont la tête
présente effectivement cette attitude. Ce relief se trouve au
Vatican, dans la Galleria délie Statue, n° 389, et est reproduit
dans le Bullettino comunale 1896, tav. XIV, texte p. 239 ss. ;
dans Clarac 446, 815; dans Millier-Wieseler II, 74, 959 a et b;
enfin ici même, figure 55. C'est une colonne ornée de figures
en haut-relief de grandeur naturelle: trois jeunes filles dansantes.
L'une d'elles, que nous reproduisons ici, correspond dans ses traits
essentiels au type statuaire en question, et il est incontestable
que les deux figures sont apparentées l'une avec l'autre. La
tête (bien conservée) est tournée vers l'épaule gauche, vers celle
des danseuses qui venait ensuite. Mais cette même position de la
tête doit-elle être attribuée également à une figure statuaire isolée,
sans relation aucune avec d'autres ? C'est ce qui demeure incer-
tain. Sur le torse de Copenhague, il ne subsiste aucun vestige
qui puisse aider à trancher la question. Toutefois la flexion de
la tête n'offrirait rien que de très naturel dans la danse. En
tous cas, nous devons nous figurer la tête de notre statuette comme
semblable dans sa forme extérieure à celle du relief du Vatican,
les cheveux séparés par une raie et ramenés sur les côtés, l'occiput
recouvert par un pan de l'himation.

Il se peut qu'il y ait encore, soit sous forme de statues,
soit sous forme de reliefs, d'autres répliques exactes de ce type (1),
que je ne puis pas mentionner ici parce que nous ne possédons des reproductions suffisantes
que d'une minime partie de ce genre d'œuvres; il y en a même beaucoup, parmi elles, qui ne
sont pas encore cataloguées. Mais la triple reproduction de ce motif, que nous avons pu constater,
suffit à prouver indubitablement qu'un original célèbre sert de base à toutes ces figures. Après
tout ce que nous avons dit plus haut de la beauté de la statuette Jacobsen, nous serions tentés
de reconnaître en elle l'original de ces répliques. C'est ce que j'ai, en effet, admis autrefois.
Mais de nouvelles considérations ont éveillé des doutes en moi. Tout d'abord ce spécimen pro-
vient de Crète, et il est peu probable que la Crète ait produit à cette époque des statues célèbres,
susceptibles d'être fréquemment copiées. C'est à Rome ou à Athènes, peut-être aussi dans un des
grands centres religieux, comme Olympie ou Delphes, que nous devons chercher cet original, mais
non dans une île éloignée de tout grand mouvement artistique. Et puis, la colonne à reliefs de la
Galleria délie Statue, reproduite ci-dessus, nous introduit dans le groupe des monuments dits néo-
attiques, qui ont représenté avec une prédilection marquée les figures de danseuses vêtues. D'autre
part, l'école néo-attique paraît s'être inspirée de préférence d'œuvres qui étaient dans le style des
reliefs de la balustrade d'Athéna Nikè. N'avons-nous pas conservé deux imitations néo-attiques
de la balustrade elle-même (2)? Nous sommes, par conséquent, tentés d'admettre que la statuette

«g- 55

(1) Des figures pareilles se rencontrent très fréquemment dans toutes les catégories de monuments. On trouvera des listes provisoires
de ces matériaux dans Ilauser, die neuattischen Reliefs p. 139 ss., et dans Ileydemann, die verhïdlte Tdnzerin, 4. Hallisches Winckelmanns-
programm 187g.

(2) Ilauser, / /. p. 70 ss.
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