Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 114
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PLANCHE 72.

Tête de femme.

Hauteur: on\ 44. Le nez est restauré. Certaines parties du menton, des lèvres et des lobes des
oreilles sont recouvertes d'un enduit. Il en est de même des deux boucles de cheveux qui tombent de
l'occiput sur la nuque et qui sont modernes en partie, et peut-être même totalement. Une cassure court
tout autour du cou en passant par la fossette; elle est actuellement recouverte d'un enduit. La partie du
cou en dessous de cette cassure est en marbre et paraît également antique. Cette tête était destinée à être
encastrée dans une statue. Elle a été achetée à Rome, comme provenant de l'Italie méridionale.

La tête offre ce dessin du front prolongé en pointe vers le haut, qui, en général, est
caractéristique des créations de Praxitèle. Cependant la chevelure se relève davantage, conformément
aux procédés de l'art antérieur, et le front lui-même est encore plus élevé et plus pointu que
dans les œuvres certaines de Praxitèle. D'autre part, l'arrangement de la chevelure elle-même,
qui s'écarte du front en ondes régulières, rappelle absolument la manière de ce maître. Le double
bandeau qui entoure les cheveux se retrouve tout pareil sur la tête de la Cnidienne. Le traite-
ment de la bouche et du menton offre beaucoup d'analogie avec celui de la Vénus d'Arles. Ainsi
cette tête est en rapports très étroits avec les sculptures authentiques de Praxitèle, sans que nous
osions toutefois l'attribuer à ce dernier avec certitude. Aurions-nous affaire à l'œuvre d'un con-
temporain de Praxitèle, qui aurait subi fortement son influence, ou bien à une œuvre du maître
lui-même, mais à une œuvre de jeunesse, où les qualités qui le caractérisent particulièrement au
point de vue de la forme ne se seraient pas encore développées pleinement? Nous ne sommes
pas en état de décider là dessus. Le nom du personnage représenté doit également rester
incertain. L'expression sévère et peu sensuelle des traits semble exclure toute divinité du groupe
d'Aphrodite. La partie inférieure du front est très proéminente, et cette particularité, qui devient
d'un usage général à partir de la fin du IVe siècle, semble ici garder encore la valeur d'un
moyen d'expression déterminé, pour marquer l'énergie et la volonté de la personne.

L'exécution de cette tête est satisfaisante, sans qu'elle soit toutefois d'une finesse remarquable.

Catalogue (1898) n° 122.
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