Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 211
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Les Muses, juges du combat sont debout à l'arrière-plan ; il y en a sept : les deux manquantes
sont figurées sur le couvercle. Toutes, sauf Melpomène, portent des plumes sur la tête; c'est là, à
la basse époque, un attribut constant des Muses (cf. Bie dans Roscher, II, col. 3290). Melpomène
et Euterpe seules sont nettement caractérisées : Melpomène, par sa large ceinture plus haute dans le
milieu ainsi que par le masque tragique sur la tête et le sceptre dans sa main gauche (un fragment
en subsiste, ainsi que des tenons); elle figure du côté d'Apollon, bien que la flûte fût l'instrument prin-
cipal de la tragédie (1). Près de Marsyas se tient Etiterpe, les flûtes à la main.

A droite: dans la troisième scène est représentée la punition de Marsyas vaincu. Il est sus-
pendu par les deux bras, liés au-dessus de la tête, à un pin. Devant lui est agenouillé un jeune esclave
en bonnet phrygien, aiguisant sur un rocher le couteau avec lequel il va écorcher le Satyre. A côté,
se tient Olympos, élève et favori de Marsyas, vêtu complètement à la mode phrygienne; il relève un
coin de son manteau pour essuyer ses larmes.

Sur la bordure supérieure se trouve l'inscription suivante :

'EQfi.oyév>] iQi^axh xal aXvne . %o.ïqe . ^rjaaç . êttj. v'.

Le milieu du tableau sculpté sur la face antérieure du couvercle est occupé par le buste du défunt,
homme barbu, au type grec; ce buste est encadré de trois guirlandes, d'une forme très particulière.
A gauche est couché Apollon, le bras gauche appuyé sur un rocher, un plectron dans la main droite;
un griffon est assis devant lui retournant la tête ; plus à gauche encore, se trouve le carquois auquel
l'arc est solidement attaché. A droite du buste est couchée Artcmis, faisant exactement pendant à
Apollon; elle tient le javelot sous sa main gauche; devant elle est un chien de chasse, et plus loin l'arc et
le carquois, comme pour Apollon. Aux deux extrémités du relief sont couchées les deux Muses qui
manquaient sur la face principale. A gauche est Thalle, reconnaissable au masque comique; elle tient
un plectron à la main droite. A l'autre bout est Erato, qui repose son bras gauche sur la chélys et
tient un plectron dans la main droite. Les deux Muses portent des plumes au-dessus du front.

Les deux angles du couvercle sont décorés d'un masque tragique.

L'histoire de Marsyas reparaît souvent sur les sarcophages romains : cf. Robert, Sarkophage,
III, 2, p. 242 — 267, n° 196—215. Les prototypes de nos trois scènes étaient d'espèces différentes. Pour la
première, ne fût-ce qu'à cause de l'image d'Athéna dans l'eau, il faut supposer, comme original, une
peinture qu'il n'est d'ailleurs guère possible de reconstituer, vu les fortes variantes qui existent entre
les diverses répétitions. Les seuls traits qu'on puisse considérer avec certitude comme ayant été fournis
par l'original, en ce qui concerne Athéna, sont le mouvement violent de son corps et la position relevée
d'un de ses pieds. — La troisième scène dérive d'une création bien connue de la sculpture hellénistique.
Seulement, l'esclave écorcheur a ici été muni également du bonnet barbare, et la figure d'Olympos a
été ajoutée, tandis qu' Apollon était supprimé parce qu'il se trouve déjà dans la scène du milieu. —
Quant au prototype de cette scène centrale, la question est plus difficile. La joute entre Apollon et
Marsyas a été représentée dans un groupe statuaire que l'on a reproduit aussi sur certains sarcophages (2),
mais cette composition diffère totalement de celle de notre sarcophage et de ses congénères. Là Marsyas
a fini de jouer et écoute debout, tranquillement, Apollon qui, également debout, est en train de jouer.
Ici, au contraire, nous voyons Apollon, assis et attendant,et Marsyas jouant avec une violente animation.
Là, une seule Muse pour juge de la lutte; ici, leur compagnie entière. En conséquence, à l'opposé de
cette composition-là, celle de notre groupe paraît remonter à un prototype tiré de la peinture. Ce
qui en témoigne surtout, c'est le grand nombre des personnages: car, naturellement, dans le prototype
toutes les neuf Muses devaient être présentes. En outre, il résulte de la comparaison des différentes
répétitions qu'il y avait trois divinités de chaque côté: Athéna, Kybèle et Dionysos avec Marsyas; puis,
avec Apollon, Létô et Artémis et enfin Hermès (celui-ci en qualité d'inventeur de la lyre; il est repré-
senté d'ordinaire avec un pied posé sur une élévation). Les Muses, dans l'original, devaient être aussi

(1) Pour ces inconséquences, voir Robert, Sarkophage, III, 2, p. 243.

(2) Hadaczek, Rom. Mit!., XVII, 1902, p. 173 sqq. ; Osterr. Jahresh. X, 1907, p. 318 sqq.
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