Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 215
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PLANCHE 153.

Sarcophage romain représentant l'histoire de Phaéthon.

Provenant d'Ostie; plus tard, à la Vigna Pacca. Hauteur, om,62 ; longueur, 2™,07 ; profondeur, om,73. Aucune
restauration.

Le sujet représenté se divise en trois scènes.

A gauche: Phaéthon prie son père Hélios de lui confier le char du soleil. Le dieu, assis dans
le coin supérieur gauche, lève la main droite (la gauche n'apparaît pas) comme pour écarter cette de-
mande qui le consterne, tandis que son fils se tient debout devant lui, la droite levée dans le geste de
la prière. A droite de Phaéthon sont les quatre coursiers du soleil, tenus par quatre serviteurs (1) et
hennissant d'impatience. Au-dessus on voit le timon du char, ainsi qu'une figure très endommagée, dont
le manteau flotte au vent, et dont le haut du corps était seul visible : d'après d'autres copies mieux
conservées, on peut y reconnaître Cœlus (2). A gauche, au-dessous d'Hélios, sont rangées sur une ligne
oblique les quatre Saisons. On y reconnaît (de haut en bas) l'Hiver complètement drapé, l'Automne
couronné de raisins et portant une corbeille de fruits, l'Été qui a le haut du corps nu, le chapeau sur
la tête, une corbeille de fruits dans la main gauche et le pedum (?) dans la main droite, enfin le Printemps
avec une couronne d'épis et une corbeille de fleurs.

La scène centrale représente la chute de Phaéthon. Le jeune téméraire avait bientôt cessé d'être
maître de son attelage; l'ardeur du soleil détourné de sa route menaçait de causer l'incendie général
de l'univers, quand Zeus intervient et foudroie Phaéthon. Nous le voyons précipité de son char
à la renverse dans le fleuve Éridanos, qu'ont desséché les ardeurs solaires. La figure du Fleuve, qui
apparaît dans d'autres copies, le plus souvent sous les traits d'un homme barbu du type des dieux
fluviaux, semble faire défaut dans notre sarcophage. Le serpent qui se dresse à côté de la tête de Phaéthon
le remplace ici à ce qu'il semble. (3) Au-dessous de l'attelage se tient Kyknos, le vieillard ami de Phaéthon
s'appuyant sur un bâton ; le cygne à côté de lui indique la métamorphese dont il va être l'objet. A gauche
de Kyknos est assise la Moira, lisant dans le livre du Destin. Les Dioscures arrivent au galop des deux
côtés, pour arrêter la course effrénée et désordonnée des chevaux du char du soleil.

Dans la dernière scène, à droite, on apporte au malheureux père la nouvelle de la mort de son
fils. Devant Hélios, assis tristement, la tête dans la main, se tient Hermès avec ailes dans les cheveux
et légers favoris, le pied gauche appuyé sur une élévation (4); il porte le caducée dans la main gauche;
le geste de la main droite levée accompagne ses paroles. Derrière lui se tiennent les Héliades ÇHfoâdeç),
sœurs de Phaéthon, avec gestes de deuil et cheveux dénoués. L'une est assise par terre, tenant entre
ses deux mains son genou gauche ; les deux autres, debout derrière leur sœur, ont leurs manteaux
soulevés par le vent (5). Une autre femme, derrière Hélios, est debout, complètement drapée et portant
une couronne; il s'agit sans doute de Klyméné, mère de Phaéthon laquelle a été la cause de la cata-
strophe, puisque c'est à son instigation que son fils a fait la funeste demande que le père ne pouvait
refuser (6). Sous le groupe formé par les six personnages qui viennent d'être décrits, sont représentés
deux jeunes hommes à demi étendus par terre. L'un, à gauche, retourne la tête vers Phaéthon ; il tient

(1) Hartwig (Philologus N. F., 12, p. 489) voit en eux les Héliades ('IlXid&ai), fils d'Hélios et de Rhodos.

(2) Cf. Jahn, Ber. d. sàchs. Ges. d. Wissensch., 1849, p. 65.

(3) Ainsi que Wieseler (Annali, 1869, p. 134) le fait remarquer à juste titre, le jeune homme couché à droite de Phaéthon ne peut être Eri-
danos; celui-ci prend en général plus d'intérêt à Phaéthon qui tombe droif sur lui.

(4) Cette position est typique pour Hermès: K. Lange, Das Motiv des aufgestùtzten Fufies, p. 20; Roscher, Mythol. Lex., I, 2418. Von
Duhn a fait déjà remarquer la ressemblance de l'attitude avec celle de VHermès liant sa sandale.

(5) Leurs gestes sont de ceux qui nous étaient déjà connus par le sarcophage des Pleureuses de Sidon.

(6) Le fond où posent ces diverses figures a été travaillé comme si c'était du rocher; il n'est guère probable que l'artiste ait voulu repré-
senter quelque chose de précis, des nuages, par exemple.

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