Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 4a
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Un mot de Caton(io), qui blâmait ses concitoyens de leur mépris pour les vieux orne-
ments de terre cuite, nous permet de conclure que ceux-ci ont été certainement employés en
Italie jusqu'au IIe siècle avant notre ère. Et ils subsistèrent dans les temples bien au delà encore
de cette époque, comme il résulte du passage connu de Pline (il): Durant etiam nunc plerisque
in locis talia simulacra. Fastigia quidem templorum etiam, in urée crebra et municipiis, mira
caelatura et arte suique firmitate sanctiora auro, certe innocentiora.

D'autre part, cette fabrication des revêtements en terre cuite, qui a duré en Italie tant
de siècles, dans de nombreux ateliers (i 2), s'y est développée suivant une autre direction qu'en
Grèce. On y constate surtout un penchant prononcé pour les membrures colossales, chargées
presque à l'excès, qui donnent à l'ensemble du toit un caractère puissant. C'est pour cela sans
doute, sans parler des autres raisons, que Vitruve(i3) appelle les temples étrusques barycephalae,
épithète que l'on rapportait autrefois uniquement aux formes de l'entablement(i4). On doit re-
marquer aussi, il me semble, un goût prononcé pour l'ornementation figurée, lequel se manifeste
particulièrement dans cette foule d'antéfixes en forme de masques des deae avertentes (15), ou de
têtes de Silène et de figures ailées; nous n'avons de cela aucun exemple analogue en Grèce,
sauf celui qu'ont fourni les trouvailles de Thermos (16).

Nous ne pouvons espérer, en raison de la nature périssable des matériaux employés, retrouver
dans des fouilles les parties hautes et spécialement la forme du toit d'un temple étrusque. Il faut
nous en tenir à l'unique description que nous en avons, celle de Vitruve. Dans l'étude que j'en ai
faite, il m'a paru bon de ne pas considérer seulement les parties en bois, mais bien l'ensemble
de la construction; et mon espoir est d'éliminer les restaurations inexactes répandues dans nos
manuels, et dont une des plus connues est celle de G. Semper(i7), en même temps que je
contribuerai à faire admettre davantage, en la corrigeant sur certains points, la juste solution
indiquée par M. Auguste Choisy(i8).

(10) Tite-Live, 34, 4.

(11) N. H., XXXV, 12, 46.

(12) Pline, N. //., 40, 45 : elaborata haec ars Italiae et maxime Etruriae; Otfr. Millier, Etrusker, 2<= éd., II, p. 253 Cf. aussi Pline, N. H., 35, 46.

(13) Vitr., III, 2, §5, p. 71, 17 (éd. Rose).

(14) Cf., par exemple, Otfr. Mûller, Etrusker, 2= éd., II, p. 241 ; ld., Kleine Schriften, p. 152.

(15) Macrobe, Soi., I. 7, § 34 sqq.; Otfr. Millier, Etrusker, 2e éd., III, 4, 10, p. 10474.

(16) Celles-ci, d'ailleurs, n'atteignent pas la richesse des découvertes de Conca, ainsi qu'il ressort d'une communication de Sotiriadis,
Allgem. Zei/g., 1900, Beilage n° 119, p. 5- Une partie des trouvailles de Thermos a été publiée depuis par Sotiriadis, 'Eipriu.. àpx-, 1900,
p. 162 sqq., pi. X—XI.

(17) Cf. Durm, Baukunst d. Etr., p. 40; lîaumeister, Denkm. d. class. Altcrtums, p. 287.

(18) Cf. Martha, Vart étrusque, fig. 183, p. 275; Choisy, Histoire de Varchitecture, I, p. 565.
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