Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

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latitudo dividatur in partes X. ex his ternae partes dextra ac sinistra cellis minoribus sire ibi
alae futures sunt dentur, reliquae quattuor mediae aedi attribuantur.

Ce texte ne renferme aucune donnée sur l'orientation ; mais nous savons que les Etrusques
se figuraient la demeure des dieux au Nord et, en conséquence, mettaient au Sud l'entrée des
temples(36), comme on le voit, par exemple, à celui d'Alatri (37). Nous ne trouvons non
plus aucune prescription spéciale, d'ordre technique, pour les fondations, le stéréobate et le stylo-
bate; mais nous pouvons admettre, d'après un autre passage de Vitruve, que les murs du stéréo-
bate devaient être de moitié plus épais que la partie inférieure des fûts de colonnes (38). Enfin,
on cherche en vain quelque donnée sur les degrés de la plate-forme, et Vitruve n'en dit rien
non plus à d'autres endroits, où on se serait attendu à en trouver la mention (39). La plupart
des commentateurs admettent les trois marches habituelles, tout autour de l'édifice; Perrault(40)
les place seulement autour du pronaos, tandis que Galiani les dispose entre les colonnes du
milieu de la façade, ce qui est le cas, en effet, du petit temple de Marzabotto (41). Au temple
d'Alatri, il n'y avait qu'un seul degré, autour du pronaos (42).

Le mot loais désigne toute l'étendue de terrain disponible (43), et non pas seulement
l'espace tracé (locus finitus) pour les fondations (44). A l'intérieur de cette aire, on mesure la
surface destinée aux constructions du temple, selon le rapport de 6 (profondeur) à 5 (largeur) :
ainsi l'ensemble du plan, contrairement au carré long du temple grec, se rapproche du carré
parfait; c'est ce que la tradition nous apprend du vieux temple de Jupiter Capitolin (45). Cette
surface est divisée en deux dans le sens de la profondeur, et la moitié la plus éloignée, qui
correspond au posticum de la limitatio étrusque (46), est réservée aux cellae, la plus rapprochée
(anticum) à un portique (47), lequel fait ainsi du temple un prostylos (au sens large du mot).
Le posticum^ dont les murs latéraux se terminent en avant par des antes d'une saillie indé-
terminée (48), renferme en règle générale trois cellae contiguës, parallèles dans le sens de la
longueur, et qui sont entre elles, pour la largeur, dans le rapport de 3:4:3. Au lieu de cellae
latérales fermées, on peut avoir aussi des espaces latéraux ouverts par devant, des alae, au sens
qu'a ce mot dans la description faite par Vitruve de la maison romaine (49). Ces alae, on s'est
trop hâté souvent de les identifier avec les colonnades appelées jneQa dans le temple grec(50);
pourtant Vitruve lui-même a fait remarquer combien les termes architecturaux des Romains, même

(36) Otfr. Mtiller, Etrusker, 2e éd., III, 6, 5, P- 143 ; cf. p. 163 (orientation des tombeaux); Nissen, Templum, p. 3. Sur les idées
de Vitruve touchant l'orientation des temples, cf. Ilrid, p. 174.

(37) Winnefeld, Rom. Mitth., 1889, p. 143 sqq.; Cozza, Ibid, 1891, p. 349 sqq. Pour Marzabotto, cf. Brizio, Mon. antichi IJncei, I, p. 259

(38) Vitr., III, p. 75, 14: Supraque terrain parietes exstruantur sub columnas dimidio crassiores quant columnae sunt futurae, etc. —
La base n'entre pas en ligne de compte, elle est mentionnée à paît: Spirarumque projeeturae non procédant extra solidum.

(39) Par exemple, à propos des temples ronds; IV, 7, § 5, p. 100, 19.

(40) Éd. de Vitruve, 1663, 2= éd. 1684, p. 134, pi. 32 et 33. Il connaît peu ses prédécesseurs, sauf Barbants (cf. ci dessous), en sorte
qu'il fait erreur sur des points depuis longtemps éclaircis {/nutuli, absence de la frise). Il a été souvent suivi par Le Roy, Disc, de hist. arch.
civ. (antérieur à 1760), de qui je ne connais l'ouvrage que par les citations de Piranèse.

(41) Brizio, Mon. antichi I.incci, I, p. 250; Gozzadini, Di una antica necrop. etc., Bologne, 1865, Tav. 6.

(42) Rom. Mitth., 1889, p. 145; 1891, p. 350.

(43) Cf. Vitr., II, 8, § 11, p. 49, 23; V, 1, §4, p. 105, 29; V, 3, § 1, p. 108, 14; etc. Cela a été bien vu par L. v. Klenze,
Denkschr. d. bayer. Akad. d. Wissensch , 1821, p. 36 sqq., pi. 1 et 2.

(44) Vitr., V, 12, § 5, p. I30, 5 sqq.

(45) Denys d'Ilalic , IV, 61 (788); Otfr. Millier, Etrusker, 2= éd., p. 234.

(46) Otfr. Millier, Ibid., III, 6, 6, p. 145; Martha, L'art étrusque, p. 258 sqq.

(47) Léo Batt. Alberti, De re acdificatoria libri X, Florence, 1485, p. 5, attribuait à ce portique un tiers au lieu de la moitié de la
longueur totale, et il disposait trois chambres de chaque côté de la cella centrale. Il ajoutait encore à l'édifice d'autres chambres devant et
derrière, par suite de l'ancienne leçon aliae pour alae. Le premier plan se rapprochant des indications de Vitruve est celui de Barbants, trad.
de Vitruve, Venise, 1556. L'édition de Palladio (1570, p. 12 sqq.) n'offre rien de notable sur ce point.

(48) Cf. ci-dessous, § 4.

(49) Vitr., VI, 4, 6 p. 142, I sqq.; cf. Overbeck-Mau, rompei, 4= éd., p. 249. 291. L'ancienne leçon était aliae. Semper lisait de façon
arbitraire: si quoi ibi alias futurae sint, « pour le cas où cela serait nécessaire ». Thiersch avait bien songé aux alae de la maison romaine, mais
il s'en faisait une idée fausse.

(50) Par exemple, Semper, p. 178; Martha, p. 269. Ce dernier se met ainsi en contradiction avec la reconstruction de Choisy,
reproduite par lui, fig. 183, — en admettant que Choisy, pour ses trois espaces ouverts, ait songé aux alae.
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