Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 16a
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haerenl, protenduntur utrinque costarum instar ad laterum parietes iisque incumbentia, certo deinde
spatio extra procedunt, ut aquani pluviam arceant ab aedificio et procul extillent (115).

Les templa posent sur les chevrons. D'après l'ordre même de la description (1 16) et par
analogie avec le toit de la Skeuothèque, il s'agit de planches ou de traverses de bois en forme
de madriers, et on peut imaginer qu'ils constituaient un revêtement (loricatio) (117) fermé, dans
un sens parallèle au faîtage, comme les opercula de l'inscription de Pouzzoles (118). C'est du moins
ce qu'indique une grande urne, conservée au British Muséum (119). Ce lit de planches permettait
de donner aux tuiles du toit la grandeur qu'on voulait; sans ce support, au contraire, il eût fallu
que leur largeur correspondît à l'espacement des chevrons, d'axe en axe (120).

Maintenant, quelle était la grandeur de la saillie latérale du toit? La réponse dépend surtout
du sens qu'on donnera au mot stillicidium. Il signifie d'ordinaire l'eau de pluie tombant du toit(12 1);
mais est-il besoin de signaler l'absurdité d'une traduction d'où il résulterait que « l'eau de pluie
tombant du toit devra correspondre au tertiarms de ce toit » ? De même qu'en allemand le mot
« Traufe » se dit aussi bien de l'eau du toit et de la saillie du toit par où cette eau s'écoule,
de même stillicidium, par une extension du sens, peut désigner la saillie même du toit par où
l'eau tombe. C'est ce que prouve l'explication donnée par Festus des antefixa (122): quae ex opère
fïgulino tectis affiguntur sub stillicidio (\2^). —D'autre part, comme le mot, dans notre passage,
est mis en corrélation avec les chevrons qui font saillie, il faut admettre qu'ici encore c'est la
saillie de gouttière qui est visée, et non pas, comme l'ont cru Jocundus, Semper, Durm(i24), etc.,
l'inclinaison des pentes du toit déterminée par la hauteur des frontons. Piranèse déjà protestait
avec raison contre une telle idée: quis Jinquam dixerit, stillicidium tecli idem esse ac eius declivitatem?
Pour exprimer l'inclinaison du toit, il suffisait du mot fastigium, comme Vitruve l'emploie, par
exemple, quand il traite des planchers inclinés (125). En outre, il ne peut pas être question de
l'angle d'inclinaison, attendu que celui-ci n'est pas déterminé par le faîtage, les chevrons et les
voliges, mais avant tout par la hauteur du tympan des frontons; et c'est à propos du tympan que
Vitruve aurait dû donner cette dimension.

La longueur du stillicidium est fournie par le mot tertiarius. Malheureusement, dans l'unique
passage où le mot se retrouve chez Vitruve (126), la lecture est incertaine; car après tertiarium
vient un autem, qui n'a pas de sens, et sous lequel se cache très vraisemblablement un alterum (127).
C'est pourquoi, contrairement à Piranèse, je ne crois pas pouvoir faire fond sur ce deuxième
passage de Vitruve (128), et je m'en tiens à la signification habituelle du mot.

(115) Piranèse, op. /., pi. 27, fig. 6 L.

(116) Vitr., IV, 2, § 2, p. 88, 15, § 5, p. 90, 3.

(117) Vitr., VII, 1, § 5, p. 164, 17.

(118) Cf. Wiegand, op /., p. 753 sep

('■ y Inv., n° 5. — De même, le fragment d'une urne en forme de cabane, large de o, "> 30 environ, à Chiusi. La saillie du columen
y est ornée d'un masque de Silène.

(120) L'entrecroisement de madriers et de voliges, dans la restauration de Choisy (Martha, op. /., fig. 183), paraît être une dépense
inutile de matériaux.

(121) Cf. surtout la langue des juristes: II. G. Heumann, Handlexicon zu den Qiicllen des rômischen Redits, Iena, 1851, p. 572.

(122) Festus, éd. Millier, p. 8. Millier a changé sans nécessité sub en super: il pouvait y avoir aussi des antefixa sous la gouttière du toit.

(123) Dans la basse latinité on étendit le sens du mot encore plus, et on appela aussi stillicidium le terrain sous la gouttière, c'est
à dire une bande de terrain, au pied de la muraille, correspondant en largeur à la saillie du toit: Status eccl. Const. ad ann. iioj, inter instr.
tom. II Gall. christ., col. 11^: sepeliemnt eum (Gau/ridumJ honorifice in slillicidio ecclesiae. — Cesare Cesariano (trad. de Vitruve, 1521) donne
déjà le vrai sens; c'est à lui que G. 13. Caporali (trad. de Vitruve, Pérouse, 1536) et Walter Rivius (trad. allem. de Vitruve, Nuremberg, 1548
Bâle, 1575) ont emprunté explication et représentation.

(124) Durm, Handb. d. Arch , Darmstadt, 1885, II», p. 39 sq.

(125) Vitr., VII, 1, §6, p. 164, 23: pavimentum e tessera grandi circiter binufn digitum caesa struatur fastigium habens in pedes
denos digitos binos, etc.

(126) Dans la discussion sur le système de numération ayant pour base le nombre 6: Vitr., II, 5, § I, p. 41, 10 sqq.

(127) Rode et Marini ont fait cette conjecture par analogie avec d'autres désignations de mesures romaines, et Rose l'a adoptée.

(128) Si on devait lire simplement tertiarium, on pourrait comprendre le passage en litige de la façon suivante: le nombre fondamental
(numerus perfectus) est 6; ajoutons-y 2 (soit '/3 de 6), le tout est un èuirpiTo^ ou tertiarium. — La saillie du toit doit être dans un rapport
fixe avec le nombre (6-j-2); il faudrait entendre par là que cette saillie doit être égale au tiers qui vient s'ajouter au nombre fondamental 6.
La saillie de gouttière serait donc équivalente au r/4 de la longueur des pentes du toit.

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