Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 37a
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PLANCHES 183 et 184.

Sarcophage avec couvercle.

Trouvé en 1880, près de Vulci. Hauteur, o,m7o; longueur, 2,"1 05. Nenfro (pierre tufière).

Sur la face antérieure, en partant de gauche, on voit un homme barbu, vêtu de l'himation,
debout clans un char à antyx élevée, de la forme ordinaire des chars de guerre ou de course ;
l'homme conduit lui-même les deux chevaux. Derrière lui, à cheval, viennent deux autres hommes
barbus, vêtus de l'himation. Après le deuxième se dresse un tronc d'arbre. Vraisemblablement,
à ce cortège appartiennent aussi deux figures représentées sur la face latérale gauche: à savoir
un troisième cavalier, imberbe celui-là, et après lui une Furie ailée qui tient dans la main gauche
une torche enflammée. — De l'autre côté, venant à la rencontre du cortège (sur la face antérieure),
on voit un char attelé de deux chevaux comme le premier, mais de forme différente : il a des
roues plus hautes, la caisse est disposée pour s'y asseoir, elle est ouverte par devant et munie
par derrière d'un dossier bas. Trois femmes y sont assises l'une à côté de l'autre, vêtues du
chiton et de l'himation, parées d'un diadème. A leurs pieds, sur l'attache même du timon ou
tout auprès, est assis le conducteur de l'attelage, un jeune garçon, dont on aperçoit seulement
le haut du corps. Immédiatement derrière le char s'avance une figure, vêtue d'un chiton demi-long,
et que, d'après sa coiffure, on doit reconnaître sans doute possible pour une femme ; elle porte
un vase clans sa main gauche abaissée: c'est probablement une servante des femmes en char,
Vient ensuite le démon étrusque de la mort, Charon, reconnaissable autant à son gros maillet,
dont il tient le manche à deux mains, qu'à ses oreilles pointues de bête et à ses traits hideux.

La face latérale droite montre un Griffon en lutte avec un serpent à grande crête rouge.

L'interprétation de la scène figurée sur la face antérieure et sur la face latérale gauche
est certaine dans ses grands traits, en raison de l'analogie qu'elle offre avec de nombreux bas-
reliefs d'urnes funéraires: c'est le voyage du mort dans l'autre monde, voyage qu'il fait en char,
comme il convient à son rang, et avec une suite appropriée, sous la conduite d'un démon féminin
des Enfers. Quant aux trois femmes qui sont montées sur le second char et accompagnées de
Charon, représentent-elles des déesses des Enfers venant à la rencontre du mort(i), ou bien
est-ce des membres féminins de sa famille, près de se joindre à lui pour son dernier voyage?
Je n'ose en décider; je ne connais pas d'autre représentation pareille.

Le relief est très plat; le travail n'en est pas mauvais, si on tient compte de la nature de
la pierre, tendre et peu homogène, qui ne permet pas beaucoup de finesse dans l'exécution des
détails. 11 subsiste encore des restes importants de la coloration primitive: le fond était sombre;
les draperies et les chairs des hommes, rouges; les cheveux des femmes, jaunes; les ailes de la
Furie, bleu clair. Les rênes et le harnais des chevaux étaient sans doute indiqués uniquement
par la couleur. Sous les jambes de devant de l'attelage à gauche, un morceau du fond est
resté inachevé.

Le couvercle a la forme d'un comble à pignon. On y voit, représentée en relief, une figure
féminine ailée, dont le corps occupe la moitié antérieure du toit, tandis que les ailes recouvrent
la moitié postérieure. Elle est couchée, appuyée sur le coude gauche; le bas du corps est enve-

(1) Comme Hadès, ou son épouse Perséphoné suivie d'Hadès lui-même, dans trois amphores de fabrication étrusque provenant d'Orvieto :
Monum. deW ht., XI, pi. 4—5; Annali, 1879, p. 299 sqq. (Kôrte).

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