Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 40a
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PLANCHE 186.

Urne cinéraire avec couvercle.

Provient de la région de Chiusi (Clusium). Hauteur, sans le couvercle, o,m59; largeur, en bas, o,m8o,, en
haut, o,m825. Albâtre de Chiusi. — L'urne cinéraire proprement dite est excellemment conservée et a gardé
presque entièrement la coloration primitive; la figure du couvercle est dans un état beaucoup moins bon, et cette
différence fait douter que ce couvercle soit réellement à sa place ici.

Sur la face antérieure est représenté le double fratricide de la légende thébaine, un des
sujets favoris des fabricants d'urnes étrusques (i). Étéocle et Polynice tombent mourants tous deux,
après s'être donné l'un à l'autre le coup mortel (2). Ils portent tous deux l'armure complète. De
chaque côté est accouru un de leurs compagnons, qui soutient son chef mourant. Au milieu se
tient, dans une pose tranquille, une Furie, vêtue du costume ordinaire, avec des ailes dans les cheveux,
elle soutient de la main droite une torche allumée qui repose sur son épaule droite; sur l'avant-
bras gauche est jetée une courte draperie; la main gauche s'appuie au côté, et lindex tendu vers
en bas évoque les Enfers qui vont bientôt recevoir les âmes des mourants. Cette représentation
ressemble beaucoup, dans ses traits généraux, à celle d'une autre urne de Chiusi (3). Cependant
il y a ici un élément nouveau, jusqu'à présent unique parmi toutes les représentations si nombreuses
de ce sujet dans les urnes à reliefs: c'est à savoir les deux chevaux richement harnachés, qui arrivent
au galop vers le milieu du tableau, et dont l'avant-train apparaît au dessus et à côté des têtes des
deux héros. Cette addition, assurément déplacée si on considère le sujet même, est due sans doute
à une raison purement artistique, au désir de remplir l'espace qui restait vide en haut, des deux
côtés de la figure centrale.

Les couleurs conservées méritent un examen particulier; dans aucune autre urne il n'est
possible de reconnaître, aussi bien que dans celle-ci, comment la couleur remédiait à certaines
insuffisances ou négligences de l'exécution plastique. Maints détails n'étaient rendus que par la
peinture seule: par exemple, les épées des deux frères, la bride du cheval de droite. Les couleurs
employées, qui se sont conservées entièrement ou qui ont du moins laissé des traces certaines, sont
les suivantes: bleu et bleu verdâtre (chiton et manches de la Furie, ses ailes; chitons, casques et
épées des deux frères; casque, chiton, manches et pantalons du guerrier de gauche (4); chlamyde
du guerrier de droite); rouge clair, vermillon (flamme de la torche, bandes croisées sur la poitrine
de la Furie, chiton du guerrier de droite, bride du cheval de droite); rouge foncé, pourpre (intérieur
du bouclier du frère de gauche); jaune (boutons du harnais du cheval de droite); brun (hampe
de la torche); couleur foncée indéterminée (rebord supérieur des bottes des deux frères; yeux
et sabots des chevaux).

Le relief est beaucoup plus plat que d'ordinaire; l'exécution manque de finesse; on est
frappé surtout par les proportions fautives de toutes les figures.

(1) Cf. G. Kiirte, / ril. d. urne etr., II, chap. IX, p. 27 — 56 et 262 — 264.

(2) Ibid, groupe Illa, p. 41—43.

(3) Ibid, pi. XIII, 2.

(4) On distingue nettement les plis de ces pantalons; il n'y a donc pas dte doute sur l'existence de cette pièce de costume, qui est
tout à fait extraordinaire ici, et qui ne se rencontre, sur les reliefs des urnes étrusques, que chez les Barbares, Perses ou Gaulois.
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