Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 42a
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PLANCHE 187.

Urne cinéraire avec couvercle.

Trouvée en ï841 à Chiusi (Clusium), en un lieu dit « Le Cardetelle », suivant l'indication, évidemment digne
de foi, de Braun et de Micali (cf. ci-dessous). Hauteur, avec la figure du couvercle, i,m 14; longueur, o,m85. Albâtre
de Chiusi. — Le bord inférieur de l'urne proprement dite a eu à souffrir de l'eau (humidité du sol): la photographie
laisse voir clairement jusqu'à quelle hauteur. A part cela, ce monument, qui est déjà un des plus grands de son
espèce, en est aussi un des mieux conservés; il est surtout précieux par ses peintures et ses dorures, qui sont restées
ntactes à un degré rare.

Au milieu de la représentation en relief qui orne la face antérieure, on voit une figure
féminine assise sur un autel et se retournant vers la droite. Elle porte l'ordinaire costume des
démons: vêtement court, serré aux hanches par une ceinture et laissant à nu le haut du corps;
deux bandes croisées sur la poitrine; collier; bottes. Elle tient une hache dans la main gauche.
Elle tourne la tête vers un adolescent, nu et couronné, qui est debout près d'elle; elle lui allonge
le bras droit sur la nuque, tandis que l'adolescent pose sa main droite sur la poitrine du démon.
A côté de l'autel, au premier plan, un deuxième adolescent est assis sur le sol; il tient sa main
droite devant son visage, dans un geste de crainte ou de tristesse. A droite du groupe central,
à l'arrière-plan, on voit une femme assise, vêtue du chiton et de l'himation, les cheveux ceints
d'une couronne; elle tient la tête baissée un peu et ses deux mains croisées sur ses genoux.
Enfin, aux deux extrémités du tableau, il y a un homme tourné vers le milieu de la scène, avec
un arc tendu, tirant ou prêt à tirer. L'homme de droite est barbu; il est coiffé du pi/os; il est
nu, à part un léger manteau jeté sur le bras gauche et dont les pointes flottent au vent. Le
personnage qui lui correspond à gauche est un jeune guerrier, coiffé d'un casque en forme de
bonnet phrygien; son costume ressemble à celui de la figure féminine assise au milieu, mais il
n'a pas les bandes croisées sur la poitrine et n'a pas de bijoux, si ce n'est un bracelet au dessus
du coude droit et un au poignet droit; il porte sur le bras gauche un petit manteau, qu'on
aperçoit flottant au vent derrière son épaule.

Considérée isolément, cette représentation est incompréhensible. Les deux figures princi-
pales au milieu, qui se comportent entre elles comme un couple d'amoureux, ne paraissent tenir
nul compte de l'attaque dirigée de leur côté par les deux archers, cependant que l'adolescent
assis par terre semble en proie à la crainte et que la femme à l'arrière-plan, à droite, semble
avoir pour le moins quelque raison d'être pensive. On est conduit inévitablement à la conclusion,
qu'on a affaire ici à telle ou telle partie d'une représentation plus développée, a quoi se trouvent
jointes d'autres figures provenant d'une seconde composition toute différente. De fait, l'archer
qui porte le pi/os, cette coiffure caractéristique d'Ulysse, se retrouve dans une série de reliefs
d'urnes cinéraires représentant le Massacre des prétendants (1). En nous souvenant de ce dernier
sujet, nous expliquerons aisément plusieurs des personnages présents : nous reconnaissons déjà
Ulysse et son fils Télémaque; le jeune homme assis par terre dans une attitude de crainte s'in-
terprète très bien comme étant un des prétendants, et pareillement on retrouve, dans la femme
assise à l'arrière-plan, une des servantes infidèles qui avaient passé au parti des prétendants.
Il est vrai que ce Télémaque, tel qu'il s'offre ici, ne peut pas provenir d'une représentation

(1) Cf. Brunn, / ri/, d. unie etr., I, pi. XCVI—XCVIII.

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