Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 44a
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PLANCHES 188 et 189.

Ciste de Préneste.

Hauteur, o,m54; diamètre, o,m 36. Provient probablement de Palestrina (Préneste); on n'a pas de
renseignements exacts sur les circonstances de la découverte.

Les récipients, cle forme cylindrique, plus rarement de forme ovale (1), que l'archéologie
moderne désigne par ce nom de ciste (lequel est de pure convention et n'est confirmé par aucun
témoignage antique), servaient à contenir toute sorte d'objets de toilette; ils proviennent en très
grande majorité des tombeaux de Préneste. Notre ciste appartient à un groupe un peu plus ancien
que la plupart des autres, groupe qui offre les caractères suivants: le corps du récipient est en
bois, et il porte, en haut et en bas seulement, un revêtement fait d'une mince feuille de bronze
comme celle qui constitue aussi le couvercle. Un second exemplaire, trouvé peut-être en même
temps que le nôtre (2), montre les restes d'un treillis de bronze qui reliait ensemble les deux
revêtements du haut et du bas. Pour notre exemplaire, on ne peut savoir comment était recouverte
la partie centrale : peut-être avec une bande de cuir. En tout cas, il s'y trouvait fixés, comme
d'habitude, des petits disques en bronze à bélière, réunis entre eux de deux en deux par des
chaînettes. Toutes les cistes sont montées sur trois pieds, qui ont d'ordinaire la forme de griffes
de lion et sont rattachés au corps du récipient par une applique en relief; toutes également ont
une poignée au dessus du couvercle, composée d'une ou plusieurs figurines. Dans les cistes qui
sont entièrement en bronze, le récipient cylindrique et le couvercle sont d'habitude ornés de dessins
gravés à la pointe; dans celles de notre groupe, ce décor n'existe que sur le couvercle (3).

L'applique qui sert à fixer les pieds de la ciste au corps cylindrique a ici la forme d'une
figure de jeune garçon ailé (Éros), lequel porte sur ses épaules une draperie légère dont les
deux pans viennent s'enrouler autour de ses bras (4).

La poignée du couvercle est formée par un groupe de deux jeunes hommes nus, soutenant
le cadavre d'un troisième jeune homme, également nu. La plinthe qui porte ce groupe est fixée
au couvercle par des rivets, dont on peut voir les trous d'insertion sur notre planche 189. Au
milieu de ladite plinthe est attaché un anneau, ce qui est le cas encore pour d'autres cistes.
Notons enfin qu'un morceau rectangulaire a été découpé dans la partie du couvercle que la plinthe
recouvrait.

Les dessins gravés à la pointe sur le couvercle sont répartis dans des zones concentriques,
de largeur variable: sur le bord, un ornement double fait de palmettes et de fleurs de lotus;
puis une bande unie; puis la zone la plus large, remplie de figures; enfin une bande étroite,
décorée de simples enroulements, qui limite l'étroit cercle central, tout uni. L'artiste a pris ici
une précaution qui a été négligée ailleurs, même dans des exemplaires d'un haut mérite artistique;
il a tenu compte, dans sa représentation figurée, de la présence de la plinthe qui porte le groupe
servant de poignée: aux deux endroits où cette plinthe déborde sur la zone des figures, il a

(1) Cf. l'excellent exposé de A Mau: Pauly-Wissowa, Realencyclop., t. III, article Cista.

(2) Cf. Monumenti dell' ht'., Suppl., pi. XIII.

(3) D'après les observations faites avec compétence par Schumacher {E. prœnest. Ciste, p. 22 sqq.), les ornements de la ciste de Carls-
ruhe auraient été plutôt taillés à coups de ciseau, puis polis à la pierre ponce. Je ne sais si c'est le même cas pour d'autres cistes encore.

(4) On rencontre assez fréquemment des figures pareilles, mais dans une pose un peu différente et avec des formes plus enfantines.

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