Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 61a
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PLANCHES 204—207.

Cercueil de Momie Égyptien.

Longueur 1, m 65 ; hauteur o, m45. Bois. Acheté en Egypte. Travail un peu négligé. Conservation bonne.

Le cercueil se compose d'une cuve, qui affecte la forme d'une boîte arrondie du côté de la tête,
et d'un couvercle assez plat qui imite la forme du devant d'une momie embaumée; le visage seulement
est, comme toujours, celui d'un vivant et non pas celui d'un mort. La cuve est suffisamment grande
pour renfermer un corps momifié, entouré d'une enveloppe faite de plusieurs couches de linges recouvertes
de plâtre et appelée de nos jours ordinairement un cartonnage. Le cercueil est actuellement vide.

On a peint sur le bois nu du cercueil divers ornements et des légendes hiéroglyphiques.
Une ligne d'inscription qui fait le tour de la cuve nous apprend que le cercueil a été destiné à
la momie d'une égyptienne dont le nom assez long doit se lire: Ta-pu-khrol-n-khâa-sutn-Hor.

Le cercueil se compose de plusieurs morceaux de bois réunis par des chevilles, ce qui a
commencé à devenir fréquent en Egypte à partir du IXe siècle, le pays ayant commencé depuis
cette époque à être déboisé.

Sur le couvercle, la tête de la défunte est ornée d'une coiffure dont les deux extrémités
retombent sur la poitrine, des deux côtés du cou. La coiffure a été peinte de diverses couleurs
dont la conservation est assez mauvaise. On peut découvrir aussi des traces de couleurs sur la face
du couvercle. On a peint sur la tête une espèce de couronne ou bandeau composé de feuilles,
sur la poitrine un grand collier de plusieurs rangs, et enfin au-dessous du collier, la figure de
la déesse du Ciel Nout ou Nouit. La déesse étend ses grandes ailes comme pour protéger son
fils Osiris dont le corps repose dans le cercueil; tout défunt enseveli selon les règles et d'après les
prescriptions des rituels, se transforme en Osiris. La déesse tient dans ses mains la plume d'autruche,
le symbole de la vérité. Les deux ailes sont surmontées de l'œil sacré ^^ (en égyptien udja).

Le reste du couvercle est occupé par une série de tableaux superposés: d'abord Osiris
en marche, adoré d'un côté par les dieux Horos et Anubis et, de l'autre côté, par les déesses
Isis et Nephthys. Vient ensuite une cérémonie très importante: la purification de la défunte par les
dieux Horos et Thot, assistés par autres divinités. Enfin, au dessous, se voit la figure d'un faucon ou
épervier accroupi, flanqué de divers génies en gaine.

La cuve est ornée sur les côtés de deux rangées de figures divines, comme on en rencontre
quelquefois sur les cercueils égyptiens à partir du IXe ou VIIIe siècle avant notre ère. On en voit
par exemple dans les musées du Caire, d'Alexandrie, de Londres, de Bâle, etc.

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ÈJŒMÉM.

Dessin de Madame Ingeborg Molesworth-Saint-Aubyn, née Muller

Le deux bandes sur lesquelles on a peint ces figures et symboles sont séparées par la ligne
hiéroglyphique qui se termine par le nom du défunt. Cette ligne contient en outre une formule
répétée mille et mille fois sur les monuments funéraires égyptiens, destinée à procurer au mort la
protection divine et à lui faire fournir tout ce dont il aurait besoin dans son existence d'outre-tombe.

Le cercueil pourrait remonter au VIIIe siècle avant notre ère, mais il date plutôt d'un des
siècles suivants.

Catalogue (1899): A. 172.
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