Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 77a
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PLANCHE 214.

Buste d'Homme gréco-égyptien.

Hauteur 0,m 38; longueur 0,m 43. Plâtre. Provenance: Egypte; localité inconnue. Acheté au Caire en 1892.
Conservation bonne. Très-joli travail.

L'homme est figuré couché sur le dos, mais la tête et le cou sont dressés perpendiculairement.
C'est évidemment le portrait d'un jeune Egyptien de l'époque gréco-romaine, probablement aux
environs du début de notre ère ou un peu plus tard. Les chairs du visage sont peintes à l'imi-
tation de la peau; la barbe, les moustaches et les cheveux qui sont également courts, sont peints en noir.
Les yeux sont incrustés, ils ont été faits avec une plaquette de talc, sur la surface de laquelle les
prunelles de l'œil sont peintes en noir. Ce procédé donne au regard l'éclat et la vivacité de la vie.

Au-dessous du cou apparaît la partie supérieure d'une tunique, recouverte d'un manteau ou
espèce de draperie de couleur blanche qui cache elle-même une partie du cou. L'image d'une
momie barbue à tête relevée a été peinte sur le dos de la draperie. On y observe, sur la figure,
un ornement qui paraît être une imitation de lettres grecques. Le côté droit de la draperie est de
plus orné de la Svastica ou croix gammée ,—— symbole de la plus haute divinité. Ce signe qu'on
rencontre en Asie méridionale depuis l'antiquité la plus reculée, était inconnu en Egypte avant
l'époque romaine.

Sur la poitrine, les mains de l'homme ont été figurées en relief; le doigt annulaire porte un anneau.

Le buste est comme tous ceux qui suivent, sans aucun doute, l'œuvre d'artistes gréco-
romains, résidant en Egypte pendant la domination des derniers Lagides ou des premiers Empereurs.
Le style est grec et non pas égyptien. Les personnages figurés ne paraissent pas avoir été des Égyptiens
de race pure; ce sont des descendants d'étrangers immigrés en Egypte. Mais, d'un autre côté, il
est clair que les personnages, dont ces bustes nous fournissent les portraits, ont suivi les rites
égyptiens, du moins jusqu'à un certain degré.

Le travail a été évidemment exécuté par des ouvriers très-expérimentés; chaque buste paraît
avoir été fabriqué en plusieurs pièces: La face est d'un seul morceau et l'expression est ordi-
nairement telle qu'on la dirait provenant d'un moulage pris aussitôt après décès; la barbe, les
moustaches, les cheveux, ainsi que les oreilles et le cou ont été appliqués après coup. Ensuite tout
a été peint de diverses couleurs qui se sont souvent conservées à merveille.

Ces bustes greco-égyptiens étaient entièrement inconnus il y a trente ans. Les premiers,
dont on eut connaissance dans le monde savant, furent acquis en 1882 par le Musée de Leide.
Pendant dix ans aucun nouveau spécimen ne fut signalé. Mais en 1892 au printemps quelques-uns
furent découverts et mis en vente au Caire. M. Bouriant en acquit quatre pour le Louvre. Ils
ont été étudiés par M. Maspéro. La Glyptothèque de Copenhague en reçut une dizaine, et bientôt
après d'autres exemplaires apparurent dans divers musées. Au dire des Arabes ces bustes pro-
venaient de la Grande Oasis, et de récentes observations du professeur Steindorff (1) paraissent
confirmer la vérité de cette relation. Cependant, depuis ce temps, il a été constaté par diverses
fouilles, que des bustes ou masques de ce genre se rencontrent également dans différentes nécro-
poles de l'Egypte centrale, à Aschmounaïm, l'Hermopolis des Grecs, à Schekh-Sadé (Antinoë) etc.
Ces bustes couvraient les têtes de momies et de squelettes ensevelis dans des caveaux funéraires
et déposés quelquefois dans des caisses simples en bois. D'après les fouilles de MM. Grenfell et
Hunt dans le Fayoum, les bustes de ce genre paraissent devoir être pour la plupart datés du
IIe ou du 1er siècle avant jusqu-au 1er siècle après notre ère.

Catalogue (1899): A. 481.

(1) G. Steindorff, Reisen tiac/i der Oase Siwe i/niï nach Nubien dans les Berichte Hier die Verhandlungen der K. Sachsischen Gesell-
schaft der Wisscnschaften, vol. LII, p. 224 (Leipzig 1900).

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