Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 83a
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PLANCHE 220.

Stèle Phénicienne.

Hauteur: i,m 81; largeur: en bas o,m 60 et en haut o,m 53. Calcaire. Provenance: Phénicie; découverte
probablement dans la localité appelée Oumni-el-Aouâmid ou plus exactement Oumm-el-Amcd, entre Tyr et Saint-
Jean-d'Acre. Conservation presque parfaite; la stèle avait été brisée en plusieurs morceaux, soit accidentalement,
soit intentionnellement, en vue d'en faciliter le transport et l'exportation; mais à l'arrivée à la Glypothèque aucun
fragment ne manquait, de sorte que la stèle a pu être restituée dans son intégrité primitive. Acquise en 1902.

La stèle longue et étroite, est carrée à la base, arrondie au sommet ou plus exactement
terminée en haut, par un angle obtus à côtés arrondis. Les deux montants ne sont pas parallèles;
ils tendent plutôt à converger de bas en haut, disposition assez fréquente dans ce genre de monuments
phéniciens.

La stèle, avec sa figure intéressante et son inscription phénicienne, a été étudiée à fond par
M. Ch. Clermont-Ganneau, membre de l'Institut de France, dans un savant mémoire (1), auquel nous
empruntons les éléments de la description qu'on va lire.

La face antérieure, dans presque toute sa hauteur présente un renfoncement d'environ un
centimètre avec réserve, sur les côtés, d'un étroit rebord faisant cadre et, à la partie inférieure
d'un champ plus large formant plate-bande.

On voit, tout en haut de la stèle, sculpté en bas-relief (saillie o,m 02) le disque solaire ailé,
de style égyptien, flanqué des deux urseus ou vipères sacrées, symboles de la divinité. Les ailes du
disque avec leurs deux rangs de pennes imbriquées épousent le contour arrondi du sommet et
retombent 'légèrement, planant au-dessus du sujet principal qui est également sculpté en bas-relief
(saillies variant de o,m 03 à o,m 05) et dont voici la description:

« Un personnage viril, imberbe, en pied, la tête de profil à droite, le buste presque de
trois quarts, vêtue d'une longue tunique, à larges plis, qui serrée à la taille par une ceinture invisible,
tombe jusqu'à ses pieds nus. La main droite ouverte est tendue en avant à peu près à la hauteur
du menton dans le geste traditionel de l'adoration. »

Plus bas, la main gauche soutient une espèce de cuillère égyptienne, terminée du côté du
manche par une figurine couchée sur le ventre et tenant, entre ses mains tendues en avant, un
petit bassin. Cette figurine paraît affecter la forme d'une jeune nageuse, la tête coiffée d'une
perruque surmontée du disque ou de la couronne royale de l'Egypte.

Le personnage figuré sur la stèle est coiffé d'une calotte à peu près cylindrique, de hauteur
moyenne, rejetée en arrière et rappelant, d'une manière frappante, celle qu'on voit souvent sur la
tête des bustes funéraires palmyréens, et dont on voit dans la Glyptothèque de Ny-Carlsberg plusieurs
magnifiques exemples (1).

« De dessous la calotte du personnage, derrière l'oreille, s'échappe une courte et maigre
touffe de cheveux, retombant sur le cou nu et noueux qui se dégage du col, largement échancré
de la tunique. La figure complètement rase, est celle d'un homme déjà avancé en âge; elle est
modelée dans un sentiment réaliste tout-à-fait remarquable et produit un effet saisissant. La tête,
de profil, est traitée avec une telle précision qu'elle serait presque susceptible de se prêter à de
véritables mensurations anthropométriques. »
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