L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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Egmont, peut-être même quelque chose de plus, car au moment où il allait mettre sur le papier la
neuvième symphonie, il répondait à son ami Biilher, qui lui demandait un oratorio pour Boston,
qu'avant de songer à de nouvelles entreprises, il avait à réaliser des projets depuis longtemps
caressés, et notamment « ce qu'il considérait comme le sommet le plus élevé de l'art, le Faust (Marx.
t. Il, p. 2641. » Il y a donc, en puisant dans le Faust, tout au moins des chances de tomber sur des
pensées cpii avaient fécondé l'esprit de Beethoven, sur des équivalents de quelques-unes des idées
fondamentales de la neuvième symphonie.

Beethoven n'a pas pu aborder le Faust, mais créateur de la neuvième symphonie, on peut dire
qu'il a atteint lui aussi les sommets les plus élevés de l'art.

Charles Vtmenal.

NOTRE BIBLIOTHEQUE

[.

GAZETTE DF.S BEAUX-ARTS, Courrier européen de l'Art
et de lu Curiosité. 1859-1875. Paris, 3, rue Laffitte.

■Fondée en 1859 par MM. Edouard Houssaye et Charles
Blanc, continuée pendant plus de dix ans, — jusqu'en 1872, —
avec le plus éclatant succès par le dévoué et sympathique M. Emile
Galichon, qui ne recula devant aucun sacrifice pour déve-
lopper l'excellente publication dont il avait acquis la propriété, la
Gajette des Beaux-Arts vient d'entrer dans sa dix-septième année
et voit sa prospéricé et son influence grandir sans cesse sous
l'habile direction de M. René Ménard.

Les fondateurs de l'Art considèrent comme un devoir de
rendre un public hommage à cette œuvre d'élite, dont l'initiative
hardie a été et ne cesse d'être féconde en si brillants résultats;
c'est à elle seule qu'est due la renaissance de l'eau-forte, cet art
d'une saveur exquise, que l'on délaissait depuis trop longtemps.
Sans l'exemple de la Ga\ette. sans la haute position qu'elle a su
conquérir, jamais la fondation d'un recueil artistique hebdoma-
daire n'eût été possible. En saluant avec respect notre éminente
devancière, nous ne faisons qu'acquitter une dette de reconnais-
sance, qui nous est commune avec tous ceux que passionnent les
questions d'art.

Henri Perriïr.

II.

LES COLLECTIONNEURS DK L'ANCIENNE ROME, notes d'un
amateur. 1 vol. in-18 de 128 pages, imprimé par A. Pillet fils aîné,
pour Auguste Aubry, libraire à Paris. 1867. — Tiré à 600 exem-
plaires numérotés. ■

LES COLLECTIONNEURS DE L'ANCIENNE FRANCE, notes
d'un amateur, par Edmond Bonnafké. i vol. in-18 de 122 pages,
imprimé par Aug. Herissey, pour Aug Aubry, libraire à Paris.
1873. — Tiré à 606 exemplaires.

Les collectionneurs modernes s'inquiètent peu en général de
leurs ancêtres. Ils en ont cependant, et des plus illustres. Chez
les Romains en particulier, à la fin de la République, le goût de
la curiosité fut poussé à un point qu'on ne soupçonne guère.
Yerrés, Sylla, Lucullus, Pollion, Salluste, Pompée, César,
Antoine, Octave, Sénèque étaient des curieux dans le sens le plus
complet du mot. On ne peut pas dire, il est vrai, que le goût des
arts ait eu sur leurs mœurs l'influence adoucissante qu'on lui
attribue volontiers. La plupart ne craignaient guère d'employer
les moyens violents pour augmenter et enrichir leurs collections.
Ce qu'ils ne pouvaient obtenir à l'amiable, ils le prenaient de

1 force; plus d'un propriétaire imprudent paya de sa tête son
entêtement à garder les objets que désiraient de puissants amateurs.
On tuait l'homme pour avoir la chose, ce qui prouve d'autant
mieux la passion des collectionneurs de ce temps.

Nous n'avons plus aujourd'hui de ces fanatismes. Nous croyons
aimer les arts, mais en toutes choses nous avons dégénéré. Le
plus farouche collectionneur de nos jours hésiterait, j'en suis sûr,

j à assassiner son voisin, dût-il en être récompensé par la posses-
sion de l'objet le plus rare. Les grands collectionneurs romains
n'avaient pas, eux, de ces faiblesses. La passion de l'art passait

1 avant tout, et ils n'étaient pas hommes à sacrifier à de vains
scrupules l'intérêt de leurs collections.

Il faut lire dans le livre de M. Bonnaffé toute cette histoire.
Elle commence à Verrès, qui dépouille les temples et les palais

! de la Sicile et qui met à mort les amateurs entêtés qui refusent

I de se laisser dépouiller; elle se continue par Antoine, qui à son
tour proscrit Verrès, pour s'emparer de ses bronzes, le sénateur
Nonius pour une belle opale, Varron pour sa bibliothèque; qui,
après Pharsalc, s'adjuge la maison, le mobilier et les jardins de
Pompée, et, après la mort de César, fait simplement enlever et
transporter dans ses propres jardins tous les ouvrages d'art que
César avait légués au peuple. Elle se termine par les grotesques
pataquès et par la vanité bouffonne du lourd et riche Trimalcion,
qui, pour être plus sûr de posséder des Corinthes authentiques,
les fait fabriquer sous ses yeux par un esclave qu'il appelle
Corinthe, et qui raconte doctement comment, à la prise de Troie,
Annibal fit jeter sur un bûcher toutes les statues d'or, d'argent
et d'airain, tout exprés pour produire par la fusion un métal qui
plus tard fît la joie des amateurs éclairés et délicats comme Tri-
malcion.

L'histoire des Collectionneurs de l'ancienne France, aussi
amusante, est moins dramatique. Le sujet ne s'y prêtait pas, et il
ne faut pas trop nous en plaindre, puisque cette différence tient à
un changement dans les mœurs qu'il est difficile de ne pas con-
sidérer comme un progrès.

Les seigneurs guerroyants de l'époque féodale ne songeaient
guère à collectionner autre chose que les terres et les écus du
prochain, sans quoi il est bien probable qu'ils n'auraient pas été
plus gênés par leurs scrupules que les Verrès et les Marc Antoine.
Le goût de la curiosité ne reparaît qu'au xv" siècle avec les
Médicis qui entraînent par leur exemple les Guidobalde, les Délia
Rovere, les Sforze, les Farnèze, les Gonzague, etc.

Il se montre en France à peu près à la même époque. C'est le
temps de la Renaissance française. Bientôt George d'Amboise
fait bâtir le château de Gaillon pour y loger ses collections ;
Thomas Bohicr fait construire Chenonceaux, l'hôtel d'Alluye, le
château de Nantouillet, Varangeville, Oiron, l'hôtel d'Amboise à
Blois, celui de Jean Bernui à Toulouse. Celui de Bourgtheroulde
i à Rouen, le château de Sarcus, Chambord et la plupart des
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