L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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Ce qui n'cmpôche pas d'ailleurs qu'il n'y ait entre ces peintures de très-grandes différences quant
à la valeur artistique et aux qualités d'exécution. S'il n'y en a guère qui puissent être considérées
comme des diefs-d'œuvre,<la]jplupart]nous montrent cependant ce qu'il y avait encore de goût délicat,

d'élégante simplicité, de variété inépuisable
dans un art dont Pline, qui connaissait les
monuments antérieurs, déplorait déjà la dé-
cadence.

Ces qualités se remarquent moins dans
les compositions mythologiques, presque
toujours inférieures par l'exécution aux bas-
reliefs antiques les plus ordinaires, que dans
les peintures d'un caractère plus spéciale-
ment décoratif et ornemental, par exemple
dans ces gracieuses figures s'enlevant sur
des fonds de couleurs éclatantes, danseuses
et ménades, enfants ailés, néréides, satyres,
centaures et centauresses, sphinx, griffons
et chevaux marins. Toutes ces charmantes
fantaisies nous paraissent banales aujour-
d'hui parce que nous les voyons reproduites
à satiété dans la décoration de nos cafés et
de nos théâtres, dans nos étoffes, dans nos
meubles, dans nos papiers peints; mais ces
abus d'imitation, qui n'accusent que notre
impuissance à créer des formes nouvelles, ne
doit pas nous rendre injustes pour les fé-
condes inventions de l'art grec, pas plus
qne les pastiches de l'Hippodrome et du
café Turc ne nous autorisent à dédaigner
l'Alhambra. 11 ne faut pas oublier que toute
l'ornementation de la Renaissance, y com-
pris les loges du Vatican, procède directe-
ment de la peinture antique, dont on avait
à Rome de nombreux échantillons, tout à
fait analogues à ceux qui ont été découverts
depuis à Pompéi et à Herculanum.

Vitruve, dans le VIIe livre de son Traite
d'architecture, condamne sévèrement ce sys-
tème de peinture décorative qui, à ce qu'il
dit, était nouveau de son temps. Il trouve
absurde de représenter des êtres qui n'exis-
tent pas et ne peuvent exister, des mons-
tres dans lesquels les formes humaines sont
associées à celles des animaux et même à
des formes végétales; il condamne, toujours
artémi», marbre (Mutée nationalde Napia.) au nom bon goût, ces délicieuses ara-

besques où des animaux fantastiques sortent
d'une corolle de fleur ou grimpent sur des feuilles légères et des tiges enroulées ; il ne comprend
pas qu'on se permette de peindre sur les murs des édifices contraires aux règles, avec des colonnes
fines et élancées comme des roseaux, incapables de supporter une architrave. On doit se féliciter
que la Renaissance n'ait pas cru devoir se soumettre, dans cette occasion, à l'autorité d'un si

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