L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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58 L'ART.

pour être plus sûr de l'éviter, s'égare à travers des sentiers coquets, à la recherche de l'élégance, de
l'analyse subtile et de la préciosité quintessenciée.

Balzac, dit encore M. Taine, « voulait faire l'inventaire des mœurs1 ». Gavarni ne fait pas
d'inventaire. 11 est trop peintre pour être notaire. Bien que feu Clichy lui ait inspiré une de ses plus
charmantes séries d'études, et bien qu'il fût, par boutade sans doute, partisan de la contrainte par

Un des derniers croquis de Gavarni.

corps et de l'emprisonnement pour dettes2, Gavarni n'était pas assez fanatique de l'institution pour
marcher sur les brisées des huissiers.

Balzac et Gavarni, deux grands peintres des mœurs contemporaines, deux grands observateurs;
voilà la ressemblance, comme dit la chanson. Mais l'observation de Balzac est un mélange de réalités
prises sur le vif par un photographe, et d'extravagances rêvées et exagérées par une imagination
violente et sensuelle ; l'observation de Gavarni est cueillie par l'art et raffinée par le dandysme. Voilà
la différence.

Un tempérament moins plantureux, un esprit moins puissant, une gaieté moins verbeuse; mais,
en revanche, pas de ces lourdeurs qui écrasent parfois et font rater les plaisanteries de Balzac, pas de

1. H. Taine, article sur Balzac, p. 82.

2. Voir, dans le livre de MM. de Concourt, la note au bas de la page 319.
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