L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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XIII.

NOTICE des tableaux appartenant à la collection du Louvre expos,'s
dans les salles du palais de Compiègne. Brochure in-18 de 79 pages.
Paris, Charles de Mourgues frères, imprimeurs des Mutées Natio-
naux, 58, rue Jean-Jacques-Rousseau, 1874.

Une letcre de M. le vicomte Both de Tauzia sert en quel-
que sorte de préface à cette Notice, et explique que plusieurs
salles du Palais de Compiègne ont été 1 appropriées pour rece-
voir une collection de tableaux et constituer ainsi un musée ».

Créer un nouveau musée national et en faire paraître, dès
son inauguration, le catalogue, c'est un de ces miracles auxquels
les conservateurs d'un trop grand nombre de nos collections
publiques ne nous ont point habitués. Il est fâcheux que cette
louable ponctualité, qui n'est que l'accomplissement d'un devoir
presque constamment négligé, soit en quelque sorte l'unique
mérite de cet essai de décentralisation. Le Musée de Compiègne,
puisque musée il y a, est de la plus insigne pauvreté. Il y a là
un tableau provenant du château de Marly, deux de la manufac-
ture des Gobelins, quatre du château de Vincennes, autant de
Trianon, dix du musée du Luxembourg, vingt-cinq de la galerie
du Louvre— puissent-ils n'y être jamais réintégrés! —et qua-
rante-six du château de Saint-Cloud.

Ce qu'il y a de plus intéressant, c'est la suite des toiles de
Charles-Antoine Coypel, exécutées en tapisserie aux Gobelins
pour la tenture dite de Don Quichotte en vingt et une pièces, et

les peintures de Natoire retraçant également les exploits du héros
de Cervantes et que la manufacture de Beauvais reproduisit en
six panneaux pour le fermier général Du Fort. Ces tableaux
permettent d'apprécier à quel point l'interprétation des Gobelins
et de Beauvais est supérieure sous tous les] rapports aux modèles
des deux académiciens.

La Notice du Musée de Compiègne est rédigée avec beau-
coup de soins ; il faut cependant lui reprocher de maintenir
quelques illustres attributions qui sont plus que suspectes.
Jamais Rubens, par exemple, n'a donné un coup de pinceau au
Portrait d'un jeune homme, acquis en 1816 par Louis XVIII,
pour 800 fr., de M. Marcoz.

On trouvera relégué à Compiègne le don économique qu'a-
vait fait au Louvre, en 1852, M. le comte de Morny; il s'agit
d'une médiocrissime peinture, — David et Bethsabée, — de
Jean Massys, le fds dégénéré du grand Quentin. Ce Jean con-
fectionnait à la douzaine des Bethsabée et des Sujanne au bain:
il en traîne un peu partout.

Compiègne fort heureusement possède de très-brillantes
compensations à ce musée d'aventure : le Musée Cambodgien, le
Musée Vivenel, tous deux du plus haut intérêt, les splendeurs de
la forêt qui sont de celles dont on ne se lasse jamais, et de
Compiègne à Pierrefonds il n'y a pas bien loin; quel est le
touriste, amateur sérieux des merveilles du passé, qui renonce-
rait à aller admirer la prodigieuse restitution de M. Viollet-le-
Duc?

JuLts Raymond.

CHRONIQUE DE L'HOTEL DROUOT

La vente d'une intéressante collection de province, celle de
feu M. Edwin-Cliff de Saint-Quentin, aura lieu le 18 janvier, et
constituera par son mérite , tableaux et objets d'art, la vraie entrée
de saison; quelques jours après, le 25 et le 26, les amateurs
seront conviés à la dispersion des tableaux du marquis de Sala-
manca; le catalogue qui vient de paraître est précédé d'une excel-
lente notice due à la plume élégante de M. Yriarte. Outre de
beaux tableaux de l'école espagnole, surtout de Coello, de Ribera
et de Murillo, outre de très-importantes toiles décoratives, les
curieux feront connaissance, très-enviable connaissance, avec un
maître bien peu connu, Mattis Muller, et cependant ses vastes
natures mortes sont d'un peintre de grand mérite.

— La vente des tableaux, dessins, tapisseries, mobilier ancien
et objets d'art appartenant à M. le prince Paul Galitzin aura
lieu les 10 et 11 mars. (Experts : MM. Charles Mannheim et
Eugène Féral), par les soins de M' Charles Pillet; parmi les
belles toiles du prince Galitzin figurent d'excellents portraits de
l'école hollandaise et de beaux tableaux anglais et flamands. Nous
avons obtenu de faire reproduire pour YArt les Portraits de
Al. et Al"" Vrydags van Vollenhoven par Jan van Ravesteyn, et
un Frans Snyders de tout premier ordre; M. Gustave Greux
nous grave ce dernier; quant aux portraits, nous en avons chargé
M. Charles "Waltner.

NOS EAUX-FORTES

M. Auguste Louvricr de Lajolais a bien voulu confier à Y Art
la publication d'une de ses eaux-fortes: Saint-Germain-sur-Morin ;
nous espérons qu'il nous permettra d'offrir plus d'une fois
pareille bonne fortune à nos abonnés.

La Vierge et l'Enfant Jésus est la partie centrale d'un
superbe triptyque de Defendente deFerraride la Pinacothèque de
Turin, un des plus remarquables musées de l'Europe et qui est
loin cependant d'être apprécié comme il mérite de l'être. C'est
M. Charles Waltner qui a gravé pour l'Art l'œuvre de Defen-
dente de Ferrari.

Nous sommes heureux de pouvoir annoncer à nos lecteurs
que S. M. Léopold II, Roi des Belges, a daigné nous autoriser
à graver les œuvres capitales de sa galerie du Palais de
Bruxelles; M. Charles Tardieu étudiera la collection royale et
ses articles seront accompagnés de planches de nos premiers-aqua-
fortistes, d'après les tableaux suivants : Portrait de Duquesnoy,
par Antoine Van Dyck; Lions, par Rubens; Sainte Thérèse
implorant le Christ en faveur des âmes du Purgatoire, par Rubens,
le célèbre Paysage d'Hobbema, les deux merveilleux Frans Hais,
Saint Sébastien, par Eugène Delacroix, etc., etc.

M"* la baronne Nathaniel de Rothschild et M. Jules Van
Praet, dont la collection de modernes est si justement renommée,
ont bien voulu nous faire le même honneur que S. M. le Roi des
Belges.

Nous faisons graver de la collection de Mme N. de Roths-
child :

Le Portrait de Alme Geoffrin, par Chardin; celui de Lépicié,
d'après lui-même; un Portrait d'homme, d'après Frans Hais; la
Jeune Fille à la rose, de Goya; Arabes en voyage, d'Eugène Dela-
croix ; le Curé, le célèbre paysage automnal de Théodore Rous-
seau ; Environs de Fontainebleau, de Diaz ; le Passage du gué, de
Troyon; etc., etc.

De la collection de M. Van Praet :

Le Christ insulté par les soldats, de Decamps; le Frondeur.
de Decamps ; le Christ endormi sur les Mots et la Résurrection de
La\are, d'Eugène Delacroix; le Portrait de Bartolini, de M. In-
gres; la Barricade, l'Homme à l'épée et le Liseur, de Meissonier;
la Vanne, de Jules Dupré; Soleil couchant et l'Allée de l'Isle-
Adam, de Théodore Rousseau, et Bonington, et Troyon, et Gus-
tave Ricard, et Géricault, etc.

L'Administraltur-Gérant, HIPPOLYTE HEYMANN.
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