L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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LA

GRAVURE EN MÉDAILLES

sous

LA RENAISSANCE FRANÇAISE1

(suite.)

L'idée de faire une médaille pour consacrer l'expression d'une croyance religieuse, le souvenir
d'un événement glorieux, ou l'image d'un personnage éminent, se confondait autrefois avec le besoin
des populations d'avoir une monnaie ayant un type, un poids et un titre qui en faisaient une valeur
destinée à circuler. Ce n'est que par suite d'un usage établi depuis fort longtemps qu'on donne
indistinctement le nom de médailles à toutes les monnaies antiques.

I .a première manière dont on se servit du métal, comme moyen d'échange, fut de le donner
au poids. C'étaient d'abord des pièces informes et grossièrement taillées, sur lesquelles on imprima
ensuite une marque qui en indiquait le poids et la valeur. Le poids est la base et le fondement de
toute espèce de monnaie; mais l'histoire de l'art ne commence pour les monnaies qu'à partir du
moment où l'on y figura, comme signe, un emblème ou une effigie.

Les monnaies ne représentaient pas seulement pour les anciens une valeur numéraire, ils leur
attribuaient souvent une idée de vénération et en portaient quelquefois comme talisman (Millin). Ces
pièces avaient souvent été fabriquées dans les temples en présence de la déesse qui présidait à
l'ouvrage. L'image représentée était à la fois nationale et religieuse. Divers édits des empereurs
romains défendaient, sous des peines rigoureuses, la refonte des anciennes monnaies, à cause du carac-
tère sacré qu'on y attachait (Millin). Dans d'autres circonstances la pièce de monnaie servait comme
joyau; c'est pour cela qu'on en trouve tant qui sont percées sur les bords. L'usage de porter des pièces
de monnaie comme bijoux subsiste encore aujourd'hui dans tout l'Orient. Ces divers usages,
qui montrent que les monnaies antiques étaient employées autrement que comme valeur de tran-
saction, justifient la qualification de médailles qu'on leur donne ordinairement.

La monnaie étant une mesure qui sert à établir la valeur de toutes choses, a dû être connue très-
anciennement ; mais il est impossible de fixer une date à son origine. Rien dans les poèmes d'Homère
ne donne à penser que la monnaie existât de son temps. De très-anciennes traditions rapportent
que Lycurgue a substitué, à Sparte, la monnaie de fer à celle d'or et d'argent; mais ce qu'on appe-
lait monnaie à cette époque pouvait bien être du métal pesé, et rien ne prouve que ce fût du métal
monnayé. Quelques historiens ont attribué à Phidon, roi d'Argos, l'invention de la monnaie. Mais
ce sont là des questions qui intéressent beaucoup plus l'archéologie que l'art.

Une fois que l'usage fut venu de placer sur les monnaies l'image des dieux et des rois, ou la
représentation figurée d'une action héroïque destinée à rappeler un souvenir glorieux, l'art grec n'eut
besoin, pour produire des chefs-d'œuvre, que d'appliquer à la gravure en médailles les merveilleux
principes d'élégance et de simplicité dont témoignent tous les ouvrages qui nous sont parvenus de
l'antiquité. Les médailles des villes grecques sont comjxirables aux plus belles productions de
l'art antique. Sous les Romains, la gravure s'éleva très-haut vers la fin de la république ; elle reprit
comme la sculpture un essor nouveau so.is les Antonins, et commença à décliner après Hadrien.
Les médailles postérieures à Callien sont d'un travail tout à fait barbare.

L'or est de toutes les monnaies la plus facile à transporter en même temps que la plus recher-
chée. Aussi les pièces d'or de Constantin et de ses successeurs continuèrent-elles longtemps à
circuler dans les contrées qui leur avaient été soumises. On désignait ces pièces sous le nom de
Besants d'or ou Byzantines. Les rois mérovingiens, qui n'avaient pas de mines d'or dans leurs États,

!• Voir page 49.

Tome I. 10
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