L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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LA GRAVURE EN MÉDAILLES. 75

arts une période d'archaïsme qui vient du respect pour certaines attitudes traditionnelles, auquel l'im-
portance que le moyen âge attachait aux conventions héraldiques donnait encore plus de force.

Depuis Hugues Capet jusqu'à Louis le Gros, les rois de France sont invariablement représentés
avec les bras repliés et collés contre le corps, de sorte que les coudes touchent aux hanches et que les
mains s élèvent un peu au-dessus des épaules. L'absence complète de correction dans les formes, la
choquante disproportion des membres et la raideur systématique du mouvement donnent aux sceaux
de cette époque une physionomie absolument barbare. La pose devient un peu moins pénible et disgra-
cieuse dans le sceau de Louis VII, dont le bras gauche repose sur la jambe du même côté, tandis que
du coté droit l'avant-bras s'étend à peu près horizontalement en s'éloignant du corps. Mais cette posture
nouvelle fut à son tour copiée dans les sceaux de ses successeurs et pendant longtemps demeura
comme invariable.

Toutefois le respect traditionnel pour des attitudes consacrées n'est pas assez fort pour empêcher
certains caractères distinctifs qu'on retrouve au reste beaucoup plus dans les sceaux des communes et
des particuliers que dans ceux des rois et des grands feudataires. Ces caractères se reconnaissent dans
les variations du costume ou dans les caprices de celui qui faisait faire le sceau, ou de celui qui le
gravait.

Quelquefois, et jusqu'à une époque assez avancée, on se servait encore de pierres antiques dont
le sujet n'était plus compris par personne, et on ne prenait pas toujours la peine d'y faire ajouter
une légende. M. Natalis de Wailly, dans son savant Traite de paléographie, cite de curieuses
méprises dans des sujets religieux, où l'on voit à quel point on avait oublié le sens des anciens
mythes païens. Le revers du sceau de la Sainte-Trinité de Fécamp portait, en 1211, l'image d'une
Diane chasseresse; en 1301, le contre-sceau de l'abbaye de Luxeuil représentait Phébus conduisant
un char attelé de quatre chevaux.

Sous la Renaissance on a continué à se servir de pierres antiques, mais alors c'était avec con-
naissance de cause.

Ce n'était là toutefois qu'une exception en somme assez rare, et, dans tous les temps, les
sceaux contemporains ont été beaucoup plus nombreux que les autres. Dès le xne siècle, la gravure par-
ticipa aux perfectionnements apportés dans la sculpture et dans l'architecture. Vers le xic siècle,les rois
et les seigneurs avaient commencé à se faire représenter à cheval pour mieux montrer une haute
dignité. Les chevaux, qui n'avaient d'abord ni selle ni étriers, se couvrirent bientôt d'armures défen-
sives, et finirent par disparaître presque entièrement sous les armures et les housses traînantes.

René Ménard.

(La suite au prochain numéro.)

M. AUGUSTE LANÇON
cA qAUG. VE L.

Notre rédacteur en chef me fait l'honneur, mon cher ami, de me charger de remercier la Presse
de la façon plus que bienveillante dont elle accueille l'Art; nous sommes tous profondément recon-
naissants de tant de bonnes paroles d'encouragement venues de toutes parts, de France et de
l'étranger, et touchés d'une si chaleureuse, d'une si unanime cordialité. De tels témoignages
de sincère confraternité nous imposent, pour nous en montrer toujours dignes, des devoirs d'autant
plus grands, d'autant plus sérieux.

Avant été de la maison et y ayant toujours, — pour vous et quelques braves cœurs comme
vous, — ma modeste place dans le petit coin obscur où je m'étais confiné, j'ai personnellement été
très-sensible au salut de bienvenue de la Galette des Beaux-Arts ; et, à tort ou à raison, m'ima-
ginant que vous êtes de ceux qui ont un peu lu par-dessus l'épaule de celui qui écrivait
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