L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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L'ART.

a nettement formulé son appréciation, qui ne diffère guère de la mienne; écoutons-le un instant :
« Pour ses admirateurs et pour ses disciples, M. Ingres est le maître des maîtres contemporains.

Il fait revivre les traditions des plus glorieuses écoles; il continue Phidias, Raphaël et le Poussin.

Personne, parmi les artistes du xixe siècle, ne possède une science du dessin égale à la sienne,

personne n'a, comme lui, le don de la ligne, ni ne s'élève aussi haut dans la région de l'idéal.
« Pour de moins enthousiastes, pour moi, par exemple, M. Ingres est un artiste d'une médiocre

Lion du Sénégal, croquis d'Aug. Lançon.

imagination, qui compose souvent fort mal, et avec une extrême difficulté. 11 manque de cet esprit
d'invention et de cette verve d'exécution qui sont la marque de tous les maîtres grands ou petits. —
C'est un homme de beaucoup de talent, néanmoins, et d'un talent fort têtu quand il se trompe.

« 11 y a des choses que M. Ingres sait mieux que personne, mais il en ignore un plus grand nombre
qui sont pourtant indispensables. Par exemple, ce peintre, qui est le plus habile de nos dessinateurs en
face de la nature, n'a jamais su ni pu mettre de l'unité dans le dessin de ses tableaux : l'amateur le
moins clairvoyant pourrait désigner, dans celles de ses œuvres les plus vantées, les morceaux qui sont
copiés d'après nature et ceux qui sont exécutés de pratique, — d'autant plus qu'ils le sont en général
avec une ignorance rare, mal déguisée, sous des formules prétentieuses et outrecuidantes
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