L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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plate-forme s'élève aujourd'hui une chapelle dédiée à la Virgen de los Remedios. Les Indiens, toujours
superstitieux, confondent dans un même culte et l'édifice catholique et le temple vénéré de leurs
ancêtres, que recouvre maintenant un gazon éternellement vert, semé de bouquets d'arbres.

Mais quittons le plateau et descendons dans la riche vallée d'Oaxaca. Une surprise nous y
attend.

A dix lieues au sud d'Oaxaca, sur la route de Tehuantepec, après avoir traversé une végétation
luxuriante, on débouche subitement dans une gorge aride, étroite, enserrée dans des masses de granit.
C'est le Miguitlan ou Mitla, le lieu de la désolation.

Soudain nous apparaissent les ruines encore imposantes d'un temple grec! oui, d'un temple grec
avec ses lignes pures et ses proportions harmonieuses.

Une terrasse en terre, haute de 2 mètres, soutient des murs tout couverts d'arabesques et d'hié-
roglyphes. Voyez avec quel art infini de petites pierres juxtaposées s'enfoncent dans l'argile pour
figurer les capricieux méandres de la mosaïque !

Pénétrons dans la cour intérieure et descendons les larges degrés qui conduisent à la crypte.
Deux galeries souterraines, de 27 mètres de long sur 7 de large et 8 de haut, s'ouvrent devant nous
et se coupent en forme de croix. Là encore les murs sont couverts de grecques et de hiéroglyphes d'un
dessin très-pur.

L'édifice a une longueur totale de 40 mètres. Il est large de 12 et haut de 6 mètres. La toiture,
formée de poutres de cèdre, recouvertes elles-mêmes de larges dalles de basalte, est soutenue par six
colonnes monolithes de granit porphyrique.

Sommes-nous en face du lieu de sépulture des princes tzapotèques, comme l'indique le nom
indien (Luiva) donné à ces ruines? « Le palais de Mitla, » comme on l'appelle aujourd'hui, fut-il la
résidence au moins temporaire des chefs indigènes, ou la demeure fixe des prêtres sacrificateurs ? Que
nous importe !

Ce qui frappe, ce qui émeut, c'est l'ordonnance nouvelle, la parfaite élégance du monument:
c'est l'ingénieuse disposition de ses ornementations extérieures et intérieures, c'est l'harmonie de son
ensemble, c'est le souffle inspiré qui semble vivre encore dans ces pierres à jamais muettes, au milieu
de ce paysage désolé, dans ce pays perdu, si longtemps ignoré.

Que nous voilà loin des lourds et grossiers teocallis des plateaux! Dira-t-on encore que Fart grec
a pénétré dans ces régions en suivant nous ne savons quelle voie mystérieuse?

Nous aimons mieux croire que le sentiment du beau, que la perfectibilité du goût, que le progrès
scientifique et artistique, variant, il est vrai, avec le climat, le pays, le milieu où l'homme vit et meurt,
est de tous les temps et de tous les lieux.

A. Ballue.

L'ACADÉMIE DE FRANCE A ROME
LE PASSÉ — L'AVENIR

Voici plus de deux siècles que l'Académie de France à Rome reçoit chaque année les jeûner,
artistes qui ont donné quelques gages de talent, quelques promesses d'avenir, et jusqu'à ces derniers
temps personne n'avait songé à retracer l'histoire de cette antique institution. Les documents ne man-
quaient pas cependant; ils étaient à la portée de tous les travailleurs; car le grand dépôt du palais
Soubise, en recevant les archives de la maison du roi, a recueilli la correspondance presque complète
des directeurs de l'Académie de Rome avec les directeurs des bâtiments du roi chefs suprêmes de
tout ce qui avait rapport aux Beaux-Arts sous l'ancienne monarchie.

Malheureusement l'écrivain qui le premier a entrepris de traiter ce sujet si neuf et si intéressant,
fort incompétent et très-peu préparé à un pareil travail par ses études antérieures, ne lui a donné ni
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