L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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par son respect des vieilles traditions. A quoi bon lui faire exécuter des travaux auxquels il se reconnaît
absolument impropre? A quoi bon le maintenir dans une direction qu'il se promet bien d'abandonner
des qu'il aura recouvré sa liberté? Pourquoi contrarier ses instincts et lui tracer une route qui n'est pas
la sienne ? Laissez-le libre dans ses conceptions, dans ses travaux, et l'art n'y perdra rien.

Tout le monde, les Directeurs eux-mêmes chargés de veiller à l'exécution des règlements,
reconnaissent la nécessité d'une réforme ; qu'attend-on pour mettre la main à l'œuvre ? Il ne suffit pas
de nous complaire dans le spectacle de nos gloires passées, songeons à l'avenir, et sachons reconnaître
les vices des institutions qui ont peut-être été admirablement combinées au moment de leur création,
mais qui ne répondent plus aux besoins ni aux idées modernes.

L'Académie de Rome, telle qu'elle était organisée et qu'elle est restée constituée, pouvait sans
doute donner d'excellents peintres du roi ; mais elle ne saurait donner ce qu'on doit lui demander
aujourd'hui, des artistes indépendants et originaux.

J.-J. Guiffrey.



LA

GRAVURE EN MÉDAILLES

sous

LA RENAISSANCE FRANÇAISE1

(suite.)

Plus que tous les autres monuments du moyen âge, les sceaux peuvent servir à l'histoire des varia-
tions du costume, parce que, exécutés pour le service particulier d'un individu et, pour ainsi dire, sous
ses yeux, destinés à remplacer sa signature sur tous les actes émanés de lui, ils donnaient sa ressem-
blance avec tout le soin et l'exactitude que comportait l'art du temps.

Les sceaux qui présentent un caractère religieux offrent un grand intérêt pour la composition. Les
saints, qui servaient de patrons aux églises, aux abbayes, aux communes, aux corporations, sont repré-
sentés avec leurs attributs ou leurs légendes tels qu'ils étaient admis par la croyance du temps.

Bientôt les sujets représentés par les graveurs devinrent des espèces de tableaux, où l'on voit
tantôt les principaux édifices d'une ville, tantôt le portail ou l'intérieur d'une église, tantôt le martyre
d'un saint ou quelque trait remarquable de sa vie. Les sceaux contribuent aussi bien, et peut-être plus
que les statues ou les vitraux, à faire connaître la physionomie intime et les croyances naïves du moyen
âge. Ils sont avec les miniatures le plus puissant auxiliaire que l'art puisse fournir à l'histoire, et ils
constituent en eux-mêmes et par leur valeur propre une branche intéressante de l'histoire de l'art.

Tous les arts sont liés entre eux d'une étroite parenté. C'est dans les provinces situées entre le
Rhin et la Seine que l'architecture ogivale a pris son plus grand essor. C'est là que la sculpture du
moyen âge a produit dans la décoration de nos églises ses œuvres les plus caractéristiques. Les
sceaux de la Bourgogne et de la Flandre sont aussi ceux où s'est développé avec le plus de liberté
le style particulier aux artistes du moyen âge.

Le midi de la France, la Provence, et surtout l'Italie, n'ont rien d'analogue. C'est que là les
traditions antiques étaient mieux conservées : la Renaissance n'y a été qu'un retour à des prin-
cipes oubliés, mais non une lutte contre des traditions contraires. Si le midi de la France n'y a pas
pris une aussi grande part que l'Italie, il faut en chercher la cause dans cette terrible guerre des
Albigeois qui transforma ses campagnes en déserts et détruisit dans son germe le souffle inspirateur
qui vint rayonner sur l'Italie.

Les jetons ou méreaux peuvent servir d'intermédiaires entre les sceaux et les monnaies ; leur
étude est très-intéressante pour l'archéologie et même pour l'histoire de l'art. Sous la Renaissance

i. Voir pages 49 et 73.
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