L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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Téméraire; il a été promu à l'archevêché de Lyon en 1446 et au cardinalat en 1476. La médaille ne
porte pas de date : les initiales de son nom sont représentées dans le champ en caractères gothiques.

Antoine, bâtard de Bourgogne, fils naturel de Philippe le Bon, est représenté sur une belle
médaille. Au revers, on voit un chardon sur une bannière, avec la légende : Nul ne s'y frotte.
C'est une médaille ronde qui est remplie tout entière par la tète figurée de profil sans le buste.
L'extrême énergie de la physionomie, la franchise plutôt que la délicatesse du travail, dénotent un art
d'un naturalisme un peu brutal, qui se soucie avant tout de traduire la vie. Le bâtard de Bourgogne,
qui a servi sous Charles le Téméraire et fut prisonnier à la bataille de Nancy, a été légitimé sous
Charles VIII. Il aimait beaucoup les arts. On reconnaît son portrait sur des tableaux de Memlinck.

Un personnage qui joua un rôle important sous Louis XI et qui fut tellement en faveur auprès
du roi René, que ce prince lui donna son portrait peint par lui-même sur un diptyque de bois, Jean
Matheron de Salignac, figure sur un des plus grands médaillons du temps. Au revers, le même
personnage est figuré debout, armé et portant un manteau sous son armure. Cette médaille est
malheureusement très-détériorée, le revers surtout, mais on trouve dans le profil cette grandeur simple
et cette facture large qui caractérisent les arts de cette époque.

On retrouve les mêmes qualités sur une autre médaille beaucoup mieux conservée qui porte la
date de 1479. C'est celle de Jean Carondelet, président au parlement de Bourgogne, dont le revers
offre le portrait de sa femme, Marguerite de Chassey. Cette médaille est une des plus intéressantes
du règne. Malheureusement elle n'est pas signée. On pourrait conclure de là que le graveur était
Français, car à cette époque les artistes italiens signaient presque toujours leurs médailles.

On a pu voir par ce qui précède que la gravure en médailles subissait en France, sous le règne de
Louis XI, une influence italienne qui lui arrivait par la Provence et qui venait contrecarrer les vieilles
traditions du moyen âge encore en vigueur dans les Flandres et dans toutes les provinces du Nord.
Cette lutte aurait encore pu se prolonger longtemps si les expéditions de Charles VII et de Louis XII
ne fussent venues donner gain de cause à la Renaissance.

René Ménard.

(La suite au prochain numéro.)

LA RÉUNION

Nous publions le procès-verbal de la première réunion des
Délégués des six cent vingt-neuf artistes qui ont pris part au
vote du 10 janvier.

Cette note est précise, réfléchie et d'une modération remar-
quable : elle devient la meilleure des réponses à toutes les inter-
prétations prématurées qui ont été publiées avec plus ou moins
de passion sur le projet de constitution des artistes. Elle fait
jour à la vérité et honore singulièrement ceux qui, sans se laisser
entraîner dans le champ des chimères, ont clairement défini le
but à atteindre. Il n'y a rien que de sage dans ce premier exposé ;
refuser son approbation à des hommes qui se réunissent pour
combattre les déplorables résultats de l'imprévoyance, c'est con-
damner sans scrupule les artistes à une incapacité outrageante.

PROCÈS-VERBAL

DE L A

RÉUNION DES ARTISTES DÉLÉGUÉS
Par suite du scrutin du 10 janvier.

RÉUNION DU 17 JANVIER 1875,
au p~Uis des Champs-Elysées, à deux heures et demie.

PRÉSIDENT :

M. Labrouste, architecte, membre de l'Institut.

A deux heures et demie, les membres présents sont invités à
signer la feuille de présence.

DES ARTISTES

Sont présents : MM. Labrouste, E. Viollet-Le-Duc, Boeswilwald,
Louvrier de Lajolais, Chaplin, Marcelin, Mathurin Moreau, Paul
Cabet, Français, Falguière, Ch. Daubigny, Jules Breton, A. Sirouy,
Boetzel, Feyen-Perrin, Martial Potémont, Guillaumct.

M. Ludovic Durand, qui a présidé aux opérations du scrutin
du 10 janvier, remet sur la table de la Commission toutes les
pièces qui concernent l'élection et les correspondances ; puis il
explique en quelques mots le motif qui a déterminé un groupe
d'artistes à convoquer tous leurs camarades en vue de nommer un
certain nombre d'artistes qui seraient chargés d'étudier la situation
faite par le Rapport de M. le marquis de Chennevièrcs et la circu-
laire publiée en décembre dernier. Répondant à des interprétations
erronées qui ont circulé depuis quelques jours, M. Ludovic Durand
nie formellement que la Direction des Beaux-Arts ait été l'instiga-
trice de cette réunion du premier groupe; c'est à l'initiative de
quelques hommes soucieux do l'avenir et voulant chercher les
moyens les plus réguliers, les plus honorables et les plus dignes,
qu'est due la note qui a appelé les artistes au vote et que des pro-
jets de liste ont été arrêtés. L'administration n'est intervenue que
par 1» bienveillance qu'elle a montrée en faisant mettre à la dis-
position des votants la salle que M. Ludovic Durand est allé lui
demander au nom de ces artistes.

Ces explications entendues, M. Labrouste, doyen d'âge, s'assied
au fauteuil de la présidence, et M. Louvrier de Lajolais est prié de
vouloir bien remplir les fonctions de secrétaire pour cette première
séance.

M. le président invite les Délégués à constituer le bureau. A
l'unanimité des membres présents sont nommés :

Président: M.Labrouste;

Vice-présidents : MM. Viollet-le-Duc et Français;

Secrétaires : MM. Paul Dubois et Sirouy.
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