L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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NOTRE BIBLIOTHÈQUE.

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M. Ludovic Durand demande la parole. Il dit que plusieurs dé-
missions lui ayant été adressées, il a cru, après en avoir conféré
avec quelques-uns de ses confrères, devoir prier par lettre de se
présenter à 1 installation de la Commission un nombre d'artistes
nommés à la suite, et par ordre de voix, égal au nombre des
quatre démissions qui lui étaient parvenues vendredi soir. En con-
séquence, il avait prié MM. Lansyer, Vibert, Puvis de Chavannes
et Delaunay de venir se tenir à la disposition de la Commission
pour remplacer MM. Fromentin, Luminais, Vollon, Bonnat, non
acceptants. 11 a été procédé, en faisant ainsi, comme il est d'usage
dans les jurys des expositions annuelles. Deux artistes, MM. Puvis
de Chavannes et Delaunay, ont décliné le mandat et l'invitation;
seuls, MM. l ansyer et Vibert sont prêts à se mettre à la disposition
des Délégués.

M. le Président, la Commission entendue, remercie M. Ludovic
Durand, trouve le procédé conforme aux traditions, et prie
MM. Lansyer et Vibert de prendre part à la réunion.

l a Commission augmente de deux le nombre de ses secrétaires et
à l'unanimité elle nomme :

MM. Vibert et Lansyer, secrétaires.

Correspondance.

1° Lettre collective de MM. Fromentin, Bonnat, Vollon,
Luminais, qui n'acceptent pas les fonctions de Délégués;

2" Lettre de M. Guillaume : pressé de travaux et très-fatigué,
M. le Directeur de l'Ecole ne peut consacrer à l'œuvre le temps
dont il faudrait disposer. Il exprime ses regrets de ne pouvoir rem-
plir cette fonction;

3° Lettre de M. Gérôme qui fait des vœux pour la réalisation
d'un projet d'association, mais qui, sans se séparer des intérêts de
ses confrères, ne peut consacrer a sa mission le temps nécessaire ;

4" Lettre de M. Henriquel-Dupont : refus pur et simple;

c" Lettre de M. Bonvin, qui n'a pas le loisir d'accepter cet hon-
neur ou cette corvée;

6° Lettre de refus de MM. Delaunay et Puvis de Chavannes.

Décision.

La Commission regrette profondément de se voir privée des
conseils des Délégués qui ont cru ne pas devoir s'associer à elle pour
un travail important; les lumières, l'expérience de ces confrère;
eussent probablement éclairé une voie qui est encore enveloppée de
ténèbres; mais la Commission ne désespère pas de rallier à un pro-
jet sage tous ceux qui, au début, ont pu craindre qu'on n'arrivât pas
à trouver une solution. Elle prend acte avec chagrin des démissions
qu'elle a reçues; mais elle a hâte de travailler, et, en conséquence,
elle charge le secrétaire du jour de convoquer, pour la prochaine
séance et en nombre égal à celui des démissionnaires, les artistes
qui ont eu le plus de voix à la suite, comme il est tait pour les
jurys annuels.

M. le Président invite les membres de la Commission à expri-
mer leur sentiment personnel sur le caractère de la réunion et à
ouvrir la discussion générale sur l'ensemble de vues que doit em-
brasser le projet.

Après une discussion dans laquelle la plupart des membres pré-
sents exposent leur opinion personnelle, la Commission déclare à
l'unanimité :

i° Qu'elle se considère comme représentant un groupe d'artistes
limité à six cent vingt-neuf, ayant été nommée par eux loyalement
et régulièrement;

a0 Qu'elle se considère comme liée à ce groupe par l'obligation
de lui présenter un projet d'association;

3° Qu'elle n'a aucune qualité, puisqu'elle ne croit pas représenter
tous les artistes, pour traiter des questions pour lesquelles il faut
l'intervention directe de tous les intéressés ; qu'en conséquence, son
travail sera limité à un projet de constitution par voie d'association,
lequel projet, soumis à l'examen des artistes, recevra d'eux la réali-
sation qu'ils voudront lui donner.

Il ne peut être, à cette heure, question d'autre chose que de
rechercher les formes légales qui sont indispensables pour faire
vivre, comme une institution régulière et s'exploitant elle-même,
une société d'artistes en nombre indéterminé; la juste prévoyance
des intérêts de tous commande toutefois de taire les bases assez
large» pour supporter un gros édifice dont toutes les portes doivent
rester librement ouvertes à tous ceux qui voudront y pénétrer. En
un mot, sans se bercer d'illusions, mais sans se laisser décourager
par le doute, la Commission entrevoit une tâche honorable, difficile
sans doute, mais dont la poursuite faite avec modération, raison et
sans vaines chimères, doit amener une solution à l'avantage de
ceux qui s'y rallieront.

En conséquence, la Commission se mettra à l'œuvre sans retard
et sans relâche; la prochaine réunion aura lieu dimanche prochain,
24 janvier, à quatre heures, chez M. Daubigny, qui veut bien mettre
son atelier à la disposition des Délégués.

L'ordre du jour comportera : i° Définition du but de la société ;
20 Détermination des qualités nécessaires pour être membre de
l'association projetée.

M. le Président remercie, au nom de la Commission, M. Ludo-
vic Durand de sa louable initiative, et déclare la séance levée.

Le séance est levée à cinq heures et demie.

Le Président}
La brouste,

Architecte, membre de l'Institut.

Le Secrétaire provisoire,
Lolvrier de Lajolais.

Après l'adoption de ce procès-verbal, les Délégués, réunis
dimanche dans l'atelier de M. Daubigny, ont commencé la dis-
cussion générale des principes sur lesquels on devra établir l'asso-
ciation. A l'issue d'une séance de plus de trois heures, les délé-
gués, d'accord sur tous les points fondamentaux, ont décidé de
remettre à cinq de leurs collègues le soin de rédiger, conformé-
ment à la loi, un projet d'acte dont ils se réservent de discuter
ensuite l'ensemble et les détails. C'est à MM. Viollet-le-Due,
Vibert, Mathurin-Moreau, Gaillard et Louvrier de Lajolais qu'est
échue cette tâche délicate. Il n'y aura plus de réunion régulière
des Délégués qu'à la remise du projet, c'est-à-dire dans cinq ou
six semaines.

Nous devons constater, par ce que nous savons jusqu'ici, que
ces artistes qu'on dit si maladroics et turbulents donnent au con-
traire la preuve d'un tact parfait et d'un calme qui doit décon-
certer leurs adversaires. Il n'y a encore, nous paraît-il, parmi
les maladroits, que ceux qui n'ont pas su attendre et se taire.

Jacques Oberlin.

NOTRE BIBLIOTHEQUE

XVI.

LE SCULPTEUR DANOIS VILHELM BISSEN, par Eugène
Plon, Membre de l'Académie royale des Beaux-Arts de Copen-
hague. 2* édition. 1 vol. in-18 de 144 pages, avec quatre
dessins de F. Gaillard, gravés sur bois par Carbonncau. Paris,
Henri Pion, Imprimeur-Editeur, 10, rue Garancière; Copen-
hague, Andr.-Fréd. Host, Libraire de l'Université. 1872.

La belle étude que M. Eugène Pion a consacrée à Thor-
valdsen1 devait passionner l'auteur pour les écoles du Nord et

surtout pour les artistes de ce petit et si noble pays, le Dane-
mark ; aussi lui appartenait-il, en quelque sorte de droit, d'écrire
la monographie d'un autre sculpteur qui, s'il n'a pas été l'élève
de l'auteur de l'Aurore et de la Nuit, a largement subi son influence
et peut, à juste titre, être considéré comme son continuateur le plus
direct. M. Pion nous retrace avec un grand charme, avec une
simplicité touchante, la digne ligure de Vilhclm Bissen ; il nous
dit son humble origine, ses jeunes années, ses hésitations entre la
peinture et la sculpture, comment le bris accidentel de sa palette
le fit définitivement sculpteur, son départ pour l'Italie, le trouble
que lui cause d'abord la vue de tant de chefs-d'œuvre, ses hési-

I. Voir l'An, page 70.
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