L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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nuit du 2S au 29 octobre 1873; — trois dates néfastes dans
l'histoire de notre première scène musicale.

Dans les conditions où il se trouve placé, M. Charles Nuitter
ne pouvait écrire qu'un panégyrique de l'architecte du nouvel
édifice et il y aurait mauvaise grâce à lui chercher querelle à ce
sujet, d'autant plus qu'en dépit de ce défaut inhérent à son livre,
celui-ci n'en reste pas moins la publication d'actualité la plus
rccommandable qui ait paru sur l'Opéra, et un guide indispen-
sable pour quiconque voudra écrire sur ce théâtre. Comme
réunion et classification intelligentes de documents, on ne peut
en effet rien désirer de plus complet; le résumé en esc en quelque

désirer que cet excellent exemple trouve de nombreux imitateurs,
t Les archives de l'Opéra se composent aujourd'hui de :

340 cartons ;
1150 registres;
900 liasses et portefeuilles. >

Les éléments de précieuses études ne manqueront pas aux
curieux, qui sont certains de trouver chez l'archiviste, M. Ch.
Nuitter, et chez le conservateur de la riche Bibliothèque musicale,
M. Ernest Reyer, l'accueil le plus empressé; ils ne comprennent
les fonctions qu'ils occupent que pour se rendre utiles. Que ne

sorte donné dans un dernier cha- peut-on en dire autant de tous

Opéra. Quand on arrive au hui- IKhEs jjffpf jj^re^^j'H ' -S ■ ffjPM^m " Li ^T'K <,CS PIans de th<&tre

tième et au neuvième étage, on H^y—f «■H^^&Kii SAik{ÉÉ?A H^àhâ^h^t comprend tous les plans et vues

voit s'ouvrir devant soi, au-des- «H |JPK JSJM-lljSjKT WjjW ^^fl des salles occupées par l'Opéra

sus de la salle, au-dessus de ■^■feÉfllHL. ': "^fX^ MU » qPflH depuis son origine. Cette série

l'escalier, au-dessus du foyer, ^^^V"*> V,-. if^Sm.W va aCllucr'r une importance toute

d'interminables galeries, de vastes - , particulière par le versement de

espaces parfaitement éclairés, et tous les plans et dessins exécutés

dont la surface représente une i-i; gramj foylîv. depuis quatorze ans pour la

étendue de plus de dix mille construction du nouvel Opéra, et

mètres. Le public ne pénétrera pas dans ces magasins ; mais leur
organisation exceptionnelle, en rendant le service plus facile,
contribuera à l'éclat de la mise en scène, et par suite au plaisir
des spectateurs. »

M. Nuitter nous apprend que les amateurs d'allégories n'au-
ront jamais été à pareille fête; M. Delaplanche a été chargé de
symboliser la Terrasse et la Charpente. M. Barrias, la Maçon-
nerie et la Serrurerie, M. Cugnot, le Pavage et le Ga-l: et M. Vital
Dubray, la Tapisserie et la Menuiserie ! Le ciel me préserve de
rien inventer ; je copie textuellement et crois pouvoir me dispen-
ser de tout commentaire au sujet de ce genre de supplice imposé
a ces artistes distingués. J'aime mieux vous apprendre que
« l'emplacement réservé aux archives et à la bibliothèque com-
prend , au-dessus des salons du glacier, une galerie qui occupe
toute la longueur du bâtiment, une grande salle circulaire et
diverses dépendances. L'ensemble présente un développement de
tablettes de plus de trois mille mètres.

« Déjà la bibliothèque, la salle de lecture et quatre autres
salles sont complètement aménagées. Le public pourra être admis
a consulter les nombreux documents conservés dans ce dépôt. »

J'ai tenu à souligner la bonne nouvelle; on ne saurait trop

de la collection des photographies qui ont été exécutées depuis
le premier jour pour tous les détails et tous les états progressifs
des travaux.

« L'étendue des galeries réservées à la Bibliothèque permettra
aussi d'exposer les modèles ou maquettes des décorations, qui,
jusqu'ici, étaient conservées en portefeuille, et ce ne sera pas un
des moindres attraits d'une visite aux Archives de l'Opéra, de
passer en revue la série de ces décorations de tous pays et de
toute époque, qui, par le talent des décorateurs et le soin apporté
aux études, deviennent de véritables objets d'art et de fidèles
reproductions des sites les plus variés et des civilisations les plus
diverses. »

Il y a plaisir à entendre M. Nuitter s'exprimer ainsi; on sent
qu'on a affaire à un lettré, à un artiste passionné pour les
richesses confiées à ses soins et avide de les faire -connaître, d'en
propager le goût et de prouver par des faits que l'Opéra n'est
pas seulement un brillant théâtre, le plus brillant des théâtres,
mais une institution nationale digne de ce nom, et qui, ainsi que
la Comédie-Française, est justement chère à tous ceux qui ont
souci sérieux de l'Art.

Jules Raymond.
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