L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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LA GRAVURE EN MÉDAILLES. i8Ç

des couleurs il s'harmonise avec l'action qui doit s'y passer, pourvu qu'il soit la fidèle illustration
du drame.

Cette nouvelle façon d'entendre le décor a forcé les acteurs à des évolutions plus variées, à un
jeu plus pittoresque. Vous savez combien dans la tragédie les mouvements sont rares et nobles.
Sauf quelques scènes violentes, où les artistes pouvaient s'espacer, n'étant gênés en rien sur une
scène vide, ils demeuraient immobiles, plantés au trou du souffleur. Ils causaient toujours debout;
comment se seraient-ils assis, puisqu'il n'y avait pas de chaises? Celui qui écoutait, comme celui
qui parlait, faisait face au public, qui voyait en plein le visage de l'un et de l'autre. Cette manière
s'accordait très-bien avec la simplicité majestueuse de la mise en scène.

Mais du moment que l'on a mis des meubles, des rideaux, des bibelots de toutes sortes sur
la scène, il a fallu que les acteurs en tirassent un parti quelconque. Tous ces accessoires auraient
été fort gênants, s'ils n'étaient pas devenus utiles. C'est encore M. Montigny qui, le premier, a dressé
ses pensionnaires à l'art, aujourd'hui fort connu, d'évoluer sans embarras dans des salons meublés, de
se servir des mille détails de cette mise en scène plus exacte pour donner à leur jeu plus de vérité-

« Eh bien! Pujol, qu'est-ce que vous avez donc ? vous avez l'air gêné.

— Monsieur, c'est cette chaise qui me barre la route et me force à rester trop loin de M"e Pierson.

— Elle vous gène? Eh bien, prenez-la, jouez avec elle, appuyez vos mains sur le dossier, faites-
la pirouetter, et puis, au bout d'un petit moment, mettez-la franchement de côté, et passez comme si
vous étiez chez vous. Vous,'mademoiselle Pierson, ne l'écoutez pas; prenez ce livre qui est là sur
la table, et feuilletez-le d'une façon distraite... ou plutôt non... ce serait affecté... faites n'importe
quoi... ce que vous faites en ce moment; regardez la broderie de votre mouchoir. Pujol pose sa chaise
bruyamment, car il s'impatiente... le bruit vous fait hausser la tète, et quand il vient vers vous, vous

vous levez brusquement et le regardez bien en face. Alors il lui dit.....qu'est-ce que vous lui dites

Pujol? Allons! voyons, recommençons tout cela... »

Et c'est ainsi qu'à cette heure on met en scène ; et c'est pour cela que vous voyez les acteurs
s'enfoncer dans des fauteuils, parler en tournant le dos au public, jouer avec ce qui leur tombe sous
la main, imiter en un mot, autant qu'ils le peuvent, les détails de la vie réelle, puisqu'elle se marque
dans tous les accessoires qui encombrent la scène.

J'en reviens là : c'est une autre méthode, mais qui est tout aussi légitime que l'ancienne, si elle
ne sert, comme elle, qu'à mettre en lumière, qu'à illustrer (c'est le même mot) le texte de l'auteur.
Mais elle est bien plus dangereuse. Elle nous a lancés sur une pente fatale, où nous n'avons pas su
nous retenir. Nous sommes en train de rouler jusqu'au fond. Je crois même que nous l'avons touché
avec les Merveilleuses et la Haine.

Je dirai, dans un prochain article, quelles ont été les causes et les étapes de cette décadence.

Francisque Sarcey.

LA

GRAVURE EN MÉDAILLES

sous

LA RENAISSANCE FRANÇAISE

>

!(SUITE 4.)

L'audacieuse expédition de Charles VIII n'avait été qu'une succession de fêtes Le roi, que
chacun appelait pour arbitre, disposait des fiefs en faveur de ses compagnons d'armes et leur faisait
épouser les plus riches héritières. Partout où il passait, on frappait, en son honneur, des monnaies

l. Voir pages 49, 73, TI2 et 137.
Tome I.

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