L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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CHRONIQUE ÉTRANGÈRE

Allemagne. — La veuve du peintre Kaulbach fait bâtir à
Munich, à côté de la maison habitée en dernier lieu par son mari,
un musée où seront placés les tableaux originaux qui lui restent
du maître, et des reproductions photographiques de ses autres
œuvres. On compte qu'avant la fin de l'année ce Musée Kaulbach
sera ouvert au public.

— M. J.-L. Raab, professeur à l'Académie royale de Munich,
a terminé la gravure du célèbre tableau de Raphaël, la Madonna di
Tcmpi, qui se trouve à la pinacothèque de cette ville. Cette gra-
vure sera très-prochainement publiée.

— Le 5 février est mort à Munich un artiste qui s'était acquis
une certaine notoriété comme peintre de genre et illustrateur,
M. Arthur de Ramberg, professeur à l'Académie de peinture de
cette ville depuis une dizaine d'années. Né à Vienne en 1819, le
chevalier Arthur de Ramberg était le fils du feld-maréchal lieu-
tenant de Ramberg. Après avoir fait ses études humanitaires et
philosophiques à Prague, il embrassa, malgré son père, la car-
rière artistique, et devint l'élève de Schnorr von Carolsfeld et de
Hubner à l'Académie de Dresde. Avant d'être appelé à Munich,
il avait professé à Weimar. Arthur de Ramberg produisait peu,
mais ses tableaux, la plupart reproduits par la gravure, étaient
très-recherchés en Allemagne. Ses dessins pour la Schiller-
Galerie, publiée en 1859, et pour l'édition jubilaire des poésies
de Schiller, 1860-1863, jouissaient d'une grande popularité.

— Le 4 février, est mort, à Munich, un artiste qui était
considéré comme un des peintres de genre les plus distingués de
l'Allemagne, R.-A. Zimmermann, né à Zittau (Saxe) en 1820.
Ses trois frères aînés, dont deux vivent encore, cultivaient le
paysage, auquel il s'adonna d'abord lui-même. On cite parmi ses
meilleurs tableaux la Récolte des pommes de terre, qui se trouve
à la nouvelle pinacothèque royale de Munich.

Angleterre. — A l'exposition d'œuvres des maîtres anciens
organisée par la Royal Academy, on remarque, sous le n° 188,
un tableau attribué à Ghirlandaio. C'est le portrait d'un homme
d'un âge mur, vu de face, figure sérieuse, stature puissante, la
têce coiffée d'un bonnet rouge ; à ses côtés est un petit garçon de
profil ; les deux têtes se détachent sur un fond de paysage minu-
tieusement traité. L'authenticité du tableau est contestée. Le
catalogue le désigne ainsi : « Portrait du comte Sassetti, patron
du peintre, et de son fils. » M. Sidney Colvin, dans l'Academy}
fait remarquer qu'à cette époque il n'y avait pas de comtes.
Francesco Sassetti était un bourgeois de Florence comme un autre.
C'est lut qui, en 1485, chargea Ghirlandaio de peindre la fameuse
série de la vie de saint François qui se trouve encore à Florence
à l'église de la Sainte-Trinité. M. Sidney Colvin attribue le por-
trait n° 188 à Mainardi, élève de Ghirlandaio.

— Le 25 février, sera vendu à Londres un tableau qu'on dit être
de Murillo. Hauteur, 8 pieds 1 pouce ; largeur, 6 pieds 9 pouces.
Le tableau représente une sorte d'Assomption de la Vierge. La
Vierge est au milieu des nuages, avec l'Enfant Jésus tenant à la
main un chapelet, tous deux entourés d'un peuple d'anges et de
séraphins, près d'une centaine de figures, si pas plus. Ce tableau
était originairement à Séville. Le dernier possesseur était don
Antonio Ruiz Tagle.

— La statue du prince Albert, destinée à Hyde Park, sera
fondue dans quelques jours.

Autriche. — Un tableau de Hobbema représentant une ville
hollandaise (?) est exposé à Vienne. Les connaisseurs de cette
ville l'attribuent à la meilleure époque du peintre, et vont

même jusqu'à le mettre au niveau de la célèbre Avenue de la
National Gallery. de Londres.

— Les peintres viennois ont célébré solennellement, le 9 fé-
vrier, le 75e anniversaire de la naissance de leur doyen, le che-
valier Joseph von Fiihrich. Toute la société viennoise s'est asso-
ciée à cette manifestation. Adresses, dépurations, discours, rien
n'a manqué à cette fête. Le vieux maître a reçu des diplômes
d'honneur des Académies et des Sociétés d'art de Prague, Pesth,
Lemberg, Dresde, Berlin, Rome, Constantinople et Paris.

Belgique. — La Commission royale des monuments vient
d'adresser au Collège échevinal gantois une lettre par laquelle
elle proteste contre la vente de la coupe de la Gilde de Saint-
Georges de Gand à M. le baron Alphonse de Rothschild. La
protestation a été renvoyée aux sections des Beaux-Arts et du
Contentieux du Conseil communal.

Italie. —- Une lettre adressée de Rome à l'Athenœum de
Londres donne quelques détails intéressants sur les fouilles du
mont Esquilin qui ont fait une si vive sensation. On sait que
cinq statues antiques ont été découvertes. La plus belle est,
paraît-il, une statue de marbre grec, représentant une nymphe
sortant de l'eau; la figure est plus petite que nature; les bras
manquent, mais on s'est empressé, peut-être un peu vite, de les
remplacer, et la statue ainsi raccommodée est exposée au musée
du Capitole. Les autres découvertes sont : une statue colossale de
Bacchus (manquent les jambes); un buste de l'empereur Com-
mode, en Hercule, sur un piédestal où sont représentés Atlas, les
signes du Zodiaque et une Amazone agenouillée; deux bustes de
Tritons et une tête d'Antinous, appartenant à une statue dont on
a trouvé aussi les bras, les jambes et les pieds chaussés de san-
dales, et portant des traces évidentes de polychromie.

— Un comité, dont le trésorier est le comte Ugolino délia
Gherardesca, s'est constitué à Florence, pour élever une statue
à Rossini.

— Le Parlement italien a récemment approuvé l'institution
d'une surintendance des fouilles et des musées pour tout le
royaume. D'après la Ga\elte de Naples. il serait question de
confier ces hautes fonctions à un Napolitain, le sénateur Fio-
relli.

— L'impératrice mère de Russie a offert une somme énorme
pour le célèbre panneau de Raphaël, représentant la Madonna
délia Rovere, propriété du docteur Peirano, de Gênes, exposée
dans une des salles du palais Garbarino à San Remo. L'offre
faite par l'intermédiaire du prince Bariatinski a été respectueu-
sement déclinée.

— Les fouilles entreprises à Rome autour du Panthéon par
la surintendance des monuments antiques viennent d'être inopi-
nément recouvertes de terre par ordre de la junte municipale.
Le commandeur Rosa prépare une protestation par laquelle il se
propose de démontrer l'utilité des découvertes qu'ont amenées
déjà et que ne peuvent manquer d'amener encore les fouilles du
Panthéon.

— Les journaux prétendent de nouveau que le ministre de
l'instruction publique a été informé de la disparition de plusieurs
tableaux précieux de la galerie Sciarra, à Rome, et notamment
du Suanotore de Raphaël, qu'on dit vendu en Angleterre. Il est
plus que probable que c'est là une nouvelle édition de la pré-
tendue vente des chefs-d'œuvre de la collection du prince
Sciarra; la première fois on les a dit cédés à la Prusse et il a été
immédiatement prouvé que, si le prince avait fermé sa gaiene au
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