L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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NECROLOGIE.

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public, il avait'conservé et son Raphaël, et son Léonard, et son
Titien, et tous ses tableaux de maîtres, sauf un Claude vendu en
Angleterre ; seulement, au lieu de rester réunies dans la galerie,
les merveilles du palais Sciarra avaient été réparties dans les
appartements privés du prince.

— Nous lisons dans le dernier supplément de la revue de
M. de Lutzow, Zeitschrift fur bildende Kunst. que les fêtes pu-
bliques du centenaire de Michel-Ange, annoncées pour le 6 mars,
seront remises au mois de septembre prochain, l'automne ayant
paru plus favorable, surtout dans l'intérêt des étrangers.

FAITS DIVERS

On lisait, il y a quelques jours, dans le Journal officiel :

t La direction des Beaux-Arts, en présence des efforts considé-
rables faits, depuis quelques années, par les nations voisines, pour
multiplier leurs écoles et établissements d'art et développer ainsi
leur prospérité industrielle, avait eu la pensée d'imprimer à l'en-
seignement du dessin, dans nos écoles de province, une impul-
sion nouvelle et plus vive.

« Pour atteindre ce but et faire face à des dépenses néces-
saires, mais que ne pouvaient couvrir les seules ressources
de son budget, la direction avait proposé à M. le ministre de
l'instruction publique, des cultes et des beaux-arts d'organiser
une exposition des meilleurs tableaux de nos musées de pro-
vince.

« L'appel, adressé aux vingt-cinq principaux musées des dé-
partements, a été favorablement entendu par les municipalités de
Tours, Angers, Orléans, Nantes, Rennes, le Mans, Cherbourg,
le Havre, Besançon, Avignon, Narbonne, auxquelles il est juste
d'ajouter Annecy, Verdun, Limoges, Nice, Châlon-sur-Saône,
qui ont offert obligeamment leur intéressant appoint. Les autres
municipalités n'ont pas cru devoir s'associer à cette entre-
prise.

a Dans cet état de choses, l'administration, tout en s'empres-
sant de témoigner sa reconnaissance aux villes qui avaient bien
voulu promettre de concourir à cette exposition, s'est vue obligée
de renoncer à un projet dont l'exécution complète eût sans doute
produit d'excellents résultats. Elle espère néanmoins qu'un jour
viendra où, plus mûre et mieux comprise par les intéressés, cette
pensée se réalisera, comme elle doit être réalisée, du consente-
ment de tous. »

Cette nouvelle était prévue depuis quelque temps. Nous ne
doutons pas que les municipalités qui ont refusé leur concours à
cette entreprise n'aient eu pour cela d'excellentes raisons. Il y s
des tableaux anciens qui exigent les plus grands ménagements et
qu'un si long voyage aurait pu compromettre. C'est là une con-
sidération sérieuse contre laquelle on ne peut élever aucune
réclamation.

Mais en dehors de ces tableaux, l'exposition projetée aurait

pu encore réunir un assez grand nombre de chefs-d'œuvre
pour attirer le public qui s'intéresse aux beaux-arts. Ce n'est
donc pas là ce qui a pu faire échouer le projet de l'administra-
tion.

Le vrai motif a été probablement que les municipalités ont
craint les accidents imprévus et n'ont pas voulu prendre la res-
ponsabilité d'y exposer les trésors qui sont commis à leur
garde.

Ce sentiment est peut-être exagéré ; les précautions qui avaient
été prises paraissaient de nature à écarter toute appréhension à
cet égard. En Angleterre les propriétaires des plus riches collec-
tions laissent transporter leurs tableaux de ville en ville, pour
l'instruction du public, et cet usage, établi depuis plusieurs années,
n'a jusqu'à présent produit aucun des inconvénients qu'on semble
avoir craints en France.

Nous ne pouvons qu'exprimer nos regrets de cet avortement
d'une pensée qui pouvait, à notre avis, amener d'excellents résul-
tats. Nous espérons que la direction des Beaux-Arts ne se laissera
pas rebuter par cet échec, et qu'elle trouvera un autre moyen de
fournir aux écoles de dessin des départements les ressources dont
elles ont si grand besoin.

Ce n'est pas chose facile, nous le savons, et cependant il faut
trouver quelque chose, si l'on ne veut pas laisser l'étranger
prendre sur nous une avance qu'il sera plus tard bien difficile de
regagner. Grâce à l'habitude déplorable que nous avons en
France de considérer le dessin comme un art d'agrément, nous ne
nous rendons pas un compte suffisant de l'importance du rôle
que jouent les arts du dessin d'ans les questions d'économie in-
dustrielle.

Et cependant les statistiques officielles constatent que l'art
appliqué à l'industrie occupe une place très-considérable dans
l'ensemble de notre commerce intérieur et extérieur,[et que, grâce
aux progrès incessants de l'éducation artistique chez les autres
nations et surtout en Angleterre, l'importance de l'art français,
considéré à ce point de vue, diminue chaque jour dans des pro-
portions inquiétantes.

Il y a là un danger grave, contre lequel nous devons nous
prémunir. Quand on se décidera à le comprendre, il sera peut-
I être trop tard.

NECROLOGIE

C'est avec les plus profonds sentiments de regret que
nous annonçons la mort de M. Emile Galichon, ancien pro-
priétaire et directeur de la Gaiette des Beaux-Arts ; il est
décédé à Cannes, le 8 février. Tous ceux qui ont eu l'hon-

neur de le connaître ressentiront vivement l'étendue de cette
perte.

Un de nos collaborateurs étudiera prochainement
l'homme et son œuvre utile et féconde entre toutes.
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