L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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L'ART.

pas d'une paix imposée. Une longue habitude de guerres et de victoires avait développé et exagéré
en elle un sentiment de fierté qui ne pouvait se satisfaire de la surveillance humiliante des
puissances coalisées. Elle se croyait naïvement faite pour dominer le monde et ne pouvait concevoir
qu'un gouvernement français se soumît docilement à la protection de l'étranger. Outre les blessures
faites à son orgueil, son patriotisme ne pouvait si vite se consoler de la double invasion qu'elle

avait dû subir, et, avec l'injustice propre à toutes les douleurs violentes, elle s'en prenai*: uni-
quement à ses gouvernants, qu'elle accusait de lui refuser la vengeance à laquelle elle aspirait.

Il eût été facile d'atténuer ses regrets en ramenant sa pensée vers les questions intérieures,
en donnant satisfaction à ses désirs de réformes, d'améliorations, de liberté. 11 y avait là un aliment
tout trouvé pour son activité, une consolation certaine pour son patriotisme. On ne le comprit pas
et la Restauration se laissa déborder et emporter par les passions surexcitées des ultras, plus
royalistes que le roi, qui, malgré les résistances de Louis XVIII et de quelques sages ministres,
s'obstinaient à croire que la France pouvait être ramenée aux traditions antérieures à 1789.

Le résultat de cette politique ne se fit pas attendre. Un nombreux et puissant parti d'opposition
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