L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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cinquante contemporains célèbres de l'école romantique sont, dans l'acception la plus élevée du mot,
des chefs-d'œuvre d'élégance, de délicatesse, d'expression, de coloris et de modelé. 11 suffit de rappeler
ceux de mesdames Victor Hugo, Bonnias et Achille Devéria, de MM. de Billing, de Balzac, Fontaney,
Petrus Borel, Maquet, Francis Wey, docteur Jaubert, pour évoquer dans la mémoire des contempo-
rains le souvenir d'une admiration analogue à celle qu'on éprouve devant les portraits de certains maîtres
du passé : l'intérêt inhérent à la peinture môme y fait oublier qu'on n'a pas connu les traits de leurs
modèles. Qu'a-t-il donc manqué à Louis Boulanger pour être encore, à l'heure qu'il est, l'une des
cinq ou six plus grandes individualités de l'École de 1827? Rien certes de ce qui dérive de la science,
de l'inspiration, du talent, de la fougue, de l'enthousiasme. 11 lui a manqué ce talisman irrésistible des
prédestinés qui doivent réussir. Il n'a pas osé vouloir et il a toujours été trop modeste pour s'imposer.

Trop souvent découragé par une indifférence qu'un peu de vanité bruyante aurait su vaincre, il
eut la faiblesse de chercher parfois le succès à la suite de certains favoris de l'opinion. De là les écarts
qu'on a pu remarquer dans le caractère, ordinairement si original, de ses œuvres. Dans les dernières
années de sa vie, lorsque la direction d'un musée et d'une académie de peinture le fixèrent à Dijon,
loin des luttes et des compétitions parisiennes, il redevint le Boulanger des beaux jours de la jeunesse.

C'est alors qu'il peignit avec cette passion que lui avait toujours inspirée la peinture, avec son
cœur de poëte, avec son admiration vaillante pour ses auteurs favoris, ces charmants tableaux, ces
esquisses splendides, ces dessins précieux et élégants qui forment la plus grande partie de l'exposition
à laquelle son intéressant catalogue a convié les connaisseurs.

Albert de la Fizeliere.

CATALOGUE RAISONNÉ
DE L'OEUVRE PEINT, DESSINÉ ET GRAVÉ
D'ANTOINE WATTEAU 1

PORTRAITS.

— 10 —

a watteau.
Ipse se pinxit. I.. Cn'py fil'uu sculp.

Avec un air aisé, si vif Et si nouveau.

atteau, dans ce qu'il peint, montre tant de génie,
Que les moindres sujets de son heureux pinceau,
Des Grâces, des Amours semblent tenir la vie.

i"r État. Chez Gersaint. — a"* État. Le nom de Crcs.iy rem-
placé par: chez Odieuvre.— 3'"' Etat. La planche coupée au-dessus
des vers

— ii —

DE L'ACADÉMIE ROYALE DE PEINTURE.

Se ipsmi pinxit. LépicU sculp.

Epreuve, état ordinaire, chez M. Leblond, 3 francs.
Ce portrait:, où Watteau « s'est repr ésenté à mi-corps, tenant

sa palette et son appuie-main proches d'une table », a été gravé
d'après une peinture sur un panneau (H. 5 p. 6 1., L. 4 p. 6 1.).
Cette peinture a été vendue 24 liv. 1 s., sous le n° 256 de la
vente de M. de Julienne (1767).

— 12 —

frait eau, par la Nature orne d'heureux talents

Watteau pinx. Bouclier sculp.

Epreuve, état ordinaire. Chez M. Leblond, 9 francs.

C'est le portrait gravé à l'eau-fortc par Boucher comme fron-
tispice du premier livre des Figures de différents Caractères,
publiées par M. de Julienne.

Quoique l'estampe porte Watteau pinxit, l'eau-forte de
Boucher a été exécutée d'après le très-beau dessin aux trois
crayons, figurant sous le n° 776 au catalogue de M. de Julienne,
qui le décrit ainsi : 1 Le portrait de Watteau vu de face, plus
qu'à mi-corps ; il tient un porte-crayon de sa main droite, sa
gauche est posée sur un portefeuille. » Ce dessin était vendu
24 1. 1 s.

1. Nous devons à l'obligeance de notre collaborateur, M. Edmond de Goncourt, de pouvoir offrir aux lecteurs de VArt la primeur d'un fragment de son
nouveau livre consacré à l'Œuvre de Watteau. Cet ouvrage, qui a pour éditeur M. Itapilly, S, quai Malaquais, sera mis en vente dans le courant du mois de mars.

Nous sommes heureux d'offrir à nos lecteurs une reproduction de la gravure du portrait de Watteau, classé dans le Catalogue de M. de Goncourt sou»
le n" 12. La pièce originale est accompagnée des quatre vers suivants :

Watteau, par la Nature orné d'heureux talents,
Fut tr£s-reconnoissant des dons qu'il reçut d'elle :
Jamais une autre main ne la peignit plus belle,
Et ne la sçut montrer sous des traits si galants.

C. Mouainb.
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