L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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COROT

Ainsi c'est fait, et, au bout de quelques jours d'intervalle à peine, l'école française aura enterré
Millet et Corot! On ne voulait pas croire à la possibilité de ce dernier deuil. Cet octogénaire trapu,
au teint vermeil et clair, au bienveillant sourire, paraissait si solide contre tous les assauts ! 11 semblait
si bien assuré de la puissante longévité de Titien et de Michel-Ange, morts centenaires, comme si la
mort hésitait à toucher à ces existences si pleines!

Portrait de Corot.
Dessin de A. Gilbert, gravure de Perrichon.

Puis ce double deuil, qui prend les proportions d'une nouvelle catastrophe nationale, semblait
vraiment passer la mesure; il paraissait impossible qu'il fût infligé à la France. Avec Corot et Millet,
l'école a perdu à la fois ses devix maîtres les plus originaux et les plus sincères, et disons-le aussi en
toute franchise, les plus complets, les derniers qui avaient compris l'alliance de la poésie et de la
réalité. Car, qu'on ne s'y trompe pas, si les classiques affectent de dédaigner Corot, le naturalisme
intransigeant ne l'accepte pas davantage. On se rappelle le mot de Courbet :

Tome I. 31
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