L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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CARLE VANLOO

ET SA FAMILLE

Il n'est pas un amateur qui, en visitant l'Exposition des Beaux-Arts appliques à l'Industrie, ne se
soit arrêté pour admirer un magnifique tableau exposé dans une des salles consacrées au musée
historique du costume, et représentant Vanloo en train de faire le portrait de sa fille. Ce tableau
peut passer à juste titre pour un des plus beaux de cette exposition. Il est vigoureusement peint, ses
personnages sont bien groupés et, comme l'on dit vulgairement, pris sur le fait. La jeune femme,
dont Vanloo dessine les traits, fait ressortir par son attitude prétentieuse et sa physionomie toute de
convention le naturel plein de bonhomie du peintre. Cette peinture avait sa place marquée dans
un musée historique du costume (en prenant ce terme dans son acception la plus étendue);
c'est presque une page d'histoire. Le catalogue de l'Union centrale nous donne la notice suivante :

« Ecole de dessin et de mathématiques. — Vanloo peignant le portrait de sa fille : derrière la jeune
femme les trois fils de Vanloo; au fond la femme du peintre. — Peint par Vanloo, xvnr" siècle. »

Cette note ne nous indique pas de quel Vanloo est le tableau. Est-ce de Louis-Michel Vanloo
qui succéda à Carie Vanloo comme directeur de l'École royale des élèves protégés? ou bien est-ce de
Carie Vanloo, l'oncle de Louis-Michel lui-même? Nolis trouvons dans l'ouvrage plein d'érudition que
Al. Louis Courajod vient de publier sur l'Ecole royale des élèves protégés un passage qui pourra aider
la lumière à se faire : « Veut-on avoir une idée précise des réunions intimes qui, après le travail de la
journée, rapprochaient le maître et les élèves dans de communs divertissements? écrit M. Louis
Courajod. Pour se faire une idée des relations des maîtres et des élèves au xvin" siècle, qu'on
jette un coup d'oeil sur un tableau de la galerie de Versailles. Vanloo y est représenté dans une des
pièces de l'hôtel des protégés, au milieu de sa famille. Le cadre, trop étroit, n'a pas permis d'y
adjoindre ceux que son cœur n'en a jamais séparés dans la réalité de la vie. Mais soyons sûrs que,
sans ses chers élèves, la soirée n'aurait pas été agréable pour Vanloo, ni la partie complète. Groupons
donc hardiment les six pensionnaires dans le fond de la toile. Le maître s'amuse à dessiner le portrait
de sa fille. » Au bas de la page se trouve cette note de M. Louis Courajod : « Peint par Louis-Michel
Vanloo, exposé au Salon de 1757. » Ce portrait est donc celui de Carie Vanloo, alors directeur de
l'Leole des élèves protégés et mort en possession de cette charge le 15 juillet 1765. Son auteur est
Louis-Michel Vanloo, neveu de Carie, le même qui a mérité cet éloge de Diderot : « Personne n'a
plus que lui la physionomie de son âme. » Louis-Michel Vanloo succéda à Carie comme directeur de
l'Lcole des élèves protégés à une époque où il y avait plus de tourments que de profits à espérer. Il
occupa cette place jusqu'à sa mort, arrivée le 20 mars i 771. Voici ce que nous trouvons à propos de
ce tableau dans le catalogue de l'Exposition de 17^7 : Explication des peintures et gravures de Messieurs
de l'Académie royale. .1.1. E. Collombat, imprimeur du Roy, des cabinet cl maison de Sa Majesté, et de
l'Académie royale de peinture, etc. MDCCLVH, page 7, n° 4. : « Famille de M. Carie Vanloo, oncle de
l'auteur du présent tableau, 7 p. de hauteur sur 5 de large. » Il est donc bien entendu maintenant que
le tableau représentant Carie Vanloo et sa famille est de Louis-Michel Vanloo. Nous tenons à préciser
ce fait parce que certaines personnes attribuent faussement, selon nous, cette œuvre à Carie Vanloo
lui-même. Mais ici la question se complique. Nous venons de voir que M. Louis Courajod parle, dans
le passage que nous avons cité, d'un tableau appartenant au musée de Versailles, tandis que celui dont
notis nous occupons a été prêté à l'Exposition de l'Union centrale par l'Ecole de dessin et de mathéma-
tiques. Ces deux toiles sont identiques. M. Soulié, conservateur du musée de Versailles, est convaincu
que celle qui orne les galeries du château est bien de Louis-Michel Vanloo; nous, nous sommes

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