L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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HISTOIRE DE L'ART EN FRANCE D'APRÈS LES MANUSCRITS. 301

là ce que nous essayons de faire aujourd'hui, en donnant quelques exemples à l'appui de notre thèse :
« En 1364. — Jehan de Saint-Romain1, ymagier, reçoit deux écus d'or pour la peincture des chan-
deliers defust, qui furent mis à Sainct-Anthoine, entour le corps du Roy, nostre Sire.

« 1396. — Pierre Lequeux, orlogeur, vend au Duc d'Orléans trois orloges pour trente escus d'or
à la couronne.

« Jehan Dalemaige, serrurier, reçoit soixante sols parisis, pour un mouvement de petite orloge,
qu'il a vendue, pour mettre en la chambre de la Duchesse d'Orléans.

« En 1400. — Guillebert cite parmi les illustres2 savans personnages de Paris : Gobert, le souve-
rain escripvain qui composa l'Art d'escripre et de tailler- plumes, et ses divers disciples qui, par
leur bien escripre, furent retenus des Princes, comme le jeune Flamel, du duc de Berry, —
Sicart, du Roi d'Angleterre, Richard, — Guillemin, du grand Maître de Rhodes, — Crespy, du Duc
d'Orléans, — Perrin, de l'Empereur Sigismund, de Rome.

« Le Peintre Colart de Laon, Peintre et Bourgeois de Paris, reçoit, pour avoir peint un rétable dans
l'Eglise des Célestins, cent francs d'or3. Il avoit aussi colorié l'enchâssement du kalendrier du Par-
lement4 de Paris, et avoit pour ce travail touché, en Décembre 1405, 24 sols parisis.

« — Philippe le Hardi achète, en 1408, à Jehan1" Mainfroy, son orfèvre, des perles, bijoux,
enchâssés de diamans, qu'il donne pour étrennes à Madame la Duchesse Marguerite, moyennant
le prix de mille escus.

« Les musiciens n'étoient pas non plus négligés. Jehan d'Avignon, ménestrel du roi Charles0,
pour avoir bien et agréablement servi le monarque depuis 24 ans, a droit à soixante sols parisis de
rente constituée sur une maison, Rue S1 Pol, à Paris, où pend l'enseigne du Croissant.

« Les verreries de Venise, mirouers, canons et autres espèces de verres vont être fabriqués en
France, en vertu du privilège concédé par lettres-patentes (13 juin 1551), à Thezeo Mutio, gentil-
homme italien.

« 1400. — Jehan Le Comte, orfèvre7, reçoit 68 sols parisis, pour quatre livres de soye azurée,
pour faire deux paires de jarretières à la duchesse d'Orléans et pour icelles avoir garny d'argent doré,
c'est assavoir pour quatre blouques, quatre mordans et seize petits besans à faire fermeure.

« 1402. — Le Duc d'Orléans fait payer à Jehan Roty, marchand de pelleterie, six cents écus pour
douze cents peaux de martres qu'il a données à Guillaume de Champagne, Guiot de Renty, Archambaut
de Villan et Jacques du Peschin, ses écuyers.

« 1401. — Bernard Bousdrech, dit Paquin, mercier, vend à la Duchesse d'Orléans une pièce de
satin blanc, livrée à Loucy, pour le fait de sa gésine.

« 1404. — Jehan Sarre, gantier, reçoit quatorze livres quinze sols tournois, pour cinq paires de
gans moufles de chamois, fourrés, dessin gris, estoffés à or et à soie.

« — Thomassete, la cousturière, donne quittance de deux sols six deniers tournois pour la toile
et façon des sacs dedans lesquels les deniers du diocèse de Constances ont esté mis pour un an.

« 1410. — Charles, Duc d'Orléans, fait compter à Guiot de Landres, dit Suly, Héraut du Connétable
de France, onze livres cinq sols tournois pour faire faire ung esmail de ses armes et autant à Richard
Halebrot, serviteur de Madame la Royne, lequel luy a apporté estraine de par elle.

« 1414. — Le Duc d'Orléans fait payer à Jehan Nofiex, orfèvre à Saint-Quentin", 72 livres tour-
nois, pour neuf marcs d'argent blanc, ouvrez tout à petits mordans, qu'il a faict mectre et asseoir ès
décopurcs, de trois chapperons de brunette de herre, destinés au Comte de Verlès.

1. Curiosités des anciennes justices, d'après les manuscrits. (Pion, éditeur, ù Paris. 1867). Les Métiers de Paris. (Leroux, éditeur, 28, rue
Bonaparte,-Paris. 1874.)

2. C'étaient les Brard, Saint-Omer, Oudard, Durncrin de l'époque. (Voir les Curiosités des anciennes justices. Pion, éditeur. 1857.)

3. Catalogue de Joursanvault. — Etude de M. Ed. ELury sur Colart et les autres peintres du Lionnois. — Les Lenain, par Champfleury.

4. Voir les beaux et savants travaux de M. Ed. Boutaric sur le Parlement de Paris.

5. Archives de la Côte-d'Or.

6. Archives nationales, à Paris (Trésor des chartes). Ibidem. Inventaire des joyaux de la couronne.

7. Catalogue des archives de M. le baron de Joursanvault. (Paris, Techener. 1838.)

J. Saint-Quentin, notre ville natale, paraît avoir été de tout temps le centre d'un mouvement intellectuel, artistique, commercial.
(Voir notre Etude sur Jacques Baucliant, bibliophile du xivc siècle, et l'Histoire du commerce à Saint-Quentin, par notre concitoyen et ami
Charles Picard.)
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