L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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302 L'ART.

« 1545. — Payé à Michel Rochetel ou Rochetet, paintre, pour avoir, parluy, faict douze tableaux
de painture de couleur sur pappier, chacun de deux pieds et demy et, en chacun d'iceulx, paint la
figure de l'un des Apostres, qui sont les douze Apostres de Nostre Seigneur, et une bordure aussi de
painture, au pourtour de chacun tableau, pour servir de patrons à l'esmailleur de Limoges, esmailleur
pour le Roy, pour faire, sur iceulx patrons, douze tableaux d'esmail {Comptes des batimens Royaux, 1545)'

« 30 juillet 1557. — Payé à Léonard Limosin1, esmailleur du Seigneur Roi Henri II, la somme
de 200 livres dix sols tournois, pour son parfait paiement de douze Apostres, que le feu Roy, dernier
décédé, luy avoit commandé faire en cuyvre esmaillé de plusieurs couleurs, selon les portraits qu'il luy
en bailla, et dont il fist verballement prix avec luy, à v escus sol, pour chacun Apostre, que ledit
Limosin a livré, au lieu de Saint-Germain-en-Laye, au Roy, nostre dict Seigneur, qui, en mesme
instant, en a faict don et présent en certain endroit2, qu'il ne veult estre cy déclaré et sans ce que de
la façon, valleur et prix faict verballement desdits xn Apostres, de la délivrance qui en a esté faicte
audict Seigneur ne dudit don, ledit Trésorier soit tenu faire aparoir; cy, 11e ir 1., x s.

« Le 3 aoiit 1593, le Parlement, séant à Tours, présidé par M. Séguier, étant informé par M. le
Procureur général du Roi que maître Jehan Danguechin, Procureur du Roi en la cour des Ardes, auroit,
étant à Paris, pris la tapisserie du Roi en gage du sieur de la Bourzaidière, sur laquelle il auroit baillé
trois mille escus, a ordonné au Procureur général d'informer sur ledit fait, circonstances et dépen-
dances, pour, ce fait rapporté, être ordonné ce que de raison.

« Le 8 mai 1638, M. d'Hocquincourt3, Conseiller du Roi en ses Conseils, Gouverneur et Lieute-
nant général de Péronne, — Montdidier et Roye, — avisé que certains sujets de S. M. peu affectionnés
à son service, contre les expresses défenses contenues aux Édits du Roi, notamment du 4 juin 1635,
trafiquent, commercent avec les ennemis de S. M., par conséquent, boivent, mangent et contractent
avec eux, d'où peuvent résulter des sinistres, complots et événemens peu rassurans, recommanda une
vigilante surveillance à ses soldats. Par suite des ordres à eux donnés, les Cavaliers de la Compagnie
des Chevaux-Légers arrêtent un messager qui passoit de Flandre en France des dentelles, lesquelles
furent confisquées et vendues, pour le prix (1,690 livres) être partagé aux Cavaliers de Péronne.

« Le premier grand Opéra fût Enridicc, libretto d'Ottavio Rinuccini, Musique de Zacopo Péri,
représenté à Florence, à l'occasion du Mariage de Marie de Médicis avec Henri IV, Roi de France et de
Navarre. L'œuvre imprimée est précédée de deux épîtres dédicatoires, signées du poëte et du musicien.

« Ce n'est pas assez pour nos Souverains d'avoir logé tout auprès d'eux, dans leur Louvre, leurs
grands artistes [Lettres patentes de 1654), ils leur donnent encore des lettres de noblesse, ainsi que fit
Louis XIV pour Charles Lebrun, son premier Peintre4 (Décembre 1685), lequel fait, en 1687, chanter un
Te Deum pour la santé du Roi. Pour la première fois, on entend un gentilhomme 5 chanter, dans les
ballets du Roi. — Il s'appelle : le Marquis des Rois, — Sa Majesté l'en avoit fait prier, et il s'y est
rendu de la meilleure grâce du monde et le Roi lui en sçait fort bon gré.

« Le 12 décembre 1784. — Brevet de Coutelier du Roi accordé à M. Pouzet, maître Coutelier à
Thiers, en Auvergne, pour l'intelligence et le zèle avec lesquels il s'est occupé de perfectionner
la Manufacture de Coutellerie, qui lui ont mérité les suffrages du maire et des notables de son
pays. Signé : Louis. Par le Roi : De Breteuil. »

Par ce rapide exposé, nous avons voulu montrer dans quel champ fertile les historiens de l'Art
pourront glaner, et nous demandons instamment que, pour faciliter les recherches, on publie enfin les
Catalogues des Bibliothèques, des collections publiques et privées. — Nous l'espérons, notre humble
appel sera entendu de tous, chacun tiendra à apporter son tribut modeste à l'œuvre immense, éternelle,
qui s'appelle l'Art français.

Charles Desmaze.

1. Le nom de ce grand artiste, chef d'une famille d'émailleurs célèbres, se lit sur un triptyque du musée de Limoges, qui a dignement
figuré à l'Exposition universelle de Paris (1867).

2. Les Émaux de l'église Suint-Pierre de Chartres. — Histoire de la ville de Chartres, par Doyen, et les belles publications relatives ù
Chartres, sorties de l'imprimerie Garnier.

3. Archives du ministère des affaires étrangères, à Paris (France).

4. De la Tour, peintre du roi Louis XV. — Le Reliquaire de M. Q. de la Tour. (Leroux, éditeur, 28, rue Bonaparte.)
ç. BiU. nationale (département des manuscrits). Collection Delamare.
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