L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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316 L'ART.

Hall, peintre, remercie M. le Directeur général de ce qu'il a bien voulu placer dàns les mains du Roy
une copie faite en émail par cet artiste du sujet d'Anthiope d'après Corrége. — Nota. Ce morceau
couvre une tabatière que M. le D. G. avoit destinée pour lui-même. Reste à sçavoir si le Roy payera
de sa bourse ou fera payer sur les Bâtiments. »

L'embarras quelque peu comique de l'employé de M. d'Angiviller ne tarda pas à être dissipé; car
une seconde note postérieure à la précédente et d'une autre main porte ces mots : « Le 30 mars 1785.
Expédié ordonnance de 1800 au nom du S. Robert. »

Le Roi avait pris le parti de faire payer sur les fonds des Bâtiments. La solution était facile à
prévoir.

Nous n'insisterons pas sur les germanismes de tournure et d'orthographe que nos lecteurs ont
certainement remarqués, sur ce « pour, à la manufacture, en couvrir une tasse » sur les dessins
au bister que Hall prononçait évidemment bistre. Tout, dans cette page, jusqu'à la forme des
lettres, trahit l'origine germanique de l'auteur. Le moindre changement dénaturerait un des traits
caractéristiques de cette physionomie curieuse d'Allemand francisé, mélomane, un peu flâneur, grand
amateur de ses aises, recherchant plutôt la société de quelques amis et la conversation d'un petit
nombre d'artistes que le tapage, l'étourdissement et l'éclat du monde, digne en tous points de son
compatriote, le graveur Wille.

L'intervention de Hubert Robert dans cette affaire s'explique tout naturellement, quand on sait que
Robert était un des amis les plus anciens et les plus intimes de Hall, et que son nom revient à
chaque instant dans les lettres qu'il écrit à sa famille. En 1775, le miniaturiste, qui s'exerçait aussi à
la peinture à l'huile, en émail et au pastel, avait exposé un portrait au pastel de son ami H. Robert,
de grandeur naturelle. 11 est donc tout simple que ce dernier ait tenté des démarches pour procurer
à Hall le payement de l'Antiope, et que, pour hâter la conclusion de l'affaire, il soit allé jusqu'à f aire
mettre l'ordonnance à son nom.

Naguère le Louvre ne possédait que deux miniatures de Hall récemment entrées dans la
collection : un portrait du prince de Conti et un portrait de jeune femme (nn* 787 et 788 du catalogue
des dessins, par M. Reiset). Le don de M. et M""' Philippe Lenoir vient d'enrichir notre collection
nationale de cinq nouvelles miniatures de l'artiste suédois, quatre portraits de femme et un de jeune
homme \

j.-j. Guiffrey.

SUR LA CURIOSITÉ

Monsieur,

J'appartiens à une race particulière qui tient à la fois de l'homme et du chien de terre-neuve : de
l'homme, par l'apparence extérieure: du terre-neuve, par un instinct sut, generis qui la porte à sauver,
en dépit de certaines gens, les choses de l'ancien temps.

Cette race s'appelle les collectionneurs.

Nous sommes ainsi deux à trois mille sauveteurs à Paris, classés par ordre alphabétique dans les
Annuaires, avec les noms, prénoms et circonstances ; errant par les rues, flairant partout et ramassant
où nous pouvons les vieux livres et les vieilles estampes, les vieilles peintures et les vieux bronzes,
les meubles vermoulus, les faïences cassées, les bouts d'étoffe, — tous les chiffons dvi passé.

Notre famille date de loin. A dresser son arbre généalogique on passerait des années, on rem-
plirait des volumes. Nous descendons des Sauvageot d'abord, des Luynes, des Dusommerard et des
Alexandre Lenoir. Mariette et la marquise de Pompadour étaient de notre maison, avec le Régent,
Pontchartrain, Turgot, Malesherbes, Crozat, la comtesse de Verrue, Gaignières et cent autres aussi

1. Voyez la description détaillée donnée au catalogue spécial de la collection Philippe Lenoir, rédigé par M. Barbet de Jouy
(ri" 175, 176, 177 et 223, 224).
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