L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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L'ART.

de ces menues merveilles dédaignées depuis des siècles, la meilleure part était détruite; le reste
abandonné, livré au hasard, traînant dans le fond des greniers et des sacristies était fatalement
condamné. 11 fallait courir au plus pressé ; on se mit en campagne.

Mais ces précieuses reliques une fois recueillies, on ne voulait pas les réserver pour le régal
de quelques délicats; il fallait en tirer un enseignement. Car si les oreilles étaient rebattues des
bonnes dagues de Tolède et des bahuts moyen âge, on ne savait rien de cet art familier où nos pères
dépensaient tant d'esprit, de grâce et de bon sens. L'éducation du public était encore à faire;
disons-le bien haut, ce fut un des nôtres qui s'en chargea. Ln 1843, ^e comte Duchâtel, un collec-

Aiguikrk en Émail de Limoges, far Jean Courtois.

Dessin de Montalan; gravure de Hoteliu.

tionneur et un clairvoyant, fit acheter par l'État le cabinet Du Sommerard et ouvrit au public le
musée de Cluny.

La révélation fut complète, soudaine. Chacun comprit le parti qu'il pouvait tirer de cette mine
féconde où l'artiste et l'industriel trouvaient des modèles incomparables, le savant un trésor de
documents inconnus, le curieux un nouveau filon à exploiter, un nouvel aliment pour sa passion.
Quelques années plus tard, la vente Debruge-Duménil jetait en pâture aux amateurs un nombre
considérable de ces précieux monuments. Désormais la place de la curiosité était faite et allait grandir
de jour en jour. En 1856, Charles Sauvageot donne généreusement au Louvre son cabinet de mer-
veilles; de nouvelles collections se forment des débris des cabinets Norblin, Rattier, Jacquinot-Godart,
de Monville. La mode se met de la partie, on s'arrache les miettes du passé; livres, médailles, estampes,
meubles, antiques, menue curiosité, on veut tout avoir. Enfin, la magnifique collection du prince
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