L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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En 1739, Louis XV fiança sa fille aînée, Elisabeth', avec le troisième fils de Philippe V, roi
d'Espagne. La princesse avait alors douze ans. Cet événement fut célébré à Versailles par des céré-
monies d'un très-grand caractère, et à Paris par des fêtes magnifiques que la ville donna à la jeune
infante.

Ces fêtes coûtèrent des sommes énormes, peu en rapport avec l'état des finances du royaume.
Le cardinal Eleury se désolait de ce faste et de ces dépenses, pour une alliance qui en somme n'ap-
portait à la France que la perspective de dépenses nouvelles lorsqu'il s'agirait d'établir le jeune couple.

La foule ne se préoccupait pas encore de ces questions. File ne.voyait de ces fêtes que leur magni-
ficence. Bien qu'une sorte d'inquiétude nouvelle commençât à travailler les esprits depuis les der-
nières années du règne de Louis XIV, on trouvait une sorte de patriotisme à éblouir les yeux des
étrangers par toutes ces splendeurs; on se sentait fier des étonnements de Philippe et des hidalgos
qui l'accompagnaient. Les mémoires du temps sont remplis de la description de ces fêtes et de
l'expression de l'admiration qu'elles excitèrent.

Nous en avons trouvé une description officielle, qui a été dressée par l'ordre même de la ville
de Paris.

Ce volume, qui est devenu extrêmement rare, est un grand in-folio de 21 pages, imprimé en
très-beaux caractères par P.-G. Le Mercier, imprimeur-libraire ordinaire de la ville et suivi de
13 grandes planches dessinées et gravées avec un soin extrême par J.-F. Blondel1, sur les indications
de Salley, de Gabriel et de Servandoni. Il est intitulé :

DESCRIPTION DES FESTES DONNÉES PAR.LA VILLE DE PARIS, à l'occasion du
mariage de Madame Louise-Elisabeth de France et de Dom Philippe, infant et grand amiral
d'Espagne, les vingt-neuvième et trentième aoust mil sept cent trente-neuf. Il porte la date de
MDCCXL. Le frontispice, dessiné par Edm. Bourchardon et gravé par P. Soubeyran, représente
un ccusson avec le vaisseau de la ville de Paris surmonté des fleurs de lys, le tout orné de bande-
rolles et de guirlandes de feuillages et supporté par deux petits génies ou amours d'un dessin assez
négligé. En tète de la première page se trouve une vue d'ensemble de la joute nautique qui a ouvert
la série des divertissements. Cette vue a été dessinée et gravée par Jacques Rigaud.

Ire Planche : « Plan général et géométral de la partie de la rivière de Seine, prise entre le Pont-
Neuf et le Pont-Royal, où l'on voit l'ordre et la disposition de la fête du 29 août. » [Inventépar
Salley, dessiné et gravé par J.-F. Blondel.)

IIe Planche : « Plan et élévation géométrale du temple de l'hymen construit sur l'esplanade qui divise
le Pont-Neuf en deux parties et des décorations qui accompagnaient cet édifice, sur lequel était
placée la grande Girande qui termina le feu d'artifice tiré le 29 août 1739. >' [Dessiné et gravé par
J.-F. Blondel.)

IIP Planche : « Plan et élévation géométrale du Sallon de musique construit en transparens éclairés
intérieurement. Ce sallon était élevé sur la rivière, entre le Pont-Neuf et le Pont-Royal, et
vis-à-vis le trône de Leurs Majestés. » [Exécuté sur les dessins du chevalier Servandoiry, dessiné et
gravé par J.-F. Blondel.)

IV1' Planche : « Élévation géométrale du trône construit pour Leurs Majestés. » (Exécuté sur les
dessins de M. Gabriel F', architecte (sic) du Roy, dessiné et gravé par J.-F. Blondel. ) — Ce trône
était un édifice en bois, splendidement décoré, qu'on avait ajouté à la façade latérale du Louvre,

1. Jacques-François Blondel était le neveu de François Blondel, qui, non content d être à la fois diplomate, professeur de mathéma-
tiques du grand dauphin et professeur de belles-lettres au Collège de France, s'aperçut un jour par hasard qu'il était aussi architecte. C'est
en cette qualité qu'il exécuta les portes Saint-Antoine, Saint-Bernard et Saint-Denis. Le neveu, sans avoir la variété d'aptitudes de son
oncle, fut cependant un architecte distingué, et les gravures dont il enrichit le volume des fêtes de Paris, sont pleines d'esprit et de
facilité. Les lecteurs de l'Art pourront en juger par celle que nous donnons du bal de l'Hôtel de ville.
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