L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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L'A R T.

l'a fait avec un soin, avec un goût qui méritent les éloges sin-
cères des amateurs. Non-seulement il nous a rendu les charmantes
compositions d'Eisen et les culs-de-lampe de Chossard, tels qu'on
les voit dans la fameuse édition , mais il a encore voulu compléter
en quelque sorte l'œuvre des fermiers généraux en fouillant dans
les dessins primitifs des artistes. Ainsi cette réimpression contient
3 planches et 17 vignettes de plus que l'édition originale : en
tout 85 planches et 74 vignettes. Nous ne savons si l'édition de
M. Rarraud sera aussi vite dispersée que celle de 1762; mais ce
qui est certain, c'est qu'elle présente les Contes de La Fontaine
dans le véritable cadre qui leur convient, au milieu de gravures
qui ne sont pas des images de première communion assurément,
mais qu'on doit admettre, si l'on est d'avis d'avoir les Contes avec
des illustrations. Rien de piquant et de gracieux comme cer-
taines silhouettes de femmes, rien d'élégant comme ces compo-
sitions délicates et fines.

Les frères de Goncourt qui ont jugé avec tant de goût les
artistes du xvine siècle se sont exprimés en ces termes à propos
des dessins d'Eisen gravés pour les Contes de La Fontaine. « La
plupart sont des plus séduisants ; ils ont par excellence le charme
du dessin, l'esprit. Eisen les a exécutés tantôt à l'encre de Chine
relevée de plumes ou bien il les touche d'une aquarelle légère ; le
plus souvent il les crayonne à la mine de plomb. Ceux-ci surtout
révèlent toute sa grâce. Inspiré de Roucher, sorti de son enflure
ronde, de son style douillet, Eisen s'en dégage par raffinement, la
délicatesse de sa manière, et même en rappelant le maître, il reste
toujours Eisen... Rien d'égal à l'adresse, à la facile inspiration
dans le badinage et le tâtonnement de ce crayonnage autour des
profils, des figures, des habits et des lignes. Ces souffles de dessin
ont le mouvement de l'attitude et des personnages, la liberté des
étoffes, l'âme de toute une composition. »

On remarque bien parfois, il est vrai, que le dessin est mou,
rond, insuffisamment étudié, que les personnages ont quelque
chose de vulgaire; que les types de femmes surtout n'offrent pas
assez de variété et qu'ils présentent en général un uniforme
modèle, banal, égrillard, souriant, sur lequel est jetée (de temps

à autre, quand il a un vêtement) une robe de duchesse ou de
religieuse. En un mot, on sent trop dominer, la fadeur d'une
monotone afféterie.

Mais à quoi bon reprocher à un artiste de s'être inspiré
des mœurs et des personnages de son époque? Eisen a dû repro-
duire ce qu'il a vu; il a sans doute mis en scène, en se cou-
vrant du nom de La Fontaine, les anecdotes graveleuses qu'on
racontait à la cour ; peut-être même a-t-il eu la piquante audace
de donner les portraits de ses galants contemporains. Quelques
critiques l'affirment et désignent des noms. Qu'y aurait-il d'éton-
nant à cela } Le xvme siècle ne semble-t-il pas avoir été créé tout
exprès pour l'illustration des Contes de La Fontaine, et les mœurs
des grandes dames de cette époque n'offraient-elles pas avec celles
dés héroïnes du fabuliste des analogies assez apparentes pour avoir
donné à un artiste l'idée de prendre ses figures dans la société
qu'il avait sous les yeux ?

Victor Champier.

SALON DE 1875

Le Jourmil officiel du lundi 29 mars promulgue la loi sui-
vante :

Art. ier. — Il est ouvert au chapitre 42 du budget de l'in-
struction publique, des cultes et des beaux-arts, pour l'exer-
cice 1875 (Exposition des œuvres des artistes vivants), un crédit
de soixante-six mille francs (66,000 francs).

Art. 2. — Il est ajouté au chapitre des produits divers du
budget des recettes, pour le même exercice (produits de l'Expo-
sition des œuvres des artistes vivants), une somme de soixante-
sept mille francs (67,000 francs).

Nous avons donné dans notre dernier numéro le résultat du
scrutin et du tirage au sort qui ont eu lieu le mercredi 23 mars,
pour la formation du jury d'admission et de récompenses.

Les quatre sections composant ce jury se sont réunies, le
lendemain 24, sous la présidence de M. le marquis de Chenne-
vières, directeur des Reaux-Arts. Elles ont d'abord procédé à la
nomination de leur bureau pour leurs assemblées générales, que
préside de droit M. le directeur des Reaux-Arts. M. Eug. Guil-
laume, membre de l'Institut, directeur de l'École nationale des
beaux-arts, a été nommé vice-président; M. Eudoxe Marcille,
secrétaire.

Les quatre sections, réunies séparément, ont ensuite pro-
cédé à l'élection de leurs présidents, vice-présidents et secré-
taires.

Cette élection a donné les résultats suivants :

Section de peinture.

Président : M. Cabanel, membre de l'Institut. — Vice-
président : M. Jules Dupré. — Secrétaire : M. Maurice Cot-
tier.

Section de sculpture.

Président : M. Eug. Guillaume, membre de l'Institut. —
Vice-président : M. Cavelier. — Secrétaire : M. Michaux.

Section d'architecture.

Président : M. Duc, membre de l'Institut. — Secrétaire :
M. Lenoir, membre de l'Institut.

Section de gravure et de lithographie.

Président : M. le vicomte Delaborde, secrétaire perpétuel
de l'Académie des beaux-arts. — Vice-président : M. Edouard
Charton, membre de l'Assemblée nationale. — Secrétaire :
M. Paul Mantz.

A la suite de ces diverses opérations, M. le directeur des
Reaux-Arts, devant les quatre sections réunies, a prononcé les
paroles suivantes :

« Messieurs,

« Cette année-ci, comme toutes les années précédentes, aus-
sitôt qu'a été publié le règlement de l'Exposition, de nombreuses
| observations ont été adressées directement ou indirectement à
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