L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

Seite: 340
DOI Artikel: DOI Seite: Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art1875_1/0365
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
prémédité, autour du temple, et enleva les moineaux et autres oiseaux de toute espèce qui y avaient
fait leur nid. Alors il sortit du sanctuaire une voix qui lui dit : « O le plus scélérat des hommes,
« qu'oses-tu faire? Tu arraches de mon temple mes suppliants! » Mais Aristodikos, sans se troubler,
répondit : « Prince, tu défends tes suppliants, et tu ordonnes aux Kyméens de livrer le leur? — Oui,
« je l'ordonne, dit le Dieu, afin que par cette impiété vous hâtiez votre perte, et que vous ne veniez
« plus demander à l'oracle s'il faut livrer les suppliants. »

Je ne sais lequel est le plus sublime, du fier langage de l'homme ou de la réponse du Dieu. Le
sanctuaire des Branchides fut incendié par Xcrxès, comme tous les temples grecs de l'Asie, et ce
n'est que longtemps après, vers l'époque de la conquête macédonienne, qu'il fut bâti dans des
proportions beaucoup plus vastes, par Paeonios d'Éphèse et Daphnis de Milet. Ce nouveau temple.

Base d'une colonne du temple d'Apollon a Milet.

qu'on citait comme le plus grand de tous les temples et comme un des modèles les plus parfaits de
l'ordre ionique, ne fut jamais achevé. Il était diptère décastyle, c'est-à-dire entouré d'une double
rangée de colonnes, dont dix sous chaque fronton. Trois de ces colonnes sont encore debout, elles
sont cannelées et plus sveltes que celles des temples d'Éphèse, de Samos et de Sardes: leur hauteur
est de 20m,5o, leur diamètre de 2'",03. Leur chapiteau, dont M. Thomas a pris un dessin très-exact
au moyen d'un échafaudage, diffère de ceux de lT>echtheion d'Athènes et se rapproche du type qui
a généralement prévalu dans les monuments ioniques. Quant aux bases, elles offrent une singularité
bien remarquable; celles de la façade présentent cinq formes différentes, et chaque motif se répète
deux fois symétriquement par rapport à l'axe de la colonnade. Celles des parties latérales sont toutes
semblables entre elles. Les colonnes du temple d'Lphèsc présentent des différences analogues, et ce
double exemple renverse les théories classiques sur l'architecture grecque.

Des dix bases sculptées de la façade, trois seulement avaient été achevées ; l'une, tout à fait
dégradée, a été laissée en place, les deux autres sont certainement les pièces les plus curieuses et les
plus intéressantes de la collection de marbres donnée au Louvre par MM. de Rothschild. « Ces deux
bases, dit M. Rayet, sont absolument différentes. Dans l'une, les scoties ordinaires sont remplacées
loading ...