L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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représentées. On doit souhaiter que les marbres de Milet forment le noyau d'une collection nouvelle
et que l'exemple du British Muséum excite notre émulation. Malheureusement on ne peut pas comp-
ter sur la somme vraiment dérisoire affectée par l'État aux acquisitions d'objets d'art : tout le monde
sait que le Louvre est le musée le plus pauvrement doté de toute l'Europe; son budget est resté tel
qu'il avait été fixé par la Convention. Aussi tous les autres musées s'enrichissent pendant que le
notre resterait stationnaire, s'il ne recevait de temps en temps quelques legs particuliers. 11 est donc
à désirer que la libéralité de MM. de Rothschild trouve des imitateurs.

Louis Ménard,

Docteur ès leltres.

LES EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS

PENDANT LA RÉVOLUTION

Quelque opinion qu'on puisse avoir de fart issu de la Révolution française, il y a un point sur
lequel, toute divergence de goût et d'appréciation mise à part, il serait aisé de se mettre d'accord :
c'est la fécondité laborieuse de l'époque qui s'étend de 1789 à 1800. Les livrets des expositions, plus
fréquentes pendant cette période qu'elles ne l'avaient été jusqu'alors (huit en douze ans), suffiraient
pour attester d'abord que le nombre des artistes qui aspiraient à la renommée s'était singulièrement
accru; en outre les sujets traités par evix sont beaucoup plus étrangers en général qu'on ne le croit
aux préoccupations de ces années orageuses. Les tableaux qui nous restent de cette période, et dont
on oublie trop souvent la date, révèlent au moins des efforts, des ambitions, malheureuses trop sou-
vent, ridicules parfois si l'on veut, mais qui témoignent au moins que l'art a pris un caractère nouveau,
et que l'activité artistique, loin de se ralentir, s'est accrue au contraire dans une proportion remar-
quable. Les livrets réimprimés dans l'utile publication de M. Guiffrey ne permettent aucun doute à
cet égard, et il suffirait de se rappeler quelques faits incontestés pour reconnaître qu'il n'en pouvait
être autrement.

Quels moyens, avant 1789, les peintres et les sculpteurs avaient-ils de se produire? Un seid :
c'était de faire partie de l'Académie. Les œuvres des académiciens avaient seules le droit de figurer
aux expositions biennales qui se faisaient dans le salon carré du Louvre.

Les non privilégiés jouissaient de la liberté dérisoire d'exposer leur œuvres en plein air, place
Dauphine, le jour de la Fête-Dieu, et pendant deux heures seulement.

Nous venons de parler d'expositions biennales; ce fut en effet un usage qui s'introduisit dans les
derniers temps de l'ancien régime. Mais antérieurement les expositions étaient beaucoup plus rares,
et il y avait eu parfois de bien longues interruptions, assez longues pour rompre à cet égard la tradi-
tion. Ainsi, à la fin du règne de Louis XIV et au commencement de celui de Louis XV, il y a, entre deux
expositions, un intervalle de dix-neuf années, qui permit au Mercure de juin 1725 de parler des
anciennes expositions comme d'une institution dont le souvenir vague se perdait dans la nuit
des temps :

« Il y a près de vingt-cinq ans, dit ce journal, qu'il y eut deux années de suite 1 une exposition de
tableaux et de quelques morceaux de sculpture des peintres et des sculpteurs vivants de l'Académie
royale de peinture et sculpture, dans la grande galerie du Louvre, qui attira un prodigieux concours
de spectateurs, lesquels furent également charmés et édifiés du mérite de l'école de France, extrème-

1. C'est dix-neuf ans qu'il faut dire, si l'on.compte l'exposition « des morceaux de réception et d'objets d'art appartenant à l'Aca-
démie », laquelle eut lieu en 1706 et ne dura qu'un seul jour; c'est vingt et un ans si l'on parle d'une exposition plus prolongée, en 1704.
Mais il y a encore ici inexactitude à dire qu'il y eut alors deux ans de suite exposition; la précédente date de 1699. On voit que la géné-
ration nouvelle à cet égard avait eu le temps d'oublier les dates.
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