L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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tion du professeur Hettner et du peintre d'histoire Andréa. '

■—■ La collection Suermondt, achetée l'année dernière par le
Musée de Berlin, est maintenant placée dans une galerie à part, et
presque tout entière accessible au public. Le musée en a fait
dresser le catalogue détaillé par M. le Dr Meyer et M. Bode,
d'après la méthode scientifique et historique qui sera appliquée
au catalogue complet de la Galerie royale. Les attributions d'une
trentaine de tableaux ont été modifiées. C'est ainsi que le Trio
joyeux qui, dans la collection Suermondt, passait pour un Frans
Hais, est restitué à Dirk Hais, qui lui-même n'y est peut-être
pour rien. Des Rembrandt, le Rabbin est le seul, et avec raison,
qui soit laissé au maître ; le Repos de la sainte famille est donné
à Govert Flinck ; le paysage avec Ruth et Booz à Aart de Gelder;
le Saint Jérôme est avoué franchement pour une vieille copie.
Des sept Adrien Brairwer, ilen est un qui est attribué àCraesbeek,
et trois qui sont déclarés non authentiques. Le Chevalier de
Saint-Jacques attribué à Velasquez est refusé au grand peintre
espagnol, qui ne s'en plaindra pas. Le catalogue retire à Jan Van
Eyck la Vierge à Véglise qu'il considère seulement comme un
tableau de son école. Il croit reconnaître la main d'un peintre
hollandais dans le soi-disant portrait d'Albert Durer peint par
lui-même. Ces deux dernières attributions, la dernière surtout,
sont moins sûres que les précédentes.

— Le graveur allemand J.-L. Raab vient d'achever, d'après
la Madonna di Tempi. de Raphaël, une gravure au burin dont
les critiques allemands font un grand éloge. La Madonna di
Tempi, provenant de la maison Tempi, à Florence, où elle était
restée longtemps reléguée dans un coin poudreux, est l'un des
joyaux les plus précieux de la Pinacothèque de Munich. Elle a
été achetée en 1829 par le roi Louis au prix de 16,00c écus. C'est
la huitième fois qu'on la grave. Parmi les prédécesseurs de
M. Raab, il faut citer surtout Antonio Morghen (ne pas confondre
avec Raphaël Morghen) et le baron Desnoyers.

— Le comte Usedom s'est démis de ses fonctions de directeur ,
général des Musées royaux à Berlin, qu'il avait acceptées provi-
soirement en 1872.

— A l'exposition permanente de Dusseldorf, on a remarqué
une série de nombreux dessins d'Alfred Rethel, parmi lesquels
deux cartons pour les fresques de l'Hôtel de ville d'Aix-la-Cha-
pelle, deux projets qui n'ont été exécutés ni par Rethel ni par
Kehren, continuateur de son œuvre après sa mort. Ces cartons
représentent Charlemagne au Concile de Francfort, et l'ambas-
sade du Calife Haroun al Raschid offrant des présents au puissant
empereur des Francs.

•Angleterrk.— D'après YAthenœum,ï\ est extrêmement pro-
bable que le Conseil de la Royal Academy. dans sa prochaine
séance, s'occupera d'une réforme dont il est question depuis
longtemps : l'augmentation du nombre des membres associés. Ce |
nombre est resté stationnaire depuis trois générations. Il s'agirait
d'en nommer dix de plus, qui formeraient une classe distincte, et
qui ne bénéficieraient pas de tous les avantages que la Caisse des
pensions de luMoyal Academy assure à leurs collègues, les res-
sources de cette Caisse, si considérables qu'elles soient, ne suffi-
sant point à cet accroissement de charges.

— Le Rev. L.-T. Edwards, vicaire de Trentham, a prêté au
South Kensington Muséum une petite collection fort intéressante
de portraits miniature, peints par les artistes anglais les plus
anciens qu'on connaisse en ce genre, Nicolas Hilliard et Peter
Oliver. Ces portraits ont fait partie du cabinet de Louis XVI,
qui les donna, — d'après les renseignements que publie M Aca-
demy, — à un courtisan qui lui avait rendu service. Ils auraient
passé ensuite en la possession du Foreign Office qui les aurait
offerts au père du propriétaire actuel. On suppose que ces minia-
tures appartenaient à l'origine à Jacques II, et qu'à sa mort elles
ont été acquises par Louis XIV . Parmi ces miniatures on remarque
les portraits de Marie Stuart, de la reine Elisabeth, de Jacques Ier,
des deux jeunes princes Henri et Charles — plus tard Charles Ier.

— de la princesse Elisabeth, veuve de l'Electeur palatin et reine
de Bohême, de lady Arabella Stuart, de la fille de Charles Ier,
Madame Henriette- de France , et du duc Louis- Philippe de
Semengen, frère de l'Electeur palatin. Il y a là aussi deux jolies
miniatures de Charles II et de Jacques II, mais qui ne provien-
nent pas du cabinet de Louis XVI ; elles sont attribuées à Peti-
tot, mais on ne dit pas s'il s'agit du jeune ou du vieux.

— M. J. D. Chittenden, auteur d'un buste de M. Gladstone,
qui a eu beaucoup de succès, travaille à un buste de M. Disraeli.

— Mistress Allingham, née Hélène Paterson, MM. Brewtnall
et Radford sont élus membres associés de la Société des aqua-
rellistes; Miss Coleman, Miss Gow, Miss Chase, MM. Towne-
ley Green et Stanisland, membres associés de l'Institut des aqua-
rellistes.

— Il est question de bâtir un théâtre en l'honneur de Shake-
speare, dans la ville natale du poëce, à Stratford-on-Avon. Cette
petite ville avait un théâtre, mais il a été acheté et démoli par
M. J. O. Hallrwell Philips, dans une pensée non moins shake-
spearienne, le but du démolisseur étant de rétablir les jardins qui
existaient, du vivant du poëte, sur l'emplacement occupé depuis
par le théâtre. Un Comité provisoire s'est constitué pour étudier
le projet qui comporte non-seulement l'établissement d'un théâtre,
mais encore, si les ressources le permettent, la création d'un con-
servatoire dramatique, d'une bibliothèque shakespearienne et
d'une galerie de tableaux et de sculptures dont les sujets seraient
empruntés au répertoire de l'auteur d'Hamlet, enfin de jardins
publics qui entoureraient tous ces édifices. Tout cela se ferait par
souscription. Déjà 2,563 liv. 10 st., c'est-à-dire 64,087 fr. 50,
sont promis au Comité.

— On évalue à 9.538 liv. st.,c'est-à-dire à 238,450 francs, le
crédit qui sera demandé cette année au Parlement pour le Bn-
tish Muséum. Il y a sur le chiffre de l'année dernière une augmen-
tation de 4,393 liv. st., ou 109,825 francs, provenant de divers
travaux de réparation et d'agrandissement.

— Le 21 mars est mort à Londres un artiste auquel son
habileté dans l'art de sculpter le bois avait fait une grande répu-
tation, M. W. G. Rogers, né à Douvres le 10 août 1792. Il est
l'auteur de plusieurs chaires pour diverses églises d'Angleterre,
et il avait été employé à la décoration de Carlton House, du pa-
villon de Brighton, et, en dernier lieu, du palais de Kensington.
Il avait réuni une importante collection d'objets se rattachant à
son art et aux autres branches de l'art décoratif.

— Un architecte, M. J. B. Waring, dessinateur accompli,
connu surtout par sa collaboration en cette qualité à un grand
nombre de publications artistiques, est mort à Hastings le
23 mars, âgé de cinquante-deux ans. Il avait donné plusieurs
articles au journal l'Architect.

Belgique. — M. Louis Gallait s'est remis à son important
tableau la Peste de Tournai, que de nombreuses commandes lui
avaient fait abandonner depuis assez longtemps.

Italik. — Le Raffaello annonce qu'une exposition nationale
des Beaux-Arts aura lieu à Ferrare à l'occasion du quatrième
centenaire de l'Arioste.

Le centenaire de Michel-Ange. — Nous lisons dans la
Ganetta d'Italia : M. le commandeur Peruzzi a annoncé au
comité promoteur des fêtes pour le centenaire de Michel-Ange,
que M. le commandeur Nigra, ministre d'Italie à Paris, avait été
prévenu officiellement, par le ministre de l'instruction publique
de France, qu'on dresse en ce moment le catalogue de tous les
ouvrages en marbre de Michel-Ange qui se trouvent en France
et qu'on fait prendre des photographies de tous les tableaux que
l'Etat et les particuliers possèdent, dans le but de les envoyer à
Florence à l'occasion du centenaire. En outre, le ministre fran-
çais se fera représenter aux fêtes qui auront lieu en l'honneur du
grand Italien. M. Peruzzi a aussi annoncé qu'on pouvait égale-
ment compter sur un large concours à l'exposition des ouvrages
de Buonarotti de la part de l'Angleterre et de l'Allemagne.
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