L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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que les fonds des aquarelles de Fortuny sont des fonds rêvés, des combinaisons de couleurs qui
ont frappé ses yeux et qui ne ressemblent pas plus aux fonds réels qui lui offre la nature, que les
idées incohérentes d'un rêve ne constituent une action; mais le peintre cligne des yeux et il enve-
loppe dans une brume harmonieuse tous ces tons divers, taches aussi variées que les fleurs d'un
bouquet.

Cependant Fortuny n'avait pas encore vu Paris, déjà son nom y était connu; il y avait des rela-
tions personnelles et des relations d'affaires; la fréquentation des artistes de notre école moderne ne
pouvait être pour lui une chose indifférente et, comme sa voie n'était pas encore bien déterminée, ce
voyage pouvait avoir une grande influence sur son avenir. A Paris, il fréquenta quelques ateliers, et,
comme Meissonnier avait alors un petit groupe d'élèves aujourd'hui dispersés, il put profiter de l'ensei-
gnement de l'homme auquel on l'opposa depuis, sans aucune espèce de raison. Fortuny jusque-là était
assez incohérent; il dessinait avec précision des morceaux, mais il n'était pas rare de le voir absolu-

POMMEAU-X D'kPÉE DU XVIe SIÈCLE.
(Collection Fortuny.)
Fac-similc de dessins de Fortuny.

ment renoncer à attacher un membre, à le modeler, à l'attacher anatomiquement; le charme de
l'ébauche suppléait souvent à l'insuffisance du dessin. Dans cet ordre-là, Meissonnier avait beaucoup à
lui apprendre, et il serra davantage son exécution. 11 trouva ici un autre enseignement assez inattendu,
on lui mit dans les mains une collection à peu près complète de Gavarni, et les riches lithographies,
qui avaient été publiées dans le Paris de M. de Villedeuil, lui firent une très-grande impression. Déjà
il possédait à fond l'œuvre de Goya, les Caprices, la Tauromachie, les Désastres de la guerre, les Chevaux,
et les épreuves détachées, les Suellas; il avait même des albums inédits du maître; il voulut étudier
les procédés de l'eau-forte, et il publia ««//"planches éditées par MM. Goupil, qui devaient plus tard
être suivies de quatorze autres, aujourd'hui terminées, "mais restées inédites. Ces planches appartiennent
à sa veuve, et partie d'entre elles sont entre les mains de ses éditeurs.

A Paris, l'artiste travailla aussi chez M. Gérôme qui lui avait cédé un de ses ateliers, il fréquenta
assidûment ses compatriotes Gisbert, Madrazo et Zamacoïs, mais c'est surtout pendant l'année 1868,
lors de son voyage à Rome, que Zamacoïs vécut côte à côte avec son ami.

Nous n'avons pas la prétention de suivre exactement le peintre dans ses pérégrinations; il revint
à Madrid, y séjourna assez longtemps, puis noua des relations étroites avec la famille de son ami
Madrazo, épousant bientôt la fille de Don Fredérico, le peintre de la cour, alors directeur du Musée
royal de Madrid. Nous croyons que c'est à cette occasion et, par cette relation, qu'il peignit un
plafond commandé par la reine Isabelle, et qui décore un des salons de l'ancienne résidence de la
reine Christine, aux Champs-Elysées.

Désormais fixé, sûr de l'avenir au point de vue de l'indépendance, muni d'un traité qui lui per-
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